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Présentation du Celia
Membres de l'Equipe
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Centre d'Etudes des Langues Indigènes d'Amérique
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Si les langues d'Amérique, et particulièrement celles parlées en Amérique Latine, sont au centre de l'attention de beaucoup d'équipes de recherche à travers le monde, c'est parce qu'elles constituent une part notable de la base empirique – encore très fragmentaire – de laquelle tout modèle théorique tire en dernier recours sa validité scientifique. Malgré la relative profusion des études produites en ce dernier demi-siècle, la documentation des langues amérindiennes demeure largement déficiente, parce que les résultats sont de qualité et de profondeur inégales, parce certaines régions restent d'un accès difficile, et parce que les langues continuent de mourir sous nos yeux. Le continent américain pourrait contenir un millier de langues. Beaucoup moins que l'Asie, beaucoup moins que l'Afrique, et moins que le Pacifique. Mais, pas plus que la diversité biologique, la diversité linguistique ne se mesure au nombre de spécimens : l'Afrique, avec le double de langues, est bien moins diverse, c'est-à-dire possède moins d'ensembles génétiquement indépendants. L'Amérique linguistique prise comme un tout exhibe son maximum de diversité dans la zone intertropicale. La finalité d'une équipe telle que le CELIA est de contribuer tout autant à la constitution d'une base de données fiable qu'à la réflexion générale sur la structure du langage et sur les conditions d'utilisation des langues. A ce titre, les recherches sont menées autour de deux programmes et un atelier où se cristallisent et s'articulent des thèmes tels que : les structures grammaticales pouvant représenter un défi pour les modèles dominants, les changements massifs et accélérés que l'histoire convulsive de certaines populations à certaines époques imprime aux langues et à leurs pratiques, la dimension sociale et politique des situations de bi- ou multilinguisme, la contribution des témoignages écrits pré-colombiens ou coloniaux à la connaissance de civilisations disparues et d'états de langue anciens. La plus claire
des retombées sociales de telles recherches repose sur le rôle
de la langue propre dans l'éducation scolaire. Le monolinguisme
civilisateur imposait par la violence l'abandon pur et simple des langues
autochtones. Il a perduré jusque vers la moitié du vingtième
siècle. Dans le bilinguisme civilisateur les langues sont instrumentalisées
au service de la transmission des valeurs d'héritage européen,
travaillant ainsi à leur propre perte. Enfin, dans l'école
du bilinguisme identitaire, qu'appellent de leurs voeux la plupart des
groupes indiens en contact permanent avec les sociétés nationales,
le protagonisme revient aux organisations politiques autochtones et leurs
alliés de l'Université, de la société civile
et de certains secteurs de l'Etat. La langue propre se hausse au rang
de première priorité dans l'enseignement scolaire. Moyennant,
condition indispensable, la mise en oeuvre d'une "ingéniérie
linguistique" — dont le passage à l'écriture
n'est qu'un aspect — semblable à celle imposée, pendant
la Renaissance, à toutes les langues vulgaires européennes
devenues langues d'Etat dans leurs pays respectifs. Or dans cette entreprise,
aujourd'hui, l'"ingénieur" est une équipe faite
d'un groupe de locuteurs réunis autour d'un linguiste.
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