![]() Le campus de Gif au début des années soixante. Au centre le bâtiment tout neuf de l'Institut de chimie des substances naturelles. En haut à droite 'l'ancienne génétique' abrite le laboratoire de génétique des virus de P. L'Héritier et celui de génétique physiologique de B. Ephrussi. C'est dans l'espace situé entre l'ICSN et le bâtiment du livre (à G.) que sera bâti le Centre de génétique moléculaire . Au premier plan, au milieu des arbres, la route nationale 306 le long de laquelle seront construits les logements des chercheurs (photo CNRS). |
Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les nouvelles sciences de la vie ont heureusement bénéficié en France d'une politique scientifique volontariste mise en oeuvre par le CNRS. C'est ainsi qu'en 1946, avec l'aide de la Fondation Rockefeller et à l'instigation de l'Institut de biologie physico chimique, cet organisme décidait d'ouvrir des laboratoires destinés à des nouvelles disciplines comme la génétique expérimentale, la physiologie cellulaire, la biophysique et la biochimie jusque là davantage développées à l'étranger qu'au Museum d'histoire naturelle ou dans les facultés des sciences :
Boris Ephrussi ('The CNRS laboratories at Gif sur Yvette', R. Burian & J. Gayon)
La génétique formelle (puis génétique des virus) de Philippe L'Héritier
La génétique des populations de Georges Teissier (N. Givernaud)
Ainsi, aux cotés de l'Institut Pasteur où se développe une génétique bactérienne, le CNRS devint le berceau d'une école française de génétique caractérisé par son origine mitochondriale spécifique de l'hérédité maternelle et par l'étude des relations gènes-cytoplasme dans les cellules eucaryotes.
En 1958, pour aider au développement de la biologie et de la génétique moléculaires, la Délégation générale à la recherche scientifique et technique décidait de transformer le laboratoire de Boris Ephrussi en Centre de Génétique Moléculaire. Avec
Claude Lévi, le directeur des Sciences de la vie au CNRS, Piotr Slonimski organisait le CGM en 'sections' animées par :
Janine Beisson et la génétique structurale des paramécies
Piotr Slonimski pour la génétique de la levure
Vittorio Luzzati pour la biophysique des protéines et des lipides
Par la suite, le CGM a été dirigé par Boris Ephrussi, Piotr Slonimski, Jean-Claude Mounolou qui avait isolé l'ADN mitochondrial de la levure et André Adoutte qui travaillait sur la phylogenèse.