14
novembre
1945 - Arrété mettant en place une Commission
chargée d’examiner la question de la mise en
harmonie du
concours
des hôpitaux et des programmes des facultés de
médecine.
Cette
commission est composée de mm. Roussy, recteur de
l’Ac de
Paris. Baudouin doyen fac méd Paris, Debré, prof
fac med
et représentant du min Santé, dr Cavaillon, SG
santé publique, Bouscatel dir assistance au min
Santé,
dr. Coste, Brocq secr. gal. Ac. chirurgie, Figon Inspect. gal. de la
Santé
5 mars 1946 - MEN à Min. Santé
Projet
de décret concernant la réforme du
décret du 17
avril 1943 d’application de la loi du 21 décembre
1941. La
question de la fusion du corps enseignant des facultés et du
corps hospitalier a été soumise au
comité
consultatif des universités qui s’est
réuni dans la
première quinzaine d’avril. Le comité
s’est
montré tout à fait favorable à ce
projet qui ne
peut apporter que des améliorations à la
qualité
de
l’enseignement de la médecine et à
celle du personnel
hospitalier.../ Projet d’une commission tri partite MEN,
Santé
et
Min travail et prévoyance sociale qui aurait pour but
d’étudier les conditions pratiques dans lesquelles
les
médecins, chirurgiens et spécialistes des
hôpitaux
pourraient donner un enseignement en médecine. En attendant
que
cette commission puisse formuler des propositions, il semble juste
que les modalités réglant les concours aux
diveres
emplois hospitaliers soient arrétés conjointement
par le
MEN et la Santé
21 mars 1946 - Min Santé (Tanguy Prigent)
à MEN
(René Capitant) à propos des Ordonnances sur la
Sécurité sociale
'Il est à noter qu’il s’agit
d’une réforme tout
à fait provisoire, mais à laquelle il convient de
procéder immédiatement pour adapter la
législation
hospitalière aux nécessités actuelles
de
fonctionnement des hôpitaux tant du point de vue
administratif
que technique'.../ Il s'agit d'harmoniser le dispositif avec les
dispositions prévues par les Ordonnances du 19 octobre 1945
sur
la Sécurité Sociale. Sans doute une
réforme de
structure complète est elle indispensable en
matière
hospitalière, mais il paraît peu opportun
d’y
procéder en l’état actuel de la
réorganisation
administrative de la France et tant qu’une solution
définitive
ne
sera pas intervenue à ce sujet.../ Le MEN est d'accord. Le
Comité consultatif des universités
s’est montré
tout à fait favorable à un projet de fusion du
corps
enseignant des Facs méd. et du corps hospitalier. De
très grands avantages seraient à escompter
d’une telle
fusion tant pour l’enseignement de la médecine que
pour la
qualité du personnel hospitalier. La commission devrait
étudier à quelles conditions aux
médecins des
hôpitaux de délivrer dans certains cas un
enseignement de
médecine. Enfin il semble désirable
d’effectuer le
recrutement du personnel hospitalier et du personnel enseignant des
facs de médecine, non plus sur un plan régional,
mais sur
un plan national.
Projet de décret:
Art 1
concernant la fusion du cadre enseignant des hôpitaux avec
celui
des facs de médecine. L’enseignement de la
médecine
est donné par des professeurs et des maîtres de
conférences qui sont secondés par des
assistants….
Art 2 (projet) : Il n’est en rien
dérogé à la
réglementation en vigueur concernant les professeurs de
Faculté.
Art 5 : sont nommés dans les
spécialités suivantes
: anatomie, histologie, embryologie, physiologie, physique
médicale, chimie médicale, anatomo-pathologie,
bactériologie.
4 juillet 1946 - Première séance du
concours
d'agrégation de médecine
générale
(Lemierre, pdt du jury, Cornil, Debré,
PVR..).
Le concours a réservé à
certaines
catégories de candidats
énumérés à
l'art. 2 de l'ordonnance du 15 juin 1945 relative aux victimes de la
guerre et réservent 2 places sur les 7.
Les agrégés parisiens :
Gilbert Dreyfus (le scorbut), Fauvert
(l’hémophilie), Hamburger
(l’érythème noueux), R. Kourilsky
(diagnostic du cancer
primitif du poumon), Lamy, Schapira (myoglobine du muscle normal),
Degos, J. Bernard reporté.
À Strasbourg : Stahl, Kuhlmann (syndrome neuro
anémique).
3 décembre 1947 - Décret modifiant le
décret du
23 janvier 1934 qui crée le PCB
Rétablissement du PCB. Disposition prévoyant
l’ajournement
des candidats qui n'ont pas obtenu la note de 7/20.
…/
1954, 1955
28 aout 1954 - Assemblée nationale. Rapport n° 9234
sur le
projet de loi sur les hôpitaux et hospices publics (rapport
Barrot). Programme pour une unification des différents
hôpitaux.
Pendant la deuxième partie du XIX
siècle une double
évolution se produit La médecine fait un
énorme
bond en avant avec Pasteur. On assiste en outre à la
naissance
de
l’anesthésie et de la chirurgie moderne. En
même temps,
pas suite de l’industrialisation pousée, les
villes deviennent
tentaculaires et la misère croissante du
prolétariat
urbain naissant amène le législateur à
voter les
lois d’assistance.
L’état doit serrer le problème de plus
en plus
près, d’où la création en
1920 d’un
Ministère de l’Hygiène de
l’Assistance et de la
Prévoyance sociale, notre actuel ministère de la
Santé publique et de la Population. Puis, les Assurances
sociales en jettant dans le circuit des organismes payeurs nouveaux
amènent ces derniers, à juste titre, à
réclamer un droit de regard sur la gestion des
hôpitaux.
Toutes ces considérations sont à la base de la
législation du 21 décembre 1941 (et
décrêt
du 17 avril 1943). Cet ensemble de texte forme ce qu’on
appelle
communément la 'Charte hospitalière'..../ A
l’exception
de quelques hôpitaux et hospices intercommunaux et
départementaux, l’organisation
hospitalière
française est essentiellement communale.
Rattachée
à la plus petite circonscription territoriale
française, son caractère local met obstacle
à
une politique hospitalière d’ensemble.
Comparaisons internationales : le rapport Barrot signale le
développement du 'home
care'
aux Etats-Unis. De même en Grande Bretagne à cause
du
manque de personnel hospitalier et de l'absentéisme du
personnel'.
9 juin 1954 - MEN, note sur la validité de
l’article 114 du
décret du 17 avril 1943 soumettant tous les praticiens
universitaires aux dispositions des décrets des 8 nov. 1941
et
18 fév 1942
Ces actes subordonnaient désormais
l’accès à
l’enseignemnt magistral de la médecine dans les
chaires de
cliniques à une nomination préalable dans les
cadres
personnels médicaux des services hospitaliers. Ils
insitutaient en même temps de manière directe et
indirecte une tutelle et un droit de contrôle du ministre de
la santé publique sur l’enseignement
supérieur des
sciences médicales. C’est dire combien ils
bouleversaient dans
ce domaine le régime statutaire des professeurs de
l’enseignement supérieur.../ Ces
arrétés ont
été annulés en 1944 par la loi portant
rétablissement de la légalité
républicaine
en soulignant les réserves expresses qu’appelle
une pareille
disposition pour la simple sauvegarde des intérêts
généraux et de la mission qu’assume
l’université,
notamment dans le domaine de l’enseignement et du
développement des sciences médicales.
12 janvier 1955- Commission mixte Education nationale-Santé
(Debré,
Hermann et Huriez)
Debré : Il s'agit de donner aux hommes nommés par
l'Education nationale tous les moyens possibles de travail dans les
hôpitaux, en somme le droit de soigner.Nous devons
être
formels sur ce point. Notre équipe universitaire doit se
voir
facilitée sa tâche par la Santé
publique et doit
être intronisée aurprès des commissions
hospitalières. A ceci la seule objection que la
Santé
publique puisse faire c'est : "nous voulons être maitres chez
nous".Mais cette réponse n'est pas valable. Ils peuvent
être maitres dans les services hospitaliers, mais non dans
les
services universitaires. Ils ne sont là que des
collaborateurs et doivent être de bons collaborateurs. Leur
positon non conciliante n'aboutirait qu'à nous faire
créer des hôpitaux universitaires, ce qui serait
grave
pour eux car ils doivent bien admettre que notre présence
leur
donne du lustre.
Berger (DES) propose une lettre signée par le MEN
précisant un réglement des relations
hôpitaux-Facultés. Pense que les prof de clinique
devraient être soumis à une juridiction mixte
Hermann : il faut défendre nos franchises, le droit
d'être
jugées par nos pairs
Debré : envisageons une commission d'enquête
nationale
mixte. L'université a intérêt
à
s'agréger ce qu'il y a de bien dans les médecins
des
hôpitaux
Hermann : sur le point de savoir s'il faut modifier le concours du
règlement du concours d'agrégation, Hermann
estime que
ceci ne regarde pas la Santé publique
Recrutement des chefs de clinique parmi les anciens internes :
Debré estime que ce n'est pas possible pour un certain
nombre de
chaires (psychiatrie, stomatologie)
Debré souhaite que le titre à donner aux
médecins
des hôpitaux soit envisagé sur un plan national
(maitre
d'enseignement clinique)
1er mai 1955 - Giraud (doyen Fac méd. Montpellier)
à
DES (G. Berger)
Je reviens sur votre projet de texte transactionnel entre
l'Education nationale et la Santé. Si on met en place une
commission de la Santé ou figurent des médecins
des
hôpitaux , candidats malheureux à
l’agrégation
qui auront peut être été battus par
ceux la
même qui, anciens agrégés, briguent une
chaire
de clinique médicale, il est capital que les membres de la
commission aient la double appartenance, médecins des
hôpitaux et agrégation.
17 mai 1955 - Section permenente du Conseil de
l’Enseignement
supérieur
G. Berger (DES) expose les difficultés que
présente
la réalisation d’un accord entre trois
administrations
différentes, université, administration locale et
min
Santé publique. Il faut que nous puissions nommer
porfesseurs de clinique des hommes qui ne sont pas des
médecins des hôpitaux, tout en
protégeant le
médicat des hôpitaux de façon
à ne pas en
diminuer la valeur en encourageant les candidats à ne plus
le
préparer.
Binet estime que l’EN ne doit nommer prof de clinique que des
hommes
ayant le titre de médecin des hôpitaux
Hermann aimerait que dans la partie adverse ( les hôpitaux?)
il
n’y ait pas d’arrière pensée
lointaine de main mise de
plus en plus grande sur les facutllés de
médecine. Il a
été frappé par une opinion
émise par m.
Boisdé selon laquelle les Fac de médecine sont
dans la
position du locataire vis à vis du propriétaire.
Giraud (doyen Montpellier) signale un autre aspct de la situation
actuelle qui pourrait faciliter la solution de notre
problème :
la Santé publique elle-même est
menancée par un
autre organisme, la Sécurité sociale. En ce qui
concerne
le problème abordé, la solution
idéale, mais
irréalisable, serait que l’université
aie des
hôpitaux à elle. Pour la nomination
éventuelle de
non médecins des hôpitaux, nous risquons de voir
la
santé publique désigner comme juges des
médecins
des hôpitaux battus aux concours universitaires. Le
résultat serait désastreux
Berger demande s’il existe un texte qui permette de penser
que le
professeur nommé est chez lui à
l’hôpital.
Trotabas n’en connait pas et signale seulement
l’existence d’un texte
qui stipule que l’hôpital doit mettre un certain
nombre de lits
à la disposition du professeur (Conseil supérieur
de
l’université, juridiction admiinstrative de
l’hôpital,
décret de 1943, Ordre national des médecins).
Berger demande s’il n’y aurait pas
intérêt à faire
quelque chose de nouveau.
Trotabas envisage la possibilité de grouper l'ensemble du
corps
professoral dans une seule juridiction. Il signale la
difficulté
d’utiliser la loi de 1941 puisqu’elle a
été
abrogée
par l'Ordonnance du 9 aout et 18 nov. 1944 portant
rétablissement de la légalité
républicaine.
Il s’agit donc de modifier l’article 16 de la loi
du 21 décembre
1941 (et règlement d’administration publique du 17
avril 1943)
qui déterminent les conditions de recrutement du personnel
médical hospitalier (nommé par les
préfets).../
L’évolution des techniques médicales et
la
complexité croissante des équipements
correspondants
ainsi
que leur cout élevé ont pour effet de ne
permettre le
traitement de certaines affections qu’à
l’hôpital. Il est
donc indispensable de permettre à tous les malades quelque
que soit leur origine sociale de se faire soigner à
l’hôpital. D’autre part, il y a
intérêt à
permettre aux médecins , chirurgies et
spécialistes des
grands centre hospitaliers des villes d’une
faculté ou
école de médecine de concentrer toute leur
activité professionnelle à
l’hôpital (plein
temps). Dans cette double perspective, il paraît
équitable
d’autoriser les hôpitaux importants en cause
à
réserver quelques lites pour la clientèle
personnelle des
médecins, chirurgiens et spécialistes
intéressés.../
La section permanente examine ensuite la question de la transformation
en Facultés des écoles de médecine de
Clermont
Ferrend, de Nantes et de Rennes.
Hermann estime que cette transformation est une de nos "armes" (sic)
pour le "problème de tout à l’heure".
Nous ne pouvons pas
nommer des professeurs de clinique dans ces facultés tant
que la
question ne sera pas éclaircie et tant que nous
n’aurons pas la
certitude qu’ils pourront avoir un service dans les
hôpitaux. Une
telle décision est un acte politique.
10 juin 1955 - Doyen Fac méd. Nancy (et
pdt. INH) Jacques
Parisot
à DES
Pour
exprimer
son accord pour la nomination des professeurs de clinique.
14 juin 1955 – Lettre de R. Debré à G.
Berger
Je préfère vous envoyer une lettre
personnelle
plutot
qu'une réponse officielle à la note du dr.
Creyssel....
Mon opinion est ferme, ce texte me parait absolument inacceptable. A
mon avis la position même du problème est fausse.
Nos
contradicteurs défendent de petites
intérêts et
nous de sages principes. L'université doit pouvoir
désigner sans aucune difficulté, contrainte,
pression ou
accord préalable tous ceux qu'elle juge dignes d'enseigner
la
médecine et de participer aux progrès en
médecine. Ceci non seulement en vertu d'un droit
légitime
et qui me parait inaliénable, mais aussi en raison de
l'intéret général. Car en fait
qu'arriverait il se
le texte proposé était par malheur
adopté? Dans
toute circonstance un peu délicate le veto jouerait. Un
professeur qui s'est voué aux recherches biologiques (ce fut
le cas du pr. Ambard, une de nos gloires de la
génération
actuelle) pourrait- il être appelé à
diriger un
service de clinique, comme il le fit à l'ouverture de la
Faculté française de Strasbourg en 1919?
Certainement
non. Dans un cas analogue, les pressions locales obtiendraient des
représentants de la Santé à la
Commission un vote
défavorable et l'on serait contraint de nommer à
la
place vacante un clinicien local probablement de moindre valeur. Qu'un
médecin comme Clovis Vincent qui insituta en France la
neurchirurgie veuille l'enseigner, que dirait la Commission mixte? Sur
la pression des chirurgiens locaux, elle refuserait.../ En effet, la
réunion à laquelle vous avez bien voulu me
convier l'a
bien démontré, les
intérerêts que
représentent nos contradicteurs sont ceux des
administrations
hospitalières urbaines, de certaines facultés de
province
trop jalouses de leur autonomie, 3/ des médecins des
hopitaux
jaloux de la Faculté, 4/ du ministère de la
Santé
dont la faiblesse se cache derrière le masque d'une sorte
d'intransigeance.
Tous ces intérêts sont contraires à
ceux du
progrès et de la noble tradition universitaire. En France
tout
docteur en médecine peut être nommé
professeur,
tout médecin des hôpitaux même non
agrégé peut être nommé
professeur. Le
recrutement de l'élite intellectuelle de
l'université
doit être entièrement libre. Cette doctrine seule
est
facteur de progrés. Je le répète
encore, que
l'université veuille un jour faire enseigner la clinique
radiologique, la clinique physiothérpaique avec les
isotopes,
etc. , alors les intérêtes ou médiocres
ou sordides
les particularisemes se dresseront contre cette tendance et la
dérogation sera refusée impitoyablement car la
défense des intérêts souvent d'odre
financier ou
des puissances locales est féroce.
La seule position qui me parait devoir être tenue pour
protéger l'avenir est celle ci :
- Contrats souples dans chaque ville universitaire des locaux et
services dont la Faculté a besoin.
- Souveraineté absolue des désignations par la
Faculté.
- Acceptation par le professeur de clinique de toutes les obligations
servitudes et responsabilités qui lui incombent.
- Pour favoriser la fusion hôpitaux-facultés si
souhaitables, établissement d'un accord..../
L'université
a pour mission de se dresser pour le bien public contre les coalitions
d'intérêts privés, les coteries, les
particularismes
injustifiés.
1956
19 mai 1956 - Min. Finances (dir. du Budget) à MEN
Accord
pour régulariser la situation des prof de fac. de
médecine nommés par l'Enseignement
supérieur qui
exercent dans les hôpitaux
13 juin 1956 - Min. Intérieur à Min.
Santé
(pour attribution à J. Dausset)
Situation dans les hôpitaux publics des professeurs
de
clinique des facultés et écoles nationales de
médecine. Par lettre du 16 avril 1956 vous m’avez
communiqué projet de loi pour permettre à ces
professeurs de donner des soins dans les hôpitaux (refus :
les médecins des hôpitaux sont nommés
par le
préfet)
6 septembre 1956 - Min Santé à MEN
Situation des profeseurs de clinique dans les
hôpitaux
publics de villes sièges de facultés ou
école
nationale de médecine. Projet de loi
déposé par
Noel Barrot destiné à modifier le Code de
santé
publique (modifier les articles 678 à 725). Les
médecins des hôpitaux fonctionnent sous la
responsabilité d’un chef de service : «
dans les
hôpitaux des villes siège d’une fac ou
d’une écoles
de médecine sont en outre chefs de service les professeurs
de
clinique médicale, chirurgicale ou de la
spécialité de la dite faculté ou
école.
18 septembre 1956 - Décrêt instituant un
Comité
interministériel de l’enseignement
médical, des structure
hospitalière et de l’action sanitaire et sociale
9 octobre 1956 - René Billières (MEN)
à doyen
Fontaine (Strasbourg)
Le décret du 18 sept. 1956 a
créé un
Comité interministériel d'étude des
problèmes de l'enseignement médical, de la
structure
hospitalière et de l'action sanitaire et sociale. J'ai
pensé que le MEN ne pourrait être mieux
représenté à ce comité que
par vous
même et je vous ai désigné parmi les 6
membres
représentant mon Département. La
première
réunion aura lieu le 18 octobre 1956 à 15 heures
au MEN
(salle Lapie). Il est inutile de souligner l'importance que j'attache
aux travaux de ce comité auxquels je vous remercie de
participer activement.
9 oct. 1956 - Sous secrétariat d'Etat à
la pdce. du
Conseil (Recherche) à MEN
le décret du 18 septembre 1956 a prévu
dans la
composition du Comité interministériel
d'étude des
problèmes de l'enseignement médical qu'il
constitue la
présence de deux membres désignés par
le SSE
à la recherche scientifique. J'ai l'honneur de
désigner
à cet effet, m. le pr; Agr Fauvert, chef du laboratoire
central et médecin chef du centre de traitement par les
éléments radioactifs à
l'hôpital Beaujon et
m; le dr. Dausset assistant des Hôpitaux de Paris et chef de
laboratoire au CNTS.
18 octobre
1956 - Première réunion du Comité
interministériel de l’enseignement
médical, des structure
hospitalière et de l’action sanitaire et sociale
Composition : Debré pdt, G Berger (DES), Bugnard
(INH),
Boulongne, Choffe, Dausset, Fauvert, Fontaine (Fac méd
Strasbourg), Leclainche (AP-HP), Martinet, Michel, Ponte Laborde,
Robin, Roussel
Excusés : Aujaleu (DGS), Binet (doyen Paris), Giraud (doyen
Montpellier), Hermann (doyen Lyon), Lafitte
Préambule de R. Debré :Dans le domaine de la
recherche,
la France se trouve dans une situation humiliante, malgré
les
efferts du CNRS et de l’INH.../ Il conviendra de porter
remède
au
malaise des praticiens qui, absorbés par leur
tâche
quotidienne ont des difficultés pour faire profiter leurs
patients des progrès de la médecine et manquent
parfois de l’équipement nécessaire
aujourd’hui.../
Mise en place du Comité. D’abord, une
période
d’organisation, information, recueillir des avis. Puis
proposer des
solutions. Faire évaluer notre travail par les commssions
compétentes (concertation). Enfin phase de la
décision ministérielle.
Interventions
des membres du Comité :
Vernejoul (pdt. du Conseil de l'Ordre) donne son avis favorable sur
l'esprit de la réforme,
Leclainche (Assistance publique) dit son intention d’une
participation
enthousiaste,
Bugnard (INH) soulève le problème de la
concertation
entre administrations (MEN, Santé, Travail),
Robin et Berger proposent de constituer une liste de
personnalités.../ Prévoir aussi un
représentant
des
médecins ayant fait l’expérience du
'full time' dans les
hôpitaux parisiens
Debré
propose une liste de thèmes à traiter en
commissions :
- le corps enseignant
- les études (le nombre d’étudiants,
CHU)
- la recherche (crédits, statut)
- la réforme des hôpitaux
- la médecine praticienne (la vie quotidienne du
médecin)
Communication sur l'organisation de la recherche médicale
française
par pr. R Debré et René Fauvert et le dr. J.
Dausset
Le niveau très bas atteint actuellement par la
recherche
médicale française est un fait patent, reconnu
par tous
ceux qui se sont intéressés à la
question. Cette
situation est symbolisée par la constatation que, depuis
vingt
ans, aucun prix Nobel de médecine n'a
été
attribué à la France.De fait, aucune grande
découverte médicale dans le domaine de la
recherche
théorique que marquent à l'étranger
les noms de
Krebs, Hench, Kendall et bien d'autres ou dans le domaine plus pratique
de ce qu'on pourrait appeler les 'découvertes
d'exploitation',
c'est-à-dire de celles dont le rendement est à
peu
près automatique si les moyens de base ont
été
fournis, par exemple la découverte des nombreux
antibiotiques
qui ont vu le jour après la remarque initiale de Flemming,
celles aussi des dérivés hormonaux de la
série de
la Cortisone.Ces exemples sont particulièrement typiques,
car
ils
démontrent la servitude matérielle et la perte
financière entraînées pour notre pays
par la
nécessité d'acquérir les brevets
étrangers
et ils témoignent de la rentabilité de l'argent
consacré à la recherche médicale.../
Avant
d'étudier les causes de cette déplorable
situation, il
convient de préciser les caractères propres de la
recherche médicale : il s'agit d'une recherche
appliquée
polyvalente, c'est-à-dire de l'application au domaine
particulier
de la pathologie des différentes sciences fondamentales,
physique, biochimie, physiologie, microbiologie, pharmacologie... On
voit d'emblée que ce caractère spécial
suppose la
complète possession, sinon par des chercheurs
isolés, du
moins par des groupes de chercheurs de plusieurs de ces disciplines
en même temps que la connaissance de leurs conditions
d'application au domaine de la pathologie. Il s'ensuit que la recherche
médicale pour être fécond
nécessite la
création d'unités de recherche
répondant à
ces critères particuliers, c'est-à-dire groupant
en
liaison étroite avec des formations hospitalières
des
chercheurs de discipline différente mais
possédant de
plus
une culture clinique.../ Les causes de la situation actuelle sont
patentes.De ces causes, une est à mettre d'emblée
emblée en exergue : c'est l'insuffisance des moyens
consacrés en France à la recherche, insuffisance
qui
porte cruellement à la fois sur les moyens
matériels
proprement dits et sur les hommes. Nous allons examiner successivement
ces deux points capitaux.
I - Les problèmes de la recherche
L'insuffisance des moyens matériels, c
à d celle des
crédits mis à la disposition de la recherche
médicale est proprement scandaleuse. Plus qu'une analyse
détaillée, une simple comparaison avec la
situation dans
un pays de ressources générales analogues aux
notres, la Grande Bretagne, fixe l'ordre de grandeur de notre carence
dans ce domaine : pour la seule recherche clinique, les ressources du
British Medical Council sont d'à peu près dix
fois
supérieures à celles de son homologue
français,
l'Institut national d'hygiène.../ Ces moyens financiers
proviennent en Angleterre d'un effort de l'Etat dans le cadre du
Service national de Santé, aux Etats Unis, elles sont
surtout
groupées par de grandes fondations privées qui
recueillent
des dons particuliers dont l'ampleur est considérable dans
certains pays, telle la Suisse, l'Allemagne et aussi les Etats-unis,
l'industrie chimique et pharmaceutique a noué des relations
étroites avec les organismes de recherche
médicale et
soutient financièrement pour son plus grand profit
ultérieur, une grande partie de leur activité.../
En
France, pratiquement les seules ressources disponibles sont des
crédits budgétaires, chichement
mesurés,
modifiables et révocables d'année en
année, de
sorte qu'à leur insuffisance de base s'ajoute le frein de
l'incertitude de l'avenir. On ne saurait trop insister sur le fait que
tout projet de développement de la recherche
médicale est
mort né s'il n'assure d'abord des ressources
financières suffisantes et permanentes.../ Encore n'est ce
là qu'un premier pas : la recherche ne se fait pas seulement
avec de l'argent, mais avec des chercheurs et le deuxième
but de
la réforme doit être d'assurer un recrutement
quantitativement et qualitativement satisfaisant. Souligner ces
impératifs, c'est poser d'abord le problème de la
carrière de chercheur. L'organisation de la
carrière de
chercheur repose sur ce postulat essentiel : la jeunesse est l'age de
la recherche efficace, c'est celui de l'enthousiasme et de
l'imagination, celui de la découverte. Il faut donc orienter
et attirer vers la recherche des sujets jeunes et il faut
prévoir des débouchés nouveaux vers
d'autres
activités après un certain temps
consacré à
la recherche.
Le recrutement d'un nombre suffisant de chercheurs jeunes et
qualifiés suppose deux conditions
- Celle de leur préparation technique
- Celle de leur situation matérielle immédiate
C'est ce second point que nous envisageons d'abord, car il pose dans
le domaine médical un problème très
particulier :
celui de la concurrence des activités cliniques
hospitalières et de clientèle. En effet, la
perspective
"normale" qui s'offre à un étudiant de valeur en
médecine est, d'une part la conquête des
différents grades hospitaliers et universitaires, d'autre
part
l'exercice d'une profession passionnante qui ajoute à
d'inégalables satisfactions intellectuelles et morales,
l'avantage d'une situation matérielle confortable. Ces deux
possibilités ne sont d'ailleurs pas exclusives l'une de
l'autre et la situation officielle, sociale et matérielle
d'un
professeur de la Faculté, Médecin des
Hôpitaux et
grand consultant est certainement un idéal qui peut
cristalliser
tous les rêves inspirer tous les efforts d'un jeune
étudiant intelligent, travailleur, ambitieux qui veut
réaliser toutes les virtualités de sa vocation
médicale. Pour s'orienter vers une carrière de
chercheur, il lui faut donc résister à cette
double
séduction, parfois combinée, de la
carrière des
concours et de celle de la clientèle. Que lui est-il offert
en
compensation? Pratiquement des postes de chercheurs à l'INH
ou
au
CNRS, ceux-ci par une lente et aléatoire progression des
rangs
de stagiaires, d'attaché, de chargé et rarement
de
maître ou de Directeur de recherche lui assurant un
traitement qui s'échelonne de 30 000 F/mois au
début de
carrière à 80 000 F en fin de carrière
avec
interdiction absolue d'exercer aucune autre activité
rémunératrice. Autant dire que seuls peuvent,
parmi les
médecins, choisir
délibérément cette
carrière, ou les rares possédés de la
vocation de
recherche acceptant d'emblée la perspective d'une vie
matérielle médiocre comme rançon de
cette
vocation, ou, plus nombreux, ceux qui pour une raison quelconque se
trouvent mal armés pour les compétitions de
concours et
la pratique médicale et se rabattent faute de mieux sur une
sorte de fonctionnariat scientifique. On conçoit que la
qualité moyenne et le rendement du chercheur ne peuvent que
souffrir d'une telle situation.Pour élargir et
élever le
recrutement des travailleurs de la recherche médicale, il
faut libérer des servitudes économiques la
vocation de
la connaissance : il faut, en bref, que les chercheurs soient assez
payés, assez tôt. Le second point important est
l'avenir
de
ceux qui se seront engagés dans la carrière de
recherche.Si, comme on l'a affirmé plus haut, la
période de productivité dans la recherche est
plus ou
moins liée à la jeunesse, une jeunesse d'ailleurs
inégalement prolongée suivant les individus, pour
les
chercheurs qui auront épuisé leurs
virtualités
dans
ce domaine, des débouchés normaux qui, sans
cassure
dans leur carrière, les orientent vers des
activités pour
lesquelles leur passage dans la recherche les aura
précisément qualifiés. C'est
là un
problème très important, mais très
difficile,
dont la solution suppose, comme nous le verrons, la disparition des
cloisons étanches existant entre les organismes
scientifiques,
CNRS et INH, les Universités, les Hôpitaux et
même
l'industrie.
Venons en maintenant au premier problème que nous avons
évoqué, celui de la préparation des
chercheurs. Il
comporte un double aspect :
- Celui de la préparation générale de
l'ensemble
des étudiants où devront se recruter les
chercheurs.
- Celui de la préparation spéciale des sujets qui
auront
choisi la carrière de la recherche
Le premier problème est celui de l'enseignement
médical
tout entier : il n'est pas de notre propos ni dans nos
possibilités de le traiter ici en détail et ce
problème fait l'objet d'un rapport particulier. Il est
cependant nécessaire de souligner combien peu dans
l'état actuel des choses, il constitue un milieu favorable
à la naissance et à la préparation des
vocations
de
recherche. Il suffira d'en souligner les caractéristiques
principales:
- L'absence de sélection au début des
études
médicales qui admet des étudiants ayant une
formation de
base très inégale et souvent une
préparation
scientifique insuffisante
- L'illogisme de la concurrence entre l'enseignement de la
Faculté et la préparation des concours,
concurrence qui
nuit à l'une et à l'autre.
Le rôle nocif de la préparation des concours en
elle-même qui, par l'effort épuisant et
stérilisant
qu'elle requiert, enlève à ceux qui s'y adonnent
toute possibilité d'acquérir une formation
générale et leur interdit en particulier toute
préparation à la recherche.Cet
"écrémage"
systématique des meilleurs au profit des concours
hospitaliers
est, du point de vue qui nous intéresse, une entreprise de
stérilisation de la recherche.
À tous ces facteurs positifs qui contrarient les vocations
des
chercheurs s'en ajoute, négatif, l'absence de tout
enseignement
organisé pour la préparation à la
recherche. Il
n'existe ni enseignement propédeutique qui permettrait au
candidat chercheur d'acquérir les bases
générales
(mathématiques en particulier) qui lui fait le plus souvent
défaut, ni enseignement de perfectionnement technique en vue
des recherches spécialisées. Tout est
à
créer dans ce domaine. En fait, c'est le cadre anachronique
des
Facultés traditionnelles qui est devenu totalement
inadapté au rôle de préparation et de
direction de la Recherche Médicale. Cela est si vrai que
celle-ci est presque complètement prise en charge par deux
organismes "modernes" : le CNRS et l'INH. Il n'est pas douteux que
c'est
à ces deux institutions qu'on doit le maintien en France
d'un
minimum d'activités de la recherche scientifique et
médicale. Mais il n'est pas douteux non plus qu'en
dépit des efforts de leurs directeurs, ils sont
très
insuffisants pour la tâche qui leur est imposée.
Pour le
CNRS dont la vocation s'étend à toute la
recherche
scientifique, la recherche médicale ne constitue qu'un
département relativement peu important et c'est à
l'INH
qu'est dévolu plus spécialement la
tâche d'aider
et d'organiser la recherche médicale française.
De fait,
c'est à cet organisme que nous devons sous l'impulsion de
son
directeur actuel, à peu près tout ce qui a
été tenté de valable dans ce domaine.
Mais l'INH
a d'autres activités importantes et les moyens mis
à sa
disposition pour la recherche médicale sont, on l'a vu,
ridiculement insuffisants. Reste, dans cette analyse rapide des causes
de la décadence de notre recherche médicale, un
dernier
point important à signaler : celui de l'inadaptation
à la
recherche des organisations hospitalières . En
dépit
d'efforts individuels méritoires, et plus
récemment de
la création de l'Association Claude Bernard,
instituée
pour promouvoir et organiser la recherche dans les hôpitaux
de
l'AP de Paris, aucune solution d'ensemble ne sera possible tant que
n'aura pas été réalisé le
plein temps
hospitalier de la recherche clinique.
Telle est donc la situation actuelle.
De
ce qui
précède, on voit assez que toute tentative
générale de réforme est
liée à deux
conditions:
- D'une part la création d'un organisme directeur central
qui
prendra en charge l'essentiel de la recherche médicale en
France
en s'appuyant sur les deux institutions existantes, le CNRS et l'INH.
- D'autre part, la création d'une caisse autonome de la
recherche médicale, alimentée par des ressources
permanentes autonomes, indépendantes des crédits
budgétaires et des comptabilités annuelles des
différents départements. Cette double
création est
nécessaire pour permettre l'établissement d'un
plan
à long terme par exemple d'un plan quinquennal de la
recherche
médicale française. L'unité de la
recherche
médicale pourrait être assuré par un
organisme
central, chargé de la coordination de l'ensemble des
activités de recherche médicale et qui
comprendrait :
- D'une part un directeur général,
assisté de sous
directeurs chefs de grands services
- D'autre part d'un conseil supérieur de la recherche
médicale, composé de personnalités peu
nombreuses,
nommées es qualité et pour leurs titres
personnels et
représentatives de la Recherche médicale
française.
La position administrative de ce nouvel organisme est à
préciser. Il semble difficile de le faire
dépendre d'un
seul ministère, puisqu'il doit coordonner des services
dépendant respectivement de l'Education nationale et de la
Santé publique. Une solution consisterait à lui
donner la forme d'un Commissariat dépendant directement de
la Présidence du Conseil ou d'un éventuel (et
permanent!)
Secrétariat à la Recherche scientifique.
Un tel organisme ne pourrait voir qu'une valeur symbolique et resterait
sans aucune efficacité réelle s'il ne disposait
pas en
propre des ressources nécessaires. En fait, un budget
autonome,
alimenté par des ressources stables,
indépendantes des
aléas des crédits budgétaires annuels,
est la
condition même de la viabilité de ce projet. Il
importe
donc de créer une Caisse autonome de la recherche
médicale
pourvue de ressources propres et, autant que possible, stables. Il y a
lieu de tenir compte à cet égard du fait que
certaines
sources de crédit : budgets ministériels,
Sécurité sociale sont d'ores et
déjà
affectés aux organismes existants : CNRS et INH.
À ces
crédits déjà 'marqués' et
d'ailleurs
très insuffisants, il importe donc d'ajouter des revenus
importants d'origine privée. De toutes les études
faites
sur ce sujet épineux, il ressort que la seule origine neuve
et
suffisamment importante serait une contribution apportée par
l'industrie pharmaceutique. Une telle contribution de l'industrie
pharmaceutique serait conforme à son
intérêt bien
compris, de même qu'à celui de la recherche, comme
le
montrent les considérations que nous avons
développées plus haut et l'exemple de
l'étranger.
Elle comporterait d'ailleurs des compensations plus
immédiates
car elle aurait sa contre partie dans une collaboration plus
étroite et plus organisée entre l'industrie
pharmaceutique et la recherche médicale, soit sous la
forme d'études pharmacologiques et thérapeutiques
prises en charge par les organismes de recherche, soit sous celle du
prêt de chercheurs et de techniciens qualifiés aux
laboratoires de recherches, soit aussi sous forme de
priorité
d'exploitation sur des découvertes thérapeutiques
éventuelles. Il est bien certain que les avantages d'une
interpénétration de l'industrie et de la
recherche
médicale seraient réciproques, comme en
témoignent l'exemple de l'Allemagne, de la Suisse et des
Etats
Unis. Des ressources complémentaires pourraient ajouter aux
revenus de la Caisse autonome de la recherche médicale :
- les dons et legs qu'elle serait habilitée à
recevoir et
qui seraient déductibles de l'impot sur le revenu,
- un pourcentage automatique sur les recettes des revenus des grandes
collectes nationales autorisées par le ministère
de la
Santé publique (timbres antituberculeux, etc.).
Le problème de la création du Comité
directeur de
la Caisse autonome de la recherche médicale
supposé
résolu, la tâche essenteielle du Directoire devra
être d'organiser les moyens de cette recherche
médicale, c'est à dire, d'une part
d'établir un
Statut des chercheurs, d'autre part de mettre sur pied l'organisation
des moyens de recherche. Ce sont ces deux points que nous allons
examiner sommairement.
II - Le problème des chercheurs
Le recrutement
Le problème des chercheurs est celui de leur
recrutement, de
leur formation et de leur carrière. Par
définition, le
chercheur doit avoir une formation médicale aussi forte et
aussi
générale que possible. Dans l'état
actuel des
choses, les cadres hospitaliers, et en partieculier l'Internat,
paraissent devoit être la sources principale des chercheurs.
L'internat apporte, en effet, une sélection relative et la
garantie d'une culture médicale minimum. De plus, il offre
la
possibilité, au cours des quatre ans d'Internat,
d'acquérir la formation générale et
spéciale
nécessaire à la recherche. Ceci à la
condition
essentielle que l'orientation vers la recherche soit précoce
et délibérée (choix
décidé au
début de l'internat, renonciation à la
préparation
des concours hospitaliers, préparation
systématique et
encadrée à la recherche). Ce recrutement des
chercheurs
ne doit cependant pas être limité aux internes des
hôpitaux, mais pourra comprendre des étudiants ou
des
médecins qui n'ont pas choisi la voie des concours, mais se
sont
orientés vers une spécialisation du type
"sciences
fondamentales" : bactériologie, anatomie pathologique,
biochimie, etc... Il pourra d'autre part être fait appel
à
des chercheurs non médecins : mathématiciens,
physiciens,
chimistes, ingénieurs, etc... ces chercheurs devant
être
inégrés à de gros centres de recherche
et pouvant
participer dans leur spécialité à
l'enseignement
préparatoire à la recherche. Efin doit
être
réservée la possibilité d'engager des
chercheurs
étrangers, soit à titre de boursiers de
recherche, soit
comme chercheurs qualifiés pour combler des lacunes
éventuelles.
La formation
Il est nécessaire de créer un
enseignement
spécialisé du type troisième cycle
comprenant :
a/ un certain nombre d'enseignants fondamentaux communs à
toute
recherche :
-L'instrument mathématique expérimental
(méthodes
de calculs, fonctions simples, statistiques)
-Les bases fondamentales de la physique générale
(grands
principes de la thermodynamique et de la physique nucléaire)
-Les bases fondamentales de la chimie physique, organique et biologique.
b/ les enseignements répondant aux
spécialisations de
recherche. La première partie pourrait faire l'objet d'un
enseignement général qui utilisera les
possibilités déjà existantes (CNRS,
Fac de
sciences, Fac de médecine) et créera celles qui
manquent. Il sera "personnel" selon les acquits préalables
du
chercheur.
Il faudra prévoir un cadre de professeurs et de
répétiteurs pour assurer l'efficacité
de
l'enseignement. La seconde partie pourra être
réalisée par des stages dans des laboratoires
spécialisés, en France ou à
l'étranger.
les carrières
Il devrait être prévu deux
catégories de
chercheurs :
Des chercheurs temporaires : boursiers de recherche ou travailleurs
sous contrat pour une recherche et un temps
déterminés.
Des chercheurs permanents entrant dans les cadres de l'organisation
générale de la recherche avec ses
différents
échelons : stagiaires, chargés,
attachés, maitres.
Le stage initial pourrait être régi par un contrat
de
cinq ans répondant à une période
probatoire.
Cette organisation pose deux problèmes fondamentaux :
- d'abord celui des traitements : il faut éviter toute
assimilation aux grilles de traitement préexistantes et
donner,
sous une forme ou sous une autre (traitement de base,
indemnités, etc.) une rémunération
suffisante et
rapidement croissante pour les premiers échelons en
prévoyant une retraite proportionnelle,
- ensuite, celui des débouchés
ultérieurs au
sortir de la carrière de recherche. Nous avons
posé en
principe que la jeunesse est l'age de la recherche efficace : il faut
donc prévoir des débouchés
précoces pour
les travailleurs qui n'auront pas justifié leur orientation
vers la recherche, plus tardifs pour ceux dont le rendement premier se
trouvera diminué et aussi pour ceux qui ne pourront
espérer atteindre le sommet de la hiérarchie. On
peut
concevoir en effet qu'une minorité accomplira une
carrière
complète dans la recherche en accédant
à un poste
de Directeur de Centre, chargé de l'organisation et de la
supervision générale des recherches de ce centre,
ou
à tout le moins en occupant jusqu'à la retraite
un poste
de MR.
Pour les autres, il faut prévoir des orientations dans les
différents cadres hospitaliers et universitaires :
- plein temps hospitalier avec les postes de chef de laboratoire, de
biologiste des hôpitaux
- Facultés de France et de l'Union française,
avec les
postes de Chef de travaux et de laboratoires, de maitres de
conférences, d'agrégés et de
professeurs.
- postes de techniciens dans l'industrie.
Il y a là un problème d'articulation à
organiser
entre la recherche, la médecine hospitalière et
l'enseignement qui demande, il ne faut pas se le dissimuler, une
réforme profonde de l'enseignement et de l'organisation
hospitalière de la médecine.
le problème des moyens
Ces problèmes sont ceux de l'organisation
même de la
recherche, il faut prévoir
- Des Centres ou Instituts de Recherche permanents,
spécialisés en fonction des grands
problèmes
médicaux à l'instar des Centres de recherche de
l'Institut Claude Bernard (ACB).
- Des Unités de recherche plus petites : deux ou trois
chercheurs et techniciens annexés à un service
hospitalier
en vue de recherches définies plus limitées,
inspirées par exemple par la spécialisation
clinique de
service qui, naturellement fonctionnerait à plein temps
- Des contrats de recherche établis avec fourniture du
personnel
technique et des crédits pour une recherche
définie et un
temps déterminé.
Ces différents organismes de recherche auraient à
leur
disposition des services généraux : animalerie,
ateliers,
services de doc et statistiques...
Le cadre des organismes de recherche ainsi tracé, la
tâche
du Comité directeur sera de déterminer leur
implantation
dans l'ensemble du territoire. A cet effet, il faut dresser un
inventaire général de l'état actuel au
moyen
d'enquêtes menées en collaboration avec le CNRS et
l'INH.
Cet inventaire comprendra deux parties :
Le bilan des centres et des équipes existant actuellement
avec
l'estimation de leur efficacité et de leurs besoins
Le bilan des déficiences reconnues en précisant
leur
ordre d'importance et d'urgence.
Ce double bilan effectué il sera possible
d'élaborer sous
forme par exemple d'un plan quinquennal, un projet financé
des
réformes à réaliser.
Colloque de Caen (1-3 nov. 1956). Débat de la
commission
médicale, compte-rendu
(Rapporteur pr. Fauvert)
I - L'enseignement médical
Réforme du PCB
A propos du PCB, la question brulante de son appartenance
à
la Faculté des sciences ou à la
Faculté de
médecine est soulevée.
Milliez voudrait que les professeurs du PCB fussent tous
médecins
Schapira ne partage pas ce point de vue : le PCB n'est pas une
année d'initiation à la médecine mais
une
année de culture générale
Halpern croit qu'une certaine presion sur la Faculté des
Sciences permettrait d'élaborer avec elles les programmes.
Il ne
voit pas de nécesssité absolue à ce
que les
professeurs de botanique par exemple soient médecins
Pour Dausset au contraire, le PCB devrait devenir la
première
année des études médicales.
Fauvert conclut en demandant que les programmes du PCB soient
élaborés non pas sous le contrôle, mais
avec la
collaboration étroite des instances médicales, en
souhaitant que la biologie ait une plus large place et que que la
botanique soit supprimée.
Réforme des deux premières
années de
médecine
Fauvert signale que dans une projet
déposé par
monsieur Jayle, la présence à l'hôpital
est
supprimée au cours de la première
année
consacrée entièrement aux sciences
morphologiques, de
même que l'après midi de la 2ème
année.
Le projet de MM Fauvert et Dausset suppose aussi la suppression du
stage clinique en première année, mais
diffère
légèrement car les sciences fondamentales sont
enseignées sur deux années (y compris le PCB) et
poursuivies au cours de toutes les années, mais à
l'hôpital, à l'occasion des différentes
disciplines
: l'optique à propos de l'ophtalmologie, le physique des
rayons
à propos de la radiologie, etc. A l'heure actuelle, on
n'apprend
pas pour s'intéresser, mais pour passer un examen"
Fischgold adhère entièrement à cette
proposition
Minkowski exprime des réserves quant à la
suppression du
stage hospitalier en première année, indiquant
qu'aux
Etats-Unis, il semblerait que le chemin inverse est en train
d'être parcouru.
Le projet de M. F. Jayle recueille l'assentiment de C. Mawas.
P. Milliez estime peu souhaitable la suppression totale du stage en
première année et demande la
possibilité d'aller
trois matinées par semaine à l'hôpital
pour les
étudiants qui le désireraient. J. Dausset indique
que
l'extension à dix mois du travail et l'enseignement
à
plein temps dans le cadre hospitalier compense largement et au
delà la suppression du stage clinique de première
année.
B. Halpern estime que le projet de MM. Fauvert et Dausset constitue
un juste milieu entre les deux tendances.
G. Schapira demande qui va dans le projet des rapporteurs, continuer
l'enseignement fondamental au cours de toutes les années.
Fauvert estime que ce rôle revient dans la perspective d'un
centre hospitalier universitaire à plein temps à
un corps
de moniteurs. Les internes et les assistants doivent être
officialisés dans ce rôle.
Transformation de l'Externat
Conte affirme que l'on n'arrivera à rien si on
continue
à laisser d'une part les concours et de l'autre la
Faculté.
Fauvert propose la suppression du concours de l'externat pour le
remplacer par un classement anonyme après la
deuxième
année établi sur une série
d'épreuves
faites au cours de l'année. Dans cette perspective, tous les
étudiants seraient externes et seraient, à Paris,
répartis dans toute la région parisienne.
Aujaleu s'inquiète de la qualité de
l'enseignement que
recevraient les derniers classés.
Fauvert dit que le choix se faisant par années, les derniers
pourront dans la deuxième année choisir des
places dans
les hôpitaux de l'AP.
Milliez souhaiterait un concours unique de médecin des
hôpitaux pour toute la région parisienne, avec
intégration des hôpitaux
périphérique
dans la série de l'Assistance publique.
Aujaleu estime cette solution difficile.
II - La Recherche médicale
L'enseignement préparatoire à la recherche
M. Fauvert rappelle que dans le projet de MM.
Debré, Fauvert
et Dausset l'enseignement du troisième cycle devait
être
organisé de façon très souple,
abaissant les
cloisons entre les différentes facultés et les
instituts.
Minkowski craint que les enseignement des autres facultés
"n'entrent pas assez dans le cadre de la recherche
médicale". Il
développe ensuite un plan élaboré avec
M. Scherrer
et qui prévoit que pour certains, le stage
interné de
sixième année serait remplacé par un
enseignement préparatoire à la recherche.
Après
son doctorat, le candidat chercheur irait pendant deux ans dans quatre
laboratoires où il apprendrait mais aussi participerait
déjà au travail. Il devrait être
rétribué.
Milliez approuve ce projet.
Fauvert pense que "l'orientation vers la recherche
démarrerait
dans ce cas trop tard"
Halpern voudrait que la bifurcation vers la recherche se fasse
"après que le cycle des études
médicales
générales ait été
parcouru". Il faudrait
organiser l'enseignement du 3ème cycledès la fin
de la
4ème année.
Deux questions 'aménagement se posent en cours de discussion
:
1/ Comment envisager dans ce cadre la formation à la
recherche
des internes. Minkowski voudrait que certains internes divisent leur
internat en deux parties égales, deux années
clinique,
deux années de stage dont quatre laboratoires.
Dausset estime qu'à côté de l'internat
en
médecine et en chirurgie, il y a la place pour un internat
en
biologie. Pour m. Jacob, les fonctions d'interne et celle de
chercheur qui doivent être à temps plein sont
incompatibles.
2/ Comment concilier les études à plein temps
dans le
cadre hospitalier et la préparation de certificats en dehors
de
l'hôpital.
Baulieu propose que "ceux des étudiants qui auraient le
désir de faire de la recherche, aient l'autorisation d'aller
l'après-midi suivre la préparation des
certificats". Mais
dans ce cas, les internes auraient sur les autres un retard d'au
moins deux ans.
La recherche fondamentale en médecine
Les définitions mêmes de la recherche
médicale
appliquée et de la recherche médicale
fondamentale
s'avèrent très difficiles à donner. En
fait, il
n'y
a pas de frontière nette entre les deux et comme le dit m.
Dausset. Ou les frontières apparaissent plus nettes, c'est
entre
les hommes de discipline clinique et de discipline scientifique. La
discussion sera vive entre les tenants de l'une et de l'autre.
André Lwoff par exemple estime que "la recherche
médicale
française a cessé d'exister" , ce qui serait
dû en
partie au fait "que l'on interdit l'entrée des
facultés de médecine aux non
médecins". Il pense
que la recherche ne peut être faite qu'à plein
temps et
est incompatible avec la clientèle et même avec un
service
hospitalier.
Milliez réfute cette
sévérité, mais avoue
que "on compte quand même sur les doigts de la main" les
services
hospitaliers faisant de la recherche fondamentale. Il ajoute "autant la
recherche appliquée parait dépendre directement
de la
Faculté de Médecine, autant la recherche
fondamentale
doit être en dehors".
Halpern croit qu'il y a entre les deux points de vue "une conciliation
possible en intégrant dans le cadre du troisième
cycle
médical des professeurs venus d'autres facultés".
Jacob rappelle que la recherche ne peut plus se faire qu'en
équipe et que les cliniciens chercheurs de recherches
appliquées et fondamentale doivent être
mêlés, quelle que soit leur faculté
d'origine.
MM. Fauvert, Conte et Minkowski abondent dans ce sens et Lwoff insiste
en rappelant qu'aux Etats Unis "un grand nombre de professeurs de
bactériologie ou de chimie médicale ne sont pas
médecins". En France, il y a urgence à
créer un
enseignement de recherche "en important, si nécessaire, des
savants étrangers".
Recrutement du chercheur
Le recrutement du chercheur médical est comme le
rappelle m.
Fauvert rendu parfois difficile par l'attrait psychologique et
financier
que constitue la clientèle. Il est lié
à la
rémunération et au prestige du chercheur.
A. Minkowski estime qu'un chercheur à 35 ans devrait
recevoir
en moyenne deux millions de francs par an.
A. Lwoff signale qu'aux Etats Unis on fait confiance aux jeunes qui
sont bien payés pendant 4 à 6 ans puis
jugés
sévèrement... Au CNRS, on donne des traitements
de
misère et ensuite on n'élimine pas les gens.
Toute la commission tombe d'accord sur la
nécessité
absolue d'une rémunération importante des jeunes
médecins voulant s'orienter vers la recherche. La discussion
sur le prestige est également mourrie.
Pour P. Milliez, "il faut que le garçon qui va
près de
m. Halpern ou de m. Lwoff soit assuré demain d'avoir, s'il
le
mérite une chaire ou un centre de recherche"
L'unanimité se fait sur le projet de nommer professeur de
recherche ceux des chercheurs qui auront particulièrement
bien
réussi.
Aujaleu souligne qu'ainsi "le chercheur serait la base de
l'enseignement des biologistes chercheurs". Ce seraient en somme des
professeurs du troisième cycle.
Halpern voudrait que les chercheurs confirmés soient plus
souvent consultés pour les nominations et les promotions (en
particulier au CNRS). Il voudrait en outre qu'il y ait "tous les deux
ans une rotation des membres des commissions pour qu'il n'y ait pas
d'injustice et de situations acquise".
Un aspect rrès important de la carrière du
chercheur est
celui des voies de bifurcation pour ceux "dont la vocation serait
épuisée ou dont le rendement n'aurait pas
répondu
aux espérances".
Lwoff estime, contrairement à Fauvert que si de nombreux
chercheurs s'arrêtent de produire, ceci n'est pas
dû
à l'age, mais au fait qu'ils "ne font plus de recherche,
qu'ils sont candidats à des académies et vont de
ci, de
là, dans des commissions". Il pense qu'une des voies de
bifurcation peut être la recherche appliquée.
Castaigne ne voit pas pourquoi on nommerait professeur des "chercheurs
épuisés".
Milliez répond "qu' un chercheur qui ne réussit
pas
n'est pas forcément un mauvais enseigneur et que certains
ont un
esprit de vulgarisation remarquable mais ne trouveront jamais rien".
Ils
peuvent être utilisés dans l'enseignement. Dausset
pense
"que trop d'excellents chercheurs sont stérilisés
par
des tâches administratives". On pourrait les doubler d'un
chercheur dit 'épuisé'. Schapira
suggère que le
biologicat des hôpitaux puisse être une des voies
de
bifurcation.
L'organisation administrative de la recherche
médicale.
Tout le monde estime fondamental la question de son
financement. M.
Baulieu n'est pas opposé aux ressources d'origine
privée.
Il serait même bon d'indiquer, dit il "qu'une contribution de
l'industrie privée serait conforme à son
intérêt bien compris"
Fauvert indique que les ressources considérables et
permanentes
qui sont nécessaires ne peuvent être
budgétaires.
Conte demande une campagne d'opinion et un aménagement de la
loi d'exemption fiscale des dons qui, telle qu'elle existe, est
pratiquement inopérante. La perception d'un pourcentage sur
le
prix de la journée à l'hôpital est
proposée par Aujaleu. Les rapporteurs défendent
la
thèse d'une caisse autonome de la recherche
médicale
indépendante à la fois de l'INH ou du CNRS,
distribuant
à ces deux organismes les fonds d'origine privée.
Castaigne s'élève contre un particularisme de la
recherche médicale. Finalement la commission se rallie
à
la solution proposée, mais la structure administrative de
cette caisse et son rattachement aux organismes existants n'est pas
résolue. La motion résumant les débats
est
adoptée à l'unanimité.
____________________
21 novembre 1956 - Comité
interministériel
d'étude des problèmes de l'enseignement
médical,
de
la structure hospitalière et de l'action sanitaire et sociale
Vernejoul, Cibrié, Roueche, planchent sur le
nombre des
étudiants, l’organisation des fac de
médecine, la
création d’hôpitaux universitaires, le
plein temps, la
fusion des carrières (hôp./fac) et
l’éventualité d’un
recrutement national.
Vernejoul : manque de professeurs, la dualité enseignement
universitaire – enseignement hospitalier est le vice du
système
actuel. Mais la fusion des carrières semble difficilement
envisageable (ne pas aller au dela de la réforme en cours),
maintien de l’internat, oui à un recrutement
national.
Cibrié partisan du numerus clausus, sinon on va vers la
pléthore.
Fauvert, la consultation externe à
l’hôpital pourrait
servir à la formation permanente des médecins
praticiens
,
Binet, Fontaine, Roueche participent à cette discussion
Giraud : oui à l’augmentation du nombre de
moniteurs, mais
scepticisme sur le plein temps
Dausset propose aux praticiens d’amener leurs malades
à
l’hôpital
Fauvert : compte rendu du colloque de Caen (modifier le PCB, fusion
enseignement-clinique,
suppression de l’externat, nécessité de
la participation
à la recherche fondamentale des non médecins)
Aujaleu se dit d’accord avec les conclusions de Caen
Bugnard prône le développement de la physiologie.
Il
estime que son enseignement est trop réduit au profit de la
biochimie.
Rapports prévus sur le corps enseignant et études
(Vernejoul, Fauvert), réforme des hôpitaux
(Aujaleu,
Choffe), la recherche (Bugnard, Dausset), l’exercice de la
médecine (Michel, Roussel)
Bugnard suggère de tenir toutes les facultés au
courant
des travaux du comité
Giraud et Vernejoul demandent l’inclusion de Creyssel (pdt.
de l’assoc.
Des médecins des hôpitaux) dans le
comité.
Debré réticent.
May, Lemaire, Jayle lancent débat sur le numerus clausus
autour
de l'argument pléthore médicale v/
liberté
universitaire
Robin : rapport sur Strasbourg (pas de problème,
l’hôpital
universitaire fonctionne) A Strasbourg, on a
démontré que
les hôpitaux universitaires peuvent vivre conclut avec
satisfaction le doyen Fontaine.
20 décembre 1956 - Comité
interministériel (audition des pr. des
hôpitaux de Paris
: May, Lemaire, Jayle et représentants des
étudiants
Delaporte et Lemerle)
May : contre le numerus clausus, pour CHU et full time,
médecine
praticienne : comment l'adapter aux progrès de la science?
Difficile de rendre obligatoire l'enseignement post-universitaire,
publication de brochures par l'Ordre national des médecins.
Lemaire : inquiété par la pléthore,
pour CHU et
recherche
Jayle : il faut remplacer le numérus clausus par une
sélection, réformer le PCB, supprimer la
dualité
examens externes-fac. Développer un enseignement
pré
hospitalier théorique. "les étudiants sont
partagés
entre les hôpitaux la factulté et la
préparation
des
concours hospitaliers. Je considère qu'un
étudiant qui a
été reçu à ses concours
n'est plus pate
à la recherche. Il faut supprimer le stage hospitalier du
mation pour récupérer du temps au profit des
sciences
fondamentales. Privilégier le bac latin-sciences ou math.
elem. Il est nécessaire d''avoir des médecins
ayant une
formation scientifique supérieure. Pour les CHU
Lemerle : contre le numerus clausus, pour la sélection. Mais
le
problème est que la France manque de bacheliers
scientifiques.
Les étudiants se sont penchés sur le
problème de
la
dualité enseignement scientifique - enseignement clinique. A
l'heure actuelle il faut donner la priorité à la
clinique., mais remplacer le stage de première
année par
une formation aux sciences fondamentales, l'hôpital doit
devenir
un centre de recherche. Tous les étudiants doivent exercer
la
fonction d'externe (suppression de l'externat)
Aujeleu rappelle que le numerus clausus n'est pas demandé
par la
Santé mais par l'Ordre. Première et
deuxième
années, on est plus sélectif à
Strasbourg
qu'à Montpellier ou Lyon
Robin : trés bonne mission à Strasbourg
(accueilli par
doyen Fontaire)
Hermann (Lyon) et Giraud (Montpellier) vont organiser des
débats
dans leurs facs
A Strasbourg, les services hospitaliers s'autofinancent (c'est eux qui
gèrent les honoraires versées par les caisses de
sécu) Par ailleurs, les professeurs de sciences
fondamentales
sont rémunérés en qualité
de conseillers
scientifiques de la clinique ce qui permet d'affecter des sommes
considérables au service de la recherche. L'unité
du
service, l'émulation entre les services. Mais il existe des
inégalités entre les services, celui de
radiologie est
riche, celui de dermatologie pauvre.Le problème de fond est
celui
de liaison avec les sciences fondamentales n'est pas
réglé (pas encore de statut pour les moniteurs
médicaux par exemple). A Strasbourg on estime que l'internat
est
nuisible à la recherche. Mais il existe une liaison
médecine praticienne - méd
hospitalière au niveau
des secrétariats de clinique.
Inquiétude des médecins devant le nombre de
candidats aux
certificats d'études spéciales de
médecine devant
la désertion de la médecine interne.
Fauvert a discuté de la réforme avec Mayer
(André?) qui est pour les CHU, le PCB sélectif,
la
suppression de l'externat, propose créer des
écoles
d'application autour des CHU.
Aujeleu : la philosophie de la réforme s'est
élargie des
préoccupations de modification de l'enseignement de la
médecine à la modernisation des
hôpitaux.
1957
16 janvier 1957 - Comité interministériel
Vœux
à propos de l'internat. Les internes des hôpitaux
des
villes de Facultés devraient être
nommés moniteurs.
Le titre de chef de clinique serait réservé aux
anciens
internes des villes de facultés. Prévoir la
rémunération des enseignants.
Creyssel marque les limites du plein temps (soin et enseignement). Il
faut moduler, mais il est certain qu’il faut faire
bénéficier du plein temps les hospitaliers qui
veulent se
consacrer à la recherche. Les CHU ? difficilement
réalisable.Si on envisage une recrutement unique PH-PU,
quelle sera la place à la clinique des
agrégés de
sciences fondamentales ? Il propose des moniteurs plein temps et des
prof mi temps.
Bugnard tique.
Creyssel avance l’idée de l’'option'.
Le problème des médecins étrangers. La
fac n’est
elle pas trop laxiste ? Plainte du min. des Affaires
étrangères sur les insuffisances du cursus
médical
français.
13 février 1957 - Comité
interministériel
Debré tient à rappeler que l'un des
problèmes
qui doit faire l'objet des préoccupations essentielles du
Comité est celui de la création et du
fonctionnement des
hôpitaux que l'on pourrait appeler hôpitaux
spéciaux des villes universitaires de préfence
à la dénominaiton utilisée jusqu'ici
d'hôpitaux universitaires qui prête à
confusion.
Rapport Le Gorgeu sur le fontionnement de la commission
nationale
d’organisation hospitalière (liens avec CGP)
La commision attend avec impatience les
recommendations du
comité interministériel.
Bugnard demande à ce qu’on fasse la point entre la
Santé
publique, l’Educ. natle. et la Sécu
Aujaleu rassure Bugnard sur le fait que ‘la Santé
sait où
elle va’
Michel (Sécu) d’accord avec Aujaleu.
Jusqu’ici le CA de la
Sécu estimait que l’Etat n’avait pas
fait les efforts
nécessaires et qu’elle n’avait pas
à se substituer
à lui.
Le plan d’aménagement hospitalier
défendu par Aujaleu et
Leclainche,
Creyssel soulève la question du personnel
Aujaleu il n'est pas question de ne pas utiliser pour l'enseignement
les nouveaux hôpitaux de Lille et de Toulouse
Préparation d’un budget forfaitaire. En fait il
s’agit de
discuter de la contribution de l’Educ. natle. à
l’opération réforme (CHU)
Debré suggère d’intégrer
dans le plan du min.
Santé, le schéma et les normes
établies par Dausset
Leclainche rappelle qu'il existe déjà un plan
établi pour cinq ans par la commission nationale de
l'organisation hospitalière. Donc, jusqu'en 1962, il ne peut
être question de prévoir la création de
nouveaux
hôpitaux en dehors de ceux prévus par le Plan. On
ne
peut escompter de crédits nouveaux, si l'on prend l'exemple
de Paris et sa région deux projets : Ambroise
Paré et
création d'un nouvel hôpital 'Sud' de 500 lits
(Antoine
Béclère?)
Fauvert, un hôpital de 500 lits est insuffisant pour en faire
un
hôpital universitaire
Aujaleu : il importe de déterminer de toute urgence les
exigences de l'enseignement dans l'hôpital
Boulongue : Prévoir la participation du budget 'Education
nationale'.
Rapports sur la réforme des études
médicales,
Fauvert, Jayle, Dausset (sur le troisième cycle
préparatoire à la recherche)
Trois points
-unification des enseignements dans un corps unique hôpital
fac
-création CHU (groupes hospitalo universitaires)
-création du 3 ème cycle
Dans l’immédiat : aménagement du PCB,
suppression du
stage de première année, modification de
l’externat.
Bugnard objecte qu’il faut augmenter le nombre de
professeurs, donc
qu’il faut susciter des vocations au monitorat. Bugnard
réticent
sur le concept de troisième cycle. Debré : soit
disons
cycle d’initiation à la recherche.
Binet évoque le discrédit jetté sur
l’enseignement
médical fançais par le comité (!).
1 mars 1957
Réunion de la Société
médicale des
hôpitaux, présentation du rapport Fauvert.
13 mars 1957 - Comité interministériel (le problème de
l’administration
communale du système hospitalier français)
Débat
Aujaleu (DGS)
Michel (Sécurité sociale) : faut il inclure ou
non les
dépenses de très gros équipeement de
l’hôpital dans le prix de journée ?
Objection Michel : la politique de blocage des prix contribue au
déficit de la sécu, soit 80 MdF.
(Séance privée)
Cpte rendu : les missions d’information Robin à
Lille, Dausset
à Nancy.
Leclainche presse le mouvement, crédits de 4 MdF sur quatre
ans
pour la création d’hôpitaux à
l’AP-HP.
Aujaleu : la province doit se préparer à suivre
le
mouvement.
22 mars 1957 - Comité interministériel
Cpte rendu de la visite de Dausset à Nancy
Creyssel, a propos du Full
time,
certains services, par exemple ceux des maladies chroniques, cancer,
ne présentent pas un très grand
intérêt pour
l’enseignement. De plus, il y a des chirurgiens de grande
valeur qui
sont trop absorbés par leur travail à la table
d’opération pour faire de
l’enseignement. Autre objection :
l’insuffisance du nombre d’internes. (moduler le
plein temps ?)
Aujaleu : la loi sera d’application
générale
Fontaine : le plein temps évitera bien des hospitalisations
abusives
10 avril 1957 - Comité interministériel
(discussion du
projet de réforme)
Lettre de L. Bugnard (dir. INH) lue en son absence :
- Depuis 1946, je défends l'idée de
réunir les
lieux d'enseignement des sciences fondamentales et les
hôpitaux,
pour faciliter le travail des étudiants
- C'est dans le même esprit que l'INH s'efforce de construire
des
UR médicales dans les hôpitaux travaillant en
liaison avec
les services de la clinique.
- Cette fusion suppose un accroissement du nombre de centres
d'enseignement.
- A la fusion des carrières universitaires et
hospitalières, je pense qu'il devrait être adjoint
celle
de
la recherche. Après un certain temps passé
à
la recherche plein temps, je pense que moyennant certaines
qualifications à préciser, le chercheur pourra
être utilisé comme enseignant ou chef de service.
- Le plein temps ne pourra être réalisé
que
progressivement
- Prône un recrutement national unique,
conséquence
logique du plein temps, mais la question se pose de l'afflux de
provinciaux dans la capitale
- Le 3ème cycle serait à commencer en
6ème
année.
Leclainche. Pour la fusion des carrières, je regrette que
l'Hotel Dieu ne soit pas déplacé extra muros.
L'AP a
commencé d'étudier l'inclusion
d'éléments
universitairs dans ses hôpitaux. Prudence avec les
modifications
de l'internat. Contre la séparation de l'enseignement
théorique et de l'enseignement clinique : l'enseignement
doit
être donné dans des hôpitaux
universitaires. Signale
que le plein temps fonctionne déjà dans dix
services
hospitaliers parisiens de médecine et de chirurgie
L'expérience est satisfaisante, mais les statistiques sont
difficiles à établir, l'avantage du plein temps
n'étant pas seulement matériel mais aussi moral.
En ce
qui
concerne la recherche, le projet d'une caisse autonome parait
excellent.
Signale la création d'UR dans les hôpitaux de l'AP
par
l'INH. Province? Regrette disparition des directions
régionales de la Santé. Prévoir
l'organisation de
secrétariats médicaux. Surpris de voir le nombre
de
malades qui passent dans les hôpitaux et le peu de profit
qu'on
tire de ces observations, Leclainche signale l'installation
à
Paris d'un service d'électro-comptabilité. Il a
aussi
organisé dans le 10 ardt. parisien un service de soins
à
domicile pour les malades chroniques et certains convalescents. Pour
Leclainche la réforme est un impératif absolu au
risque
de
compromettre le prestige de la médecine française
dans le
monde (!).
Hermann, étonné par le clivage sciences
fondamentales -
sciences cliniques, mais d'accord pour poursuite enseignement des
sciences fondamentales en deuxième année.
CHU? : système de conventions (laissé initiative
des
doyens?). Fusionner les carrières dès
l'internat?- Il
faut
distinguer la fusion des fonctions et la fusion des titres. A Lyon, on
a réalisé la fusion des fonctions : tous les
médecins des hôpitaux recoivent des stagiaires ,
mais il
se
peut que des médecins des hôpitaux ne veulent pas
faire d'enseignement. D'autre part tous les hospitaliers en peuvent
pas devenir universitaires. Réticences sur recrutment
national :
craint que les facs de province ne deviennent des centres de passage.
Plein temps?- Irréaliste, certains services (dermato
vénérologie) ne pourront occuper du personnel
à
plein temps. Crise de la recherche dans les fac de médecine
:
le montant des bourses CNRS est insuffisant, "il existe au CNRS une
section de médecine, mais ses crédits sont
limités et elle est peu adaptée aux
problèmes
médicaux"
Clément Michel (Sécu). Je ne suis pas
médecin,
mais je m'étonne. Comment peut on concevoir que
l'enseignement
de
la médecine soit fait en dehors des malades? Comment
imaginer
qu'un médecin des hôpitaux n'ait pas une vocation
d'enseignant? Accord pour fusion des carrières, recrutement
national indispensable, CHU inéluctables. Prévoir
convention type établie par min Santé.
Prévoir
une double comptabilité pour ne pas mélanger
soins et
enseignement-recherche. Encore plus favorable au médecin
plein
temps qu'au service plein temps.OK pour les 5% de lits personnels. Il
faut aborder le problème des
spécialités
médicales. A l'heure actuelle la proportion est de un
médecin spécialiste pour deux
généralistes.
Mais la situation va en s'aggravant dans certains
départements.
Il serait souhaitable que le comité émette un
avis sur ce
sujet.
Giraud (à propos du rapport Vernejoul Fauvert). Lorsqu'on
dit
que la majeure partie de l'enseignement se fait actuellement d'une
façon bénévole, on emploie une formule
à la
fois vraie et fausse. Véridique parce qu'il est exact qu'uen
grande aide est apportée à l'enseignement par un
personnel non officiel (les hospitaliers), mais inexacte parce que ce
personnel non officiel tient moralement en grande partie, et en
totalité dans certaines villes de proince que nous
connaissons
bien, aux écoles universitaires. La solution est simple : il
suffirait d'élargir les cadres en faisant un cadre
général d'enseignants. Oui à
l'enseignement
fondamental tout au long du cursus, mais dans la cohérenece.
On
ne peut songer à rejeter l'étude du
métabolisme
des glucides au moment du stage ou le diabète sera
étudié. Plein temps? Utiles pour l'avenir. Fusion
des
carrières? Disons favoriser
l'interpénétration. La recherche ? Eviter les
excès
du caporalisme et les cloisons étanches entre recherche et
enseignement. Propédeutique : la maintenir
à
l'hôpital (anatomie physio) "ce n'est pas une raison parce
qu'un
étudiant ne peut pas comprendre la portée
clinique de
l'abolition d'un réflexe achilléen pour qu'on ne
lui
montre pas comment on peut être sur que le réflexe
n'est
pas aboli". Le rapport Fauvert est très
sévère
avec les cours théoriques en disant qu'ils ne sont pas
suivis,
je ne suis pas d'accord. Non à l'obligation du bac maths,
non
à la suppression du concours d'externat.
Binet : pour soutenir les sciences fondamentales, il convient
d'augmenter le personnel des facs de médecine
Aujaleu : il est indispensalbe que le MEN donne le plus tot possible la
garantie qu'il participera à la construction des CHU
(lancement
du plan hospitalier)
Dausset précise que la question est à
l'étude
à la DES. "Ce budget ne doit pas être
sacrifié
comme
il l'a été l'an dernier". Debré doit
être
reçu par le MEN.
Aujaleu comme Michel effrayé par l'augmentation du nombre de
spécialistes. A Strasbourg, 80% des internes
préparent
des
certificats de spécialité (CES) et C2, tout cela
étant préjudiciable à l'internat
Vernejoul il ne faut pas toucher à l'internat et il faut
élargir l'externat. Le Plein temps est une
nécessité absolue. Mais difficulté de
l'adapter
aux
petits services comme ceux de la clinique à la
française.
Plutot interpénétration que fusion des
carrières.
Debré : poursuit-on la discussion
générale ou
passe t-on à celle des projets de loi?
Creyssel : si l'accord est réalisé sur les vices
à
corriger, il ne l'est pas sur les remèdes qu'on entend
proposer.
Giraud, d'accord pour discuter sur textes.
A propos des CES, Michel demande de leur donner un cadre
légal
Aujaleu : pense que si la réforme du PCB n'est pas incluse
dans
la loi, celle des CES ne doit pas y être introduite, leur
qualification relevant de l'Ordre.
15 mai 1957 - Comité interministériel
(suite de la
discussion)
Dausset parle au nom des camarades de sa
génération
et au nom des chercheurs. Sur le plan technique, la médecine
française n'est pas adaptée aux
progrès de la
science. Les jeunes générations veulent de la
recherche.
Fait un compte rendu de sa visité à Toulouse et
à Bordeaux. A Toulouse, la réforme est accueillie
avec
quelques réserves (mais projet installation fac
méd
à coté de l'hôpital Purpan)
Bugnard : Le problème de la réforme des
études
médicales n'est pas spécifique à la
France. Doit
on
garder le praticien de médecine
générale? A
partir de quand doit on commencer la spécialisation? Des
études de l'OMS ont été
réalisées
sur
ce sujet. En France, manque de crédits de l'Enseignement
supérieur pour la recherche.
Robin : En ce qui concerne le plein temps, puisque la
réforme ne
sera effective que dans dix ans, il sera nécessaire de le
rendre
obligatoire dès son application
Creyssel : il est nécessaire de faire cesser la
dualité
qui écartèle les étudiants entre les
examens de la
fac et la préparation du concours de l'externat. Toutefois,
il
me parait difficile d'admettre comme externe des étudiants
n'ayant jamais travaillé dans un hôpital.
Fontaine : pour la suppression de la dualité examens de la
fac
concours hospitaliers. Il faut supprimer le concours d'externat (donc
tout étudiant doit faire de l'externat)
Debré suggère que le titre d'externe soit
maintenu tous
les étudiants exerçant peu ou prou des fonctions
d'externe.
Aujaleu: oui mais, quid des écoles préparatoires
(de
médecine)?
Debré admet que le problème n'a pas de solution
immédiate.
16 mai 1957 - Projet de décret modifiant le
régime des
études et des examans en vue du certificat
d’études PCB
Le PCB organisé en concours par les deux Facs
(médecine et sciences).../ Programme de biologie : il est
inspiré des travaux de la sous commission de
réforme du
PCB et il a été prévu par le doyen
Morin en
fonction d’une réforme plus
complète.../ Ce
réaménagement a consisté
essentiellement dans la
suppression de la séparation biologie animale –
biologie
végétale, ces deux chapitres étant
intégrés dans un seul chapitre de biologie
générale .
10 juin 1957 - Comité interministériel
Aujaleu: la rédaction de l'art 12 du projet de loi
ne lui
parait pas satisfaisant, il craint que sa rédaction ne
laisse la
possibilité aux médecins d'opérer en
dehors de
l'hôpital. Il faut préciser que les hospitaliers
pourront
recevoir leurs malades dans leurs services
Il sera tenu compte de la remarque de m. Aujaleu dit Debré
Aujaleu, Michel, déplorent que le fonctionnement des
hôpitaux échappe au gouvernement
pouvoir disciplinaire, mise en place d'une juridiction mixte
19 juin 1957 - Comité interministériel
Robin et Dausset (à Rennes) terminent leur tour de
France
des fac méd.
Débat sur la hiérarchie des moniteurs,
assistants, chefs
de servic
Le Comité rejette la clause d'un numérus clausus
pour la
fac de médecine de Paris (qui avait
été
demandé par une fac de province?)
Aujaleu et Leclainche soucieux de voir inscrit dans la loi la
répartion des charges financières entre l'EN et
la
Santé. Par contre Robin et Michel n'y sont pas favorables
Bugnard se demande si dans ce projet de loi, le troisième
cycle
trouve bien toute la place qui doit lui revenir;.
Dausset, il serait bon de rassembler dans un seul titre totues les
dispostions qui ont trait au 3ème cycle. On y adjoindrait
également quelques principes ou règles
générales concernant la recherche.
Juillet 1957 - Comité interministériel
Avant projet de loi relatif à la réforme de
l'enseignement médical et des hôpitaux des villes
universitaires et au développement de la recherche
médicale
Il est incontestable que la France n'a plus aujourd'hui dans le
domaine médical, la place qu'elle avait su
conquérir. Un
malaise est ressenti par les jeunes générations.
Les
étudiants, les externes, les internes, ne trouvent plus dans
nos
facultés la formation à laquelle ils peuvent
prétendre. La mauvaise organisation du travail
stérilise
leurs efforts. Le choix des carrières se complique; les
possibilités qu'elles offrent ne correspondent pas toujours
à la valeur et au labeur qu'elles exigent.../ D'autres
problèmes se posent aux praticiens comme aux
spécialistes
car l'exercice de la médecine subit la double influence de
l'évolution sociale et du progrès technique. Il
faut
en tenir compte tout en sauvegardant fermement ses plus nobles
principes.../ Nul ne niera non plus qu'il est difficile de
pérenniser les méthodes actuelles de recrutement
des
médecins des hôpitaux. Elles ont causé
des
difficultés bien connues. Le temps s'estompe où
toute
nouvelle maladie, toute découverte thérapeutique
portaient des noms français. Notre part dans les
progrès récents n'est pas suffisante. Aucun prix
Nobel de
médecine n'a été
décerné depuis
plus de vingt ans à un Français ayant
travaillé
en France. Ce signe permet de mesurer notre retard.../ Enfin, au
milieu du vingtième siècle, l'hôpital
n'est plus,
surtout dans une ville universitaire, un établissement
charitable où les indigents étaient
abrités et
nourris, où certains médecins venaient
bénévolement leur donner les meilleurs soins.
C'est un
centre de diagnostic et de traitement doté des moyens
techniques
les plus modernes et ouvert à toutes les
catégories
sociales bien que les assurés sociaux toujours plus
nombreux,
forment sa clientèle principale. Cet hôpital
moderne est
aussi un centre d'enseignement et de recherche médicale. Il
faut tirer dans tous les domaines les conséquences de ces
transformations. Mais cette situation qui a pu faire parler d'une crise
de la médecine française, n'est pas due aux
hommes
doués de qualités praticiennes propres
à
l'exercice de toutes les formes de la médecine. Leur valeur
triomphe souvent de difficultés multiples et se manifeste
lorsque ces chercheurs trouvent, parfois à
l'étranger,
des conditions plus favorables à leur activité.
Cet
état de chose provient d'une véritable
sclérose
d'institutions anciennes que l'on n'a pas su adapter à temps
aux conditions nouvelles créées par une
évolution scientifique et technique
accélérée. De nombreux professeurs,
médecins et étudiants, ont au cours des
dernières années courageusement
dénoncé ces
déficiences et réclamé les mesures qui
s'imposent.
Soucieux
de la santé des Français et confiant dans la
valeur
incontestable du corps médical, le gouvernement a
pensé
que le moment était venu d'aborder dans son ensemble ce
grave
problème. L'expérience ayant montré le
succcès limité de réformes partielles
préparées par une seule administration, un
décret du 18 septembre 1956 a créé un
Comité
interministériel d'étude des problèmes
de
l'Enseignement médical, de la structure
hospitalière et
de l'action sanitaire et sociale.../ Des membres, en nombre
limité, ont été
désignés à
titre personnel par le Ministre d'Etat chargé de l'Education
nationale, le Ministre des Affaires sociales, le Secr. d'Etat
à
la Santé publique, le Ministre chargé de la
recherche
scientifique, le Min. de l'Intérieur, le Min. des
Finances.../ En font partie notamment à
côté de
jeunes médecins et d'hospitaliers, des professeurs et doyens
de
nos grandes facultés, à côté
du
Directeur général de l'Enseignement
supérieur, le
Directeur général de la Santé
publique, les
directeurs de l'AP de Paris et de l'INH à
côté du
Pdt. du Conseil de l'Ordre, le Directeur de la
Fédération
nationale des organismes de Sécurité sociale, des
universitaires. Le pr. Robert Debré de l'Académie
de
médecine en a été nommé
président.
Définie par le texte constitutif, la tâche du
Comité consiste à étudier les moyens
propres
à adapter aux progrès de la médecine,
l'enseignement médical, la structure
hospitalière, la
recherche médicale et la médecine de soins. Il a
été établi dès l'abord que
les situations
acquises seraient respectées et que les hommes en fonctions
choisiraient librement leur régime. La réforme
définitive ne sera appliquée dans son ensemble
qu'à la génération montante, donc
progressivement.
Pour
remplir cette lourde mission, le Comité a tenu d'abord
à
s'informer très complètement, pendant plusieurs
mois,
auprès des personnalités ou des organismes les
plus
qualifiés. C'est ainsi qu'ont été
entendus
notamment le Président de la
Confédération des
syndicats médicaux, les représentants des
médecins des hôpitaux, des
agrégés, des
assistants, des internes, des externes, des étudiants, mais
aussi les conseillers d'Etat présidents des Commissions du
plan
d'équipement scolaire et hospitalier et du Conseil
supérieur des hôpitaux et le
délégué
général de la Fédération
hospitalière. A côté de contacts
parisiens, des
missions d'information ont été accomplies par
plusieurs
membres du Comité dans les villes sièges de
Facultés de médecine où plusieurs
réunions
ont permis d'utiles échanges de vue. Au terme de ce
fructueux
tour d'horizon qui fit apparaitre de nombreuses convergences
d'opinions, les membres du Comité ont fait
connaître leurs
observations, désigné des rapporteurs sur chacun
des grands problèmes examinés et
décidé
de préparer d'abord, avec le concours d'une commission
spécialisée et des services
compétents, les
réformes relatives à la formation des futurs
médecins. Mais il a été reconnu qu'une
réforme profonde de l'enseignement médicale
impliquait
des modifications de la carrière du personnel enseignant, du
statut des hôpitaux des villes sièges de
Facultés ou d'Ecoles de médecine et devait
prévoir une préparation à la
recherche. Tel
est l'objet de ce projet de loi. Des textes ultérieurs
concerneront les autres tâches dévolues au
Comité
et notamment la modernisation de l'organisation hospitalière
et
certains problèmes concernant la médecine de
soins,
par exemple, la mise au courant des praticiens et une liaison
organisée de ceux ci avec l'hôpital et son
personnel.
Ces projets s'inspirereont tous du même souci de
réaliser de véritables réformes de
structure, mais
seulement dans la mesure nécessaire et en sauvegardant,
quand
elles ont fait leurs preuves, les traditions nationales telles que le
concours de l'internant et le libre choix des Facultés pour
les
nominations aux chaires de professeurs.
De
nombreux pays ont ressenti depuis quelques années la
nécessité de rénover leur enseignement
médical pour le mettre en harmonie, d'une part avec le
caractère de plus en plus scientifique de la
médecine
et, d'autre part, avec les conditions nouvelles d'exercice
professionnel, liées à la fois à
l'évolution
technique et aux transformations économiques et sociales des
Etats modernes. L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) et
l'UNESCO se sont préoccupées de ce
problème qui
a fait l'objet d'une conférence internationale à
Londres
en 1953. Mais une solution est sans doute plus urgente en France
qu'ailleurs parce que nous vivons encore dans ce domaine sur les
principes posés au début du dix
neuvième
siècle. Le régime même du PCB et des
études
médicales n'a guère été
modifié
depuis 1934.
1/ L'absence d'un encadrement efficace des étudiants
Le vieillissement de la structure de l'enseignement
médical
aurait pu être compensé dans une certaine mesure
par la
valeur des maîtres si le nombre de ceux ci avait
augmenté
en même temps que celui des étudiants. Il n'en est
rien, à Paris surtout. Cette faculté qui
reçoit
plus de 40% des étudiants en médecins, compte
quelque
80 professeurs alors que l'ensemble des facultés de province
en
comprend 140 environ pour les 60% restant. Il y a ainsi pour 100
étudiants, 3 professeurs à Paris contre 25
à
Saint Thomas (l'une des 12 écoles de médecine de
Londres) et plus de 50 à l'Université Columbia de
New
York. Certains de ces professeurs consacrent une partie importante de
leur temps à leur clientèle privée. Un
cours
magistral devant 500 élèves, une
présentation de
malade devant une centaine ne suffisent pas à former le
futur
praticien alors que l'année universitaire ne
dépasse
guère six mois pour les cours et huit mois pour les stages
hospitaliers. Aussi, les quelques 20 000 étudiants en
médecine recourent ils à des enseingnants
bénévoles, médecins hospitaliers,
chefs de
clinique, internes, qui organisent à titre privé
des
conférences de préparation à
l'externat et
à
l'internat. La qualité de cet enseignement ne compense pas
le
défaut d'organisation et le désordre
d'études mal
coordonnées.
2/ La concurrence stérile de l'enseignement
universitaire et
des concours hospitaliers
Actuellement, la dualité
Hôpital-Faculté
aboutit à l'anarchie. Le prestige, rentable, des titres
hospitaliers nuit aux examens de la Faculté. Leur
préparation est sacrifiée, l'assistance aux cours
remplacée par la lecture hâtive d'un
polycopié.
La facilité relative des épreuves universitaires
permet
de
conquérir cependant ses grades pour ceux du moins qui ont
les
moyens de se représenter le nombre de fois
nécessaires.
Il est vrai que les simples "stagiaires" perdus dans la foule de leurs
camarades ne peuvent pas profiter vraiment de la qualité des
maitres ni du contact des malades. Ils représentent
cependant
60%
des promotions de docteurs en médecine. Pour leur permettre
de
faire leur appprentissage avant de s'installer, on a dû
prévoir un stage interne obligatoire en fin
d'études.
Créé depuis peu, certainement utile, il ne
constitue
qu'un
palliatif. En outre, il a été envisagé
avec
faveur de prévoir une période de stage
supplémentaire accomplie auprès d'un
médecine
praticien. On comprend dès lors l'attrait, pour les
meilleurs,
de
l'externat et de l'internat où s'acquiert la
véritable
formation clinique. Mais cette solution n'est pas suffisante. Les
places n'ont pas augmenté en proportion des candidats.
L'âge moyen des reçus s'est
élevé de 2 ans
depuis 1939, ce qui rend plus critiquable le temps perdu à
répéter trop longtemps les mêmes
questions. Ce
système ferme d'ailleurs les facultés sur elles
mêmes. Les professeurs de clinique, issus du concours
national de l'agrégation sont en fait recrutés
sur place
et ne changent de ville qu'exceptionnellement. Ils sont retenus par
leur clientèle personnelle, mais surtout par leur titre
hospitalier local qui ne leur permet pas de changer
d'hôpital.
Nommé de Lyon au Collège de France, le professeur
Leriche, chirurgien de réputation mondiale, ne put obtenir
un service dans les hôpitaux de Paris.
3/ Le rendement limité des plus grands
hôpitaux
Les grands hôpitaux modernes
représentent un
investissement financier considérable qui explique leur prix
de
journée élevée. N'est il pas
étonnant que
leurs installations ne fonctionnent à plein que 3 ou 4
heures
par
jour, le matin lors du passage des médecins des
hôpitaux?
Cette utilisation à temps partiel du matériel et
des
locaux (notamment les appareils de radiologie, laboratoires, salles
d'opérations...) augment le prix de revient de chaque acte,
prolonge les durées d'hospitalisation, limite les
possibilités d'enseignement et de recherche. Comme leurs
étudiants partagés entre l'hôpital et
la
Faculté, ces maîtres de la médecine que
sont les
médecins des hôpitaux souffrent d'une mauvaise
organisation
de leur travail et d'un mauvais emploi de leur temps. Leurs
journées sont morcelées à
l'extrême entre
leur cabinet personnel, leur service à l'hôpital,
les
cours à la Faculté et parfois quelques visites
à
domicile où à la clinique privée
où ils
opèrent. De même, assistants et chefs de clinique,
à
l'âge du plus grand enrichissement intellectuel, sont
véritablement écartelés entre leurs
diverses
fonctions. C'est pour remédier à ces graves
inconvénients que l'on a eu recours à des
formules de
plein temps pour certains médecins des hôpitaux.
Le
succès de Strasbourg a été mis en
lumière;
des expériences plus limitées sont en cours
à
Paris. Elles ont reçu l'adhésion non seulement
des jeunes
médecins, mais aussi des maîtres qui seraient
heureux de
se
consacrer tout entier dans leur service ou leur laboratoire aux soins,
à l'enseignement et à la recherche, en
étant
libérés des préoccupations et des
difficultés matérielles.
4/ La formation scientifique insuffisante
Nul ne pourrait nier que la médecine requiert les
plus
hautes qualités morales et humaines, mais chacun sait
qu'aujourd'hui le diagnostic et le traitement approchent de plus en
plus d'une science exacte. Son apprentissage exige donc avec des
connaissances beaucoup plus nombreuses et
spécialisées
une culture scientifique que l'étudiant ordinaire ne
reçoit pas aujourd'hui. Le futur praticien doit donc
désormais connaitre la biochimie et la physiologie et
pouvoir
utiliser au service des malades et de la recherche , non seulement les
ressources des laboratoires, mais encore celles de la statistique, de
la psychologie ou de la sociologie.
Médecine préventive, médecine sociale,
politque de
la santé publique, organisation de la
sécurité
sociale, ne peuvent non plus être ignorées du
futur
médecin. Il faut songer que l'étudiant qui
commence se
médecine en 1957 exercera de longues années
après la fin de ses études et devra
être
capable d'assimiler les nouveaux progrès qui ne manqueront
pas d'être accomplis durant toute sa carrière.
5/ L'inexistance d'un enseignement préparatoire
à la
recherche
On a pu écrire que la médecine avait
fait plus de
progrès de 1925 à nos jours que depuis le
commencement du
monde. Esclave d'une tradition artisanale mal comprise, la France a
pris
dans le domaine de la recherche médicale un retard
considérable. Malgré les efforts d'organismes
comme l'INH
et le CNRS, nous demeurons largement tributaires de
l'étranger
et devons importer contre des devises fortes ou fabriquer sous licence
nombre de médicaments sauveurs. Plus que jamais, le travail
médical exige l'agilité intellectuelle, la
réflexion personnelle, l'initiative individuelle. Mais
l'équipe de travail moderne favorise les efforts convergents
des
chercheurs dans des laboratoires dotés d'installations
perfectionnnées. Or, actuellement, il n'y a pour les
chercheurs
médicaux ni formation particulière, ni
carrière
possible. Il est indispensable d'y porter remède par une
première série de mesures visant l'enseignement
médical.
Le
rôle du Comité interministériel aura
été, moins d'imaginer des solutions
inédites que
de
cristalliser des idées en marche, pour
accélérer
une évolution déjà amorcée.
Le plan
même du projet de loi ci joint montre bien cependant qu'il
s'agit
non de simples aménagements de l'état de choses
existant, mais d'un ensemble cohérent de réformes
de
structure. L'idée directrice qui a recueilli une
adhésion
générale, c'est d'instaurer dans tous les
domaines une
véritable coopération organique entre les
Facultés de médecine et les hôpitaux
des villes
de siège de Faculté ou d'Ecole de
médecine. Cette
harmonisation doit être réalisée dans
le domaine
des études comme dans la carrière du personnel
hospitalier et universitaire, dans le régime des
hôpitaux
universitaires comme dans le développement de la recherche.
Car
l'enseignement de la médecine n'est plus un enseignement
oratoire et littéraire. Il résulte avant tout de
la
participation aux soins aux côtés d'un 'patron'
qui
instruit et éduque autant par ses actes que par ses paroles.
De
même en France, surtout, la recherche médicale est
et doit
rester aux observations cliniques. L'INH a créé
des
unités de recherche dans certains hôpitaux,
notamment ceux
de l'AP de Paris. Ainsi, la pratique des grands centres hospitaliers
montre que sont indissociables les soins, l'enseignement et la
recherche
et que ces trois activitrés orientées vers
l'homme
malade s'enrichissent d'une étroite collaboration qui
s'étendra demain aux cours et aux laboratoires de nos
Facultés.
1/ La modernisation de l'enseignement
Si l'organisation des examens et les programmes doivent
rester du
domaine réglementaire et s'inspirer des besoins qui se sont
fait
jour, il a paru nécessaire de consacrer dans la loi
quelques-uns
des principes du nouveau régime des études
médicales. C'est d'abord un rôle accru des
Facultés
de médecine dans la préparation du PCB qui se
fera en
collaboration avec les Facultés des Sciences. C'est ensuite
la
formation scientifique de base qui occupera la plus grande partie du
temps des étudiants et première et de
deuxième
année, sans que soit cependant totalement
supprimé le
stage hospitalier précoce de la propédeutique qui
est
dans
la tradition française. Encore faut-il le faire utilement,
nous
l'avons vu. Pour l'obtenir, le Comité a voulu, tout en
n'octroyant le titre qu'aux meilleurs, réaliser le voeu de
Charles Nicolle en 1938 "... tous les étudiants en
médecine devraient exercer les fonctions d'externes ".../
L'externat est maintenu.S'il continue à donner
accès aux
premières fonctions hospitalières, il est en
même
temps un examen de Faculté qui termine la
deuxième
année d'études et sanctionne le travail accompli
dans ce
premier cycle. Ainsi l'étudiant ne sera plus
tiraillé
entre l'hôpital et la Faculté, mais recevra la
formation
complémentaire des deux institutions. En outre, tout
étudiant participera à l'activité
hospitalière guidé par les internes moniteurs. Il
passera
sa journée entière à
l'hôpital. C'est
là également que, répartis en petits
groupes de
travail, les élèves accompliront leurs travaux
pratiques.
Ceux-ci seront organisés en connexion avec
l'activité des
services hospitaliers. Celle solution permettra d'assurer une liaison
entre les études cliniques et biologiques à
propos des
malades et d'associer le personnel enseignant les sciences biologiques
aux travaux des laboratoires, ce qui aboutira entre autres avantages,
à leur participation à la masse commune des
honoraires
hospitaliers.
Tout en gardant leur administration propre, les Facultés
vont
se rapprocher matériellement autant que possible des
hôpitaux dans les centres hospitaliers universitaires
où
les étudiants passeront toute la journée, pendant
dix
mois pour le second cycle, à partir de la
troisième
année, au contact des malades et de leurs
maîtres.Ceci
exige que les Facultés où il y a le plus
d'étudiants créent en leur sein même
des
collèges de médecine regroupant un nombre
limité
d'étudiants de la troisième à la
sixième
année et fixés sur un ou plusieurs
hôpitaux
universitaires.../ L'internat, creuset de nos élites
médicales, demeure un concours local. L'organisation mise au
point en commun par les autorités hospitalières
et
universitaires permettra surtout une certaine augmentation des
places justifiées par les besoins des services et le nombre
des
étudiants. Ajoutons que s'il s'agit de revaloriser les
études médicales, comme le demandent les
représentants des étudiants eux-mêmes,
il n'est
pas apparu indispensable de renoncer aux traditions
libérales de
l'Université en limitant de façon autoritaire
l'accès aux études médicales.
Cependant, la
sélection nécessaire sera assurée
surtout
pendant les premières années par le
régime des
examens.
2/ L'unification de la carrière
hospitalo-universitaire
À l'heure actuelle, le corps enseignant en
médecine
est divisé en deux groupes distincts. Les professeurs de
sciences
fondamentales se consacrent entièrement à
l'enseignement
et à la recherche dans les Facultés. En
règle
générale, ils ne vont pas à
l'hôpital et
n'ont pas de clientèle privée. Il n'en est pas de
même pour les professeurs de pathologie et de clinique qui
ont
presque tous passé, outre l'agrégation, un
concours local
de médecins des hôpitaux. Mais la
coïncidence de
ces deux qualités, résultat d'une double
carrière,
n'est pas générale. À Paris,
notamment, de
nombreux
médecins et assistants des hôpitaux font de
l'enseignement
dans leur service sans appartenir à la Faculté et
sans
être réellement associés à
sa vie. Il est
apparu urgent d'unifier ces carrières parallèles
en
intégrant dans l'Université l'ensemble des
enseignants.
Bien entendu, les situations acquises seront respectées pour
ceux qui refuseraient cette possibilité, mais pour les
jeunes,
il
y aura un recrutement unifié des fonctions
hospitalières
et enseignantes dans les villes universitaires.
Si l'on songe aussi que la recherche médicale est souvent
animée par ces mêmes hommes, on comprend que l'on
ait
jugé indispensable que les enseignants de pathologie et de
clinique, comme leurs collègues des sciences fondamentales,
consacrent à leurs fonctions hospitalières
d'enseignement
et de recherche la quasi-totalité de leur
activité
professionnelle. De leur côté, les professeurs des
sciences
fondamentales seront associés aux travaux des
hôpitaux des
villes universitaires dont les laboratoires fonctionneront ainsi de
façon continue. Ce régime à temps
plein a
été préconisé par les plus
hautes
autorités médicales. Il sera organisé
de la
façon la plus libérale. Ces médecins
pourront en
effet être appelés en consultation par un
médecin,
recevoir la visite de malades personnels dans leur service et les y
faire hospitaliser. Si les universitaires en attendent un meilleur
enseignement, le Directeur général de la
Santé
publique, le Directeur général de l'AP et le
Directeur de la fédération nationale des
organismes de
Sécurité sociale en attendent un meilleur
fonctionnement de nos grands hôpitaux. Les membres de cette
carrière hospitalo-universitaire seront pour l'avenir
recrutés par un concours national unique ouvert à
tous
les internes et aux chercheurs avec des sections
spécialisées. Cette formule permettra une
fructueuse
circulation des hommes et des idées entre les
différentes Facultés. Elle aidera notamment les
Facultés nouvellement créées. Elle
favorisera
aussi
l'expansion de la médecine française outre-mer et
à l'étranger, ceux qui accepteront de passer
quelques
années hors de la métropole étant
assurés
de retrouver un poste convenable à leur retour. Les
candidats
reçus seront nommés à la fois
maîtres de
conférences et médecins, chirurgiens et
spécialistes des hôpitaux des villes
universitaires. C'est
essentiellement parmi eux que seront ultérieurement choisis
par les Conseils de Faculté, comme à l'heure
actuelle,
les titulaires de chaires. Bien entendu, il faudra ouvrir assez
largement cette carrière pour remédier
à
l'insuffisance actuelle du nombre des enseignants et faire face aux
besoins supplémentaires qui résulteront de notre
renouveau démographique.Mais à
côté des
professeurs et des maîtres de conférences, des
internes ou
anciens internes désignés comme moniteurs,
assistants ou
chefs de travaux guideront l'effort des étudiants,
réunis
sous leur direction en petits groupes d'une quinzaine pour des
conférences ou des travaux de laboratoires.
3) L'organisation de groupements hospitalo-universitaires
L'adaptation à l'enseignement des grands
hôpitaux des
villes de Faculté ou d'Ecole de médecine doit,
compte
tenu
des réformes sus mentionnées, être
développée pour permettre la vie en commun toute
la
journée des enseignants et des élèves
à
partir de la troisième année. Ces
hôpitaux
devront comporter toutes les installations matérielles
nécessaires à l'enseignement sur place de la
clinique et
des sciences fondamentales appliquées. Mais il faut lever
toute
équivoque. Il n'est pas question de donner à la
seule
Université, la propriété ni la gestion
des
hôpitaux de villes universitaires, ni de faire
prévaloir
les nécessités de l'enseignement sur celles des
soins. La
gestion traditionnelle est maintenue avec des aménagements
limités pour favoriser la coopération des
enseignants qui
sont aussi les médecins chefs de services, avec la direction
administrative de l'hôpital. Des conventions
passées
entre la Faculté et l'hôpital
préciseront les
modalités de ces diverses activités. Le respect
du malade
sera, bien entendu, garanti et la présence continue des
médecins ne pourra qu'améliorer encore la
qualité
et la rapidité des soins. Certaines de ces dispositions sont
inspirées des réformes envisagées par
la
Commission de la Santé publique de l'Assemblée
nationale.
Les autorités universitaires et hospitalières
collaboreront ici encore pour désigner parmi les
hôpitaux
existants ceux que leur situation et leurs caractéristiques
permettront d'adapter rapidement à ce rôle
d'enseignement accru et pour proposer les constructions nouvelles
nécessaires. Sans être soumis au régime
particulier
d'hôpitaux de ville universitaire, certains
établissements
hospitaliers publics pourront être autorisés
à
accueillir officiellement des étudiants comme externes ou
internes, lorsque le nombre de lites des hôpitaux de ville
universitaire ne sera pas suffisant pour le nombre
d'étudiants
d'une Faculté ou Ecole de médecine.
4) Le troisième cycle et la préparation
à la
recherche
Favorisée déjà par l'accent
mis sur
l'enseignement scientifique de base au début des
études
médicales, la préparation à la
recherche sera
réalisée au cours d'un troisième cycle
d'études. L'accès en sera libre pour tout
étudiant
ayant terminé la quatrième année. Les
cours seront
donnés par des professeurs de la Faculté de
médecine ou de la Faculté des Sciences et par
d'autres
personnalités qualifiées par leurs travaux dans
des
organismes comme l'INH et le CNRS. Ils seront
complétés
par des stages dans divers laboratoires agréés.
Les
étudiants ayant terminé le troisième
cycle
pourront
se présenter au concours national donnant accès
aux
postes non cliniques de la carrière d'enseignement, de soins
et de recherche dans les hôpitaux de ville universitaire
où
les unités de recherche seront multipliées. Ils
pourront
aussi suivre une carrière de chercheurs dans les autres
centres
de recherche publique ou privés existant. La
création
d'un cycle d'initiation à la recherche et d'une
carrière
de chercheur médical réalisera ainsi pour la
Médecine, une partie des propositions du Conseil
supérieur
de la recherche scientifique.
Ce
projet doit donc mettre les Facultés de médecine
à
même de remplir les missions dévolues aux
établissements d'enseignement supérieur par le
titre IV
du
projet de loi portant réforme de l'enseignement public
déposé en décembre 1956 sur le bureau
de
l'Assemblée nationale, en assurant la formation scientifique
moderne et continue des praticiens, des enseignants, des
médecins
des hôpitaux et des chercheurs. En outre, l'accès
plus
largement ouvert, en cours d'études, à des
fonctions
hospitalières, enseignantes ou de recherche comportant une
rémunération certaine et la création
du concours
national, favoriseront l'élargissement souhaité
du
recrutement social des étudiants en médecine.
L'application de la loi devra se faire dès que possible car
ces
réformes sont depuis longtemps
réclamées et
répondent aux voeux de la jeune
génération tout
entière. L'aménagement du régime des
études
notamment pour le PCB et la création du troisième
cycle
pourront intervenir rapidement par décret puisqu'il s'agit
de
mesures réglementaires n'entrainant pas, en outre, en
elles-mêmes, des dépenses
supplémentaires. Il
en ira différemment des dispositions relatives au corps
enseignant ou aux hôpitaux de villes universitaires. Mais
l'augmentation du nombre des enseignants est de toute façon
inévitable et sera limitée par l'adoption du
plein
temps. Des directives ministérielles ont
déjà
demandé que soient inscrites au plan d'équipement
scolaire
en cours d'élaboration les prévisions permettant
des
constructions des locaux d'enseignement nécessaires dans
les hôpitaux à vocation universitaire existants ou
à proximité immédiate. De
même, les
constructions hospitalières nouvelles dans les villes de
Faculté tiendront compte du rôle d'enseignement
accru qui
leur est reconnu. Un hôpital de ville universitaire pilote
matérialisera d'ici quelques années l'esprit de
la
réforme. Construit dans la banlieue de Paris, il mettra
quelque huit cents lits de plus à la disposition des malades
de la capitale et pour recevoir environ trois cents
étudiants.
C'est bien entendu le budget du Ministère de l'Education
nationale qui supportera les dépenses
d'équipement
universitaire. En outre, comme le demandent depuis longtemps
l'administration hospitalière et les organismes de
Sécurité sociale et comme le principe en a
déjà été posé
dès 1943, une
part forfaitaire des dépenses de fonctionnement de
hôpitaux
des villes universitaires représentent les frais
supplémentaires d'enseignement et de recherche,
bénéficiant à l'ensemble de la nation,
sera
obligatoirement prise en charge par ce même
département
ministériel. Les prix de journée de ces
établissements en seront allégés
d'autant. Le
fonctionnement continu des services et les résultats de
recherches plus nombreuses doivent rendre rentables les
dépenses
supplémentaires ainsi consenties, ne serait ce que par une
réduction non négligeable des durées
d'hospitalisation. Le texte prévoit enfin une application
assez
souple, qu'il s'agisse du recours à des conventions locales,
de
l'adaptation aux régimes particuliers de certaines villes ou
régions, ou des mesures transitoires qui, nous l'avons dit,
respecteront la libre décision des titulaires des fonctions
actuelles. Ce projet contient la promesse d'heureux effets. Lorsque le
Parlement en aura adopté les principes, le
résultat
dépendra de la coopération nécessaire
de tous les
intéressés.À côté
des administrations
responsables qui continueront à coopérer au sein
du
Comité interministériel, ce sont les dirigeants
et les
médecins des hôpitaux, les doyens et les
professeurs,
les chercheurs et les étudiants, qui donneront vie aux
textes
et assureront le succès d'une réforme que les
témoignages recueillis ont montré attendue de
tous.
22 aout 1957 - Avant projet de décret portant
création
d’enseignement préparatoire à la
recherche
médicale
dans le centre de préparation prévu par le
décret
du 31 juillet 1920 en liaison avec les Fac de sciences, l'INH, le CNRS
et autres organismes de recherche publique ou privée.
Note sur un avant projet de création d'un
troisième cyle d'enseignement préparatoire
à la
recherche médicale
Parmi les autres recherches, la recherche
médicale se
distingue par le fait qu'elle nécessite le plus souvent une
double formation : d'une part médicale et clinique, d'autre
part
biologique et scientifique. L'harmonie nécessaire entre ces
deux formations est souvent difficile à réaliser.
La
formation médicale et clinique sera acquise grâce
aux
fonctions hosptalières d'interne, d'externe ou de faisant
fonction d'externe que les étudiants en médecine
rempliront dans le cdre de l'hôpital de ville universitaire
où ils auront reçu l'enseignement clinique
donné par les moniteurs, les assistants et les professeurs
de
clinique.
La formation biologique et scientifique donnée au cours des
premières années de médecine soit
être
développpée et complétée
pour ceux qui
veulent se destiner à la recherche. Le but d'un
3ème
cycle d'enseignement préparatoire à la recherche
médicale est de faciliter cette formation scientifique et
technique. Il doit répondre à deux
impératifs :
- donner une
culture scientifique orientée vers l'utilisation quotidienne
autrement dit fournir au futur chercheur les instruments de travail
dont il aura besoin tout au long de sa carrière
- donner une fonction technique indispensable à toute
recherche,
autrement dit permettre à l'étudiant de
travailler de ses
mains sous la direction de chercheurs éprouvés.
Mais ce
cycle n'aura complété la lacune actuelle que s'il
est
donné de manière à éveiller
les vocations
vers la recherche et également s'il ouvre les portes d'une
carrière enviable.
Début préparation à la recherche :
selon ses
gouts et ses affinités l'élève
pourrait choisir
entre les quatre matières à option suivantes qui
couvrent l'ensemble des disciplines fondamentales
-La microbiologie dans laquelle s'intègreront la
bactériologie, la parasitologie, la virologie,
l'immunologie,
l'hématologie, etc
-La chimie et la physique biologique
-La physiologie et la physiopathologie
-Les sciences morphologiques qui comprennent l'anatomie, l'embryologie,
l'histologie, l'anatomo-pathologie
Enseignement donné en fin d'AM : il est en effet
très
important que les internes ne soient pas empêchés
par leur
service clinique de suivre les cours et les travaux pratiques de
troisième cycle.
En première approximation on peut estimer que le nombre des
étudants suivant les cours préparatoires
à la
recherche serait limité et pour fixer les idées
ne
dépasserait pas 10% du nombre global des
étudiants de
quatrième année, soit à Paris, un
nombre de 10
à 30 élèves par matières
à
option.../ Un enseignement dispensé non pas sous forme de
cours
ex cathedra, mais plutot sur le modèle des
conférences
d'internat..../ Il est très important que les maitres soient
des
chercheurs confirmés; par exempler appartenant au CNRS ou
à l'INH ou à des organismes semi
privés de type
Institut Pasteur, Associaltion Claude Bernard, centres de transfusion,
centres anti cancéreux.../ Certains étudiants
complètent actuellement leurs connaissances scientifiques en
suivant les cours des certificats de la Fac de Sciences, maisl
malgré la haute valeur de ces enseignements, on peut leur
reprocher de ne pas être suffisamment orientés
vers la
biologie et la médecine. Certaines équivalences
pourraient
néanmoins être recherchées.
La deuxième partie : stages en laboratoires pendant lesquels
l'élève se verrait confier un travail personnel
et
solitaire sur un sujet forcément très
étroit
de façon à lui donner une
responsabilité directe
dans la conduite de l'expérimentation..../ C'est aux confins
de
deux disciplines que se font souvent les découvertes les
plus
fructueuses. Il parait donc indispensable que ce troisième
cycle
ne se termine pas sans que le futur chercheur ait pu vivre de la vie
quotidienne d'au moins deux laboratoires de recherche en pleine
activité dans des branches différentes, mais
complémentaires..../ De plus il devra suivre des cours
spécialisés où il se familiarisera
avec
certaines théories et techniques d'avant garde.../
Mise en place d'un système de bourses de
troisième cycle
(fournissant une rémunération
supérieure à
celle des moniteurs de clinique).../ La carrière
à
prédominance de recherche constitue la véritable
carrière du chercheur médical. Malgré
la
correspondance des traitements des chercheurs de l'INH ou du CNRS et
des membres de l'Enseignement supérieur on peut dire
qu'à
l'heure actuelle cette carrière n'existe pas. Elle ne pourra
exister que si elle conduit à des postes donnant
d'excellents
moyens de travail en même temps qu'à une situation
matérielle et morale enviable. Ceci ne peut être
réalisé que par une liaison étroite de
la
recherche et de l'enseignement..../ A la fin de ces années
de
stage, le futur chercheur serait maintenu dans les cadres de l'INH ou
du
CNRS par les commissions compétentes. Une
sélection
sévère doit être
opérée à ce
moment là. Le stagiaire qui sera refoulé n'aura
fait
qu'une année d'étude de plus que les six
années de
l'enseignement standard. Il pourra facilement s'orienter vers une autre
branche de la médecine où il utilisera les
notions
acquises par exemple vers le laboratoire directement
appliqué
à la clinique.../
Un chercheur qui aura réussi sa carrière devenu
directeur
de recherche pourrait être nommé professeur de
spécialité à la faculté de
médecine.
Il entrerait ainsi à la faculté comme on entre
parfois au
Collège de France à titre strictement personnel.
Il
faudrait (donc) qu'un petit nombre de chaires soient
réservées à des DR afin que le
couronnement de la
carrière de recherche par le professorat soit toujours
possible,
donnant ainsi un grand prestige à cette carrière.
27 aout 1957 - Aujaleu (DGS) à
Secrétaire d'Etat
à la Santé publique et à la Population
A propos du décret sur les situation des
professeurs de
clinique des Facs et Ecoles de méd. dans les
hôpitaux
publics, vous dite qu’il parait que le Réglement
d'aministration
publique prévu à cet effet devrait pouvoir
être
établi sans aucune difficulté puisque
qu’au sein de la
Commission Debré ont été
évoqués et
résolus les différents problèmes
posés par
ce projet de loi, notamment en ce qui concerne les dispositions
disciplinaires. Je suis disposé à
procéder au
dépôt du projet de loi si vous estimez que ce
projet n’a
pas de caractère désogligeant pour le
Comité
interministériel en laissant entendre que le
projet n’aura
pas de suite avant de longs délais. Les
règlements
disciplinaires, évoqués par les travaux du
comité, sont conçus dans l’optique
d’une fusion
complète des deux carrières universitaires et
hospitalières.
25 septembre 1957 - Doyen Giraud à MEN
Les centres hospitaliers des villes universitaires se
plaignent
à tort ou à raison que la présence des
étudiants et des services d’enseignement dans les
hôpitaux
entrainent un surcroit de dépenses…./
C’est la raison pour
laquelle je me suis toujours déclaré partisan de
demander une subvention compensatrice forfaitaire…/ Je pense
que si
cette subvention était rétablie et suffisante ,
elle nous
permettrait d’en finir avec ces échanges de vue
qui prennent
quelquefois un caractère iritiant, surtout lorsque les
imputations prennent le caractère vague et inexact que je
constate dans la note qui m’est aujourd’hui
transmise.
9 novembre 1957 - Comité
interministériel
(troisième cycle, réactions au projet, CES)
Rapport Hermann (doyen Fac de Lyon) sur le
troisième
cycle des études médicales
Il importe essentiellement d'attirer des étudiants
vers la
recherche et de ne pas les laisser y venir au hasard comme cela se fait
actuellement. Je suis partisan de diriger les étudiants vers
la
recherche lorsqu'ils sont très jeunes, dès la
4ème
année à un âge où ils se
sentent encore
assez
désintéressés. Mais encore faut-il
leur trouver
des débouchés. Il faut relever aussi que les
Facultés n'ont pas encore
délibéré de cette
question.
Doyen Fontaine : les étudiants vers le troisième
cycle
en 5ème année pour ceux qui sont
intéressés
par la recherche les autres s'orienteraient en sixième
année vers une carrière de praticien. En voulant
les
faire
entrer trop tot dans le 3ème cycle, on courrait le risque
qu'ils
manquent de la formation générale indispensable
car la
science médicale est en connexion intime avec tout ce qui
touche aux malades. Un autre problème se pose
également : celui des internes. Il faut créer des
cliniciens chercheurs. Au cours de son internat l'interne pourrait
être libéré pendant un an de toute
charge de
clinicat pour préparer une thèse de recherche.
L. Bugnard est
d'accord avec Hermann et Fontaine, toutefois il remarque qu'il n'existe
pas assez de laboratoires où les étudiants
puissent
travailler.... Le ministère des Finances s'oppose au
recrutement
de jeunes chercheurs par le CNRS ou l'INH lorsque la demande
d'admission est faite avant la fin des études
médicales, i.e. avant le doctorat en médecine.La
seconde difficulté réside dans le manque de
places dans
les laboratoires. Avec la création du 3ème cycle
si les
locaux nécesaires sont construits et l'avenir des chercheurs
mieux assuré , cette difficulté viendrait
à
disparaitre. Ceci existe en Angleterre où la recherche et
l'enseignement sont juxtaposés. La formation de chercheur
est
chose très difficile, les six années
d'études
médicales ne suffisent pas. Dans les fac de sciences ils se
trouvent noyés parmi les autres étudiants, il
faut donc
commencer à former les étudiants dès
la 5 ou 6
ème année.... Notre jeunesse mérite un
effort de
la part du gouvernement.
Hermann se dit
soucieux que les étudiants qui ne pourront faire l'internat
ne
se dirigent en trop grand nombre vers la recherche....
Dausset : il ne doit pas y avoir de concurrence entre l'internant et
le 3ème cycle, il s'agit d'études
parallèles. Mais
rien dans l'avant projet n'a été mis au point
pour
améliorer les débouchés ouverts aux
chercheurs.
Doyen Binet : les facs de sciences craignent la
médiocrité de certains candidats.
Binet et Fontaine sont d'accord pour que les sciences physiques et la
chimie générale soient
étudiées dans les
fac
de sciences.
Hermann souhaite que les fac de méd gardent la plus grande
liberté l'organisation de l'enseignement de
troisième
cycle.
Ribas : l'harmonisation entre l'internant et le troisième
cycle
pourra être prévu par le réglement
d'administration
publique.
Le troisième cycle s'appellera de sciences
médico-biologiques.
Réactions provoquées par l'avant projet
de loi
Du coté hospitalier on souhaite le maintien de
l'unité de gestion par les commissions administratives et le
min. Santé. Necessité d'un remboursement sur les
crédits de l'Educ. natle., présidence des maires.
L'institution du concours national au stade de chef de service est la
mesure qui soulève les critiques les plus vives. L'anonymat
rencontre une opposition quasi unanime. La direction de l'AP de Paris
seule l'a défendue avec l'inspecteur divisionnaire de
Bordeaux.
On souhaite la mise en place du plein temps de manière
progressive et pas systématique. On est sceptique sur la
participation financière du MEN.
L'Ordre estime que rien ne pourrait être pire que la maintien
du
statu quo (le fait que tous les étudiants soient
appelés
à l'externat favorablement accueilli).../ En
résumé
l'avant projet rencontre dans ses principes un accord à peu
près complet en ce qui concerne du moins les administrations
hospitalières les directions des hôpitaux et le
min de la
Santé. L'Association des Internes de Paris prend nettement
position en faveur de la reforme dans la presse du matin.../ Du
coté des facultés : réunion des doyens
prévue le 4 décembre. Les Fac de sciences
estiment que le
PCB doit rester leur affaire. La question du concours national a
soulevé de nombreuses critiques (on craint le centralisme
parisien) il faudrait au moins rajouter le correctif d'une
épreuve régionale. Les Fac de médecine
souhaitent
que le plein temps soit appliqué de manière
libérale. Des précisions ont
été
demandées sur la situation matérielle des
personnels
plein temps. Dausset rappelle l'impatience des étudiants
devant
l'avant projet de loi dont ils ont maintenant connaissance et qui
remédierait à
l'écartèlement qui leur
est actuellement imposé entre l'hôpital et la
faculté.
Certificats détudes spéciales (CES),
rapport Vernejoul
Il apparait nécessaire de réduire le
nombre de
médecins spécialistes et de modifier les listes
de
spécialités. Vernejoul propose que ceux qui ne
réussissent pas l'internat puissent faire un CES.
Décembre1957 - Observations
présentées par la
DES au Comité interministériel, suite
à une
enquête auprès des Facultés de
médecine
Il n’est pas question de donner à la
seule université
la propriété ni la gestion des
hôpitaux, ni de
faire
prévaloir les nécessités de
l’enseignement sur
celle des soins. Encore faut il assurer
l’Université qu’elle
demeurera maitresse de l’enseignement et des recherches. Il
convient
absolument d’éviter une dissolution de la
faculté dans
l’hôpital.../ Il convient aussi de ne pas couper la
2ème
de
la 3ème année pour ne pas réduire les
facultés à un rôle d'écoles
préparatoire indignes d’elles….Dans cet
esprit l’Ens. Sup.
demande au comité interministériel de substituer
à
la qualification purement géographique qu’il a
prévue, l’appelation d’hôpital
universitaire qui marque
mieux le désir d’aboutir à une
étroite
collaboration.../ Quelques facultés demandent le maintien de
l’externat. Toutes marquent leur attachement à
l’internat dont
elles veulent maintenir la haute qualité (à
Strasbourg
toutefois une faible majorité a damandé la
suppresion du
concours (19/18 ).../ Le titre II de l’avant projet
« de la
recherche médicale » est approuvé dans
l’ensemble.
Il convient toutefois d’attendre pour se faire une opinon que
les facs
aient pu prendre connaissance du projet de décret sur le
3ème cycle qui vient d’être
communiqué. Je veux
indiquer seulement que Strasbourg demande que l’Institut
Pasteur figure
à l’article 8 aux cotés de
l’INH et du CNRS.
1958
31 janvier 1958 - Examen par l’Assemblée des
Facultés de
sciences du dossier fourni par le Comité pour la
réforme
des études médicales
Joseph Pérès, doyen
de la fac de sc. à Maurice Bayen, DES adj. MEN
Le comité propose deux voies possibles pour le
PCB
- enseignement de culture scientifique générale
- enseignement dit réaliste limité à
ce qui sera
nécessaire au futur médecin
Le Comité où ne figurant aucun
représentant des
fac de sciences choisit la seconde option argant de
l’insuffisante
formation des classes terminales (secondaire).../ Les fac de sciences
s’élèvent contre ce choix.../ Il faut
remédier aux
insuffisances du système d’enseignement. Il avait
été proposé au moment de la
réforme
‘Bérard’ que le bac grec-philo soit
obligatoire pour les futurs
médecins. Mais c’est celui de math'élem
ou de sciences
ex qu’il faudrait réformer… Si les Fac
de médecine
veulent intégrer leur PCB grand bien leur fase, mais nous
n’avons aucun désir de nous associer à
une
expérience qui rappelle par trop l’A.P.M.
créée en
1943 par le gouvernement de Vichy.
Nos critiques :
- pas assez d’heures de maths,
- le fait d’avoir évincé
l’optique de la physique,
- quid des TP de physique ?
- La chimie, scindée en quatre sous disciplines (chimie
générale, minérale, organique,
biologique),
- la biologie, portion congrue laissée aux facs de sciences.
Il
semble très difficile de traiter correctement en 7 h de
cours
tous les sujets énumérés sous la
rubrique
‘hérédité et
génétique’.../ Il
semble
tout à fait impossible de dépasser une suite de
phrases
assez vides de sens concret si l’on prétend donner
en quatre
heures toutes les notions prévues sous la rubrique
‘l’évolution’ ou sous celle de
l’’influence du milieu,
écologie’. On risque d’aller vers la
conférence
mondaine.
Conclusion : si les directives du comité sont suivies, il
faut
laisser l’ensemble de l’application de la
réforme aux facs de
médecine. Si, par contre, on considère que
c’est en se
bornant à un enseignement trop technique (pseude
réaliste) que l’on risquera de fournir le plus de
données
vite périmées, tandis que les données
générales restent, elles, toujours
nécessaires et
éducatives, si, en conséquence, on estime
indispensable
de limiter le programme PCB à ce qui sera
nécessaire
à un futur médecin,
l’Assemblée des Facs de
sciences propose :
-d’introduire un examen des épreuves
écrites
éliminatoires (réalisable dès juin
1958)
-exiger le bac maths ou sc ex pour s’inscrire en PCB,
-aménager des locaux.
Sinon la Fac de méd reprend le PCB et la fac de sciences
récupère ses enseignants.
26 février 1958 - Comité
interministériel (la
fronde des doyens)
Incident provoqué par le doyen Hermann qui se plaint que ses
interventions n'aient pas été portées
au
procès verbal , ainsi pour la prise en charge du PCB par les
fac de médecine et qui menace de démissionner :
"....vous m'avez opposé l'argument
d'autorité, or
quarante ans de pratique expérimentale m'ont
accoutumé
à une discipline intellectuelle où le sit pro ratione voluntas
n'a jamais
trouvé place. Je me suis donc réfugié
dans le
silence, et si je n'ai pas démissionné, c'est
pressé par mes collègues de rester.... / Depuis
que nous
nous réunissons , il ne s'est pas passé une seule
séance sans que ce qui s'accomplit actuellement dans nos
facultés ne soit critiqué, amenuisé,
parfois
rdiculisé. Notre amertume a été grande
de lire
dans la presse des réquisitoires contre nos
facultés.
Celles ci se sont cabrées il faut que vous le sachiez devant
les jugements injustes que l'on a portés publiquement sur
elles, monsieur le Président, comme vous l'avez
déjà dit publiquement à ceux qui
n'adoptent pas
vos
vues les taxant de 'manquer de l'imagination nécessaire pour
prévoir l'avenir', nous repprochant de nous 'abriter
derrière la fausse application de certains principes pour
défendre des habitudes collectives, des
privilèges
personnels, des abus, des intérêts
particuliers'..../ Il
se
peut que je manque d'imagination, il n'est pas donné
à
tout le monde d'être prophète....Quoi qu'il en
soit
j'écarte d'un mot les autres imputations.
Péjoratives,
elles ne peuvent s'adresser à aucun d'entre nous..." .
Hermann reproche à Debré de dresser les
générations les unes contre les autres.
Souci exprimé par le doyen Binet de voir se provoquer des
scissions au sein des Facs de médecine :
"Les bâtiments non hospitaliers de la Faculté ne
seront
occupés que par une partie bien
délimité et mise
à part du reste du corps enseignant et qui prendra
inévitablement figure d'école
préparatoire. Il a
de plus été mentionné dans nos
discussions que
les prof. de chimie et de physique biologie, de physiologie, verraient
détacher leurs maitres de conf. dans le
différents
hôpitaux universitaires afin qu'il y ait des physiologistes,
des chimistes, des physiciens annexés aux cliniques et
travaillant avec elles et surtout pour elles. Si vous estimez,
messieurs, qu'un tel dispositif ne crée pas une scission
dans
le personnel des facultés, je demande comment il pourrait
s'en
produire une plus grave puisque celle ci écarte du titulaire
ses
collaborateurs immédiats et éparpille ses
élèves.../ Monsieur le président, vous
avez
très clairement exposé votre pensée en
disant
que 'les sciences biologiques doivent être intimement
mêlées aux siences cliniques'. Toutes les
disciplines doivent être liées aux
problèmes
posés par le malade. il faut joindre, topographiquement,
intellectuellement et dans le temps tous ces enseignements et pour cela
réunir étudiants et professeurs à
l'hôpital.../ C'est bien là où je ne
puis vous
donner mon accord, car, avec cette réunion plus formelle que
réelle, que deviendra la recherche ? Faut-il pour qu'elle
s'accomplisse que les hommes de laboratoire travaillent dans un
hôpital et n'est il pas préférable,
plus encore
indispensable, qu'ils conservent l'autonomie, je dirais presque la
liberté qui est actuellement la leur. Je crois d'ailleurs
qu'ils
la conserveront quel que soit le lieu de leur travail et vous les aurez
déplacés inutilement car en quelqu'endroit qu'ils
se
trouvent ils resteront fort heureusement des hommes de laboratoire,
amoureux de leur tranquillité, désireux parfois
d'isolement, attachés à leurs petites ou leurs
grandes
manies, ayant le seul souci d'entreprendre, avec les techniques et
les méthodes qui leur sont propres, ce vers quoi les pousse
l'originalité de leur esprit et dehors de toute application
pratique. Au surplus a-t il fallu cette réunion
hospitalière pour que s'ccomplissent les plus grandes
découvertes médicales de ces cent
dernières
années? Je n'évoquerais pas Claude Bernard et
Pasteur.
Leurs génies nous écrasent. Mais Charles Richet
et Paul
Portier ont ils découvert l'anaphylaxie dans un
hôpital?
Comment McLeod, Banting et Best, s'appuyant sur les travaux
français d'Emmanuel Hédon et de Laguesse, ont ils
découvert l'insuline? Et Hering comme Heymans, les fonctions
du
sinus carotidien? Et comment Flemming, Florey, Chain, Wacksman,
Sherrington, Cannon et Pavlov ont ils travaillé? Et Fourneau
et
Tréfouel et Daniel Bovet, le plus récent prix
Nobel de
Médecine? Et les Cori et Kühn et Windhaus et Karrer
et
Reichstein le père de la cortisone? Et Duvigneau le premier
à effectuer la synthèse d'hormones protidiques?
Et en
France, Ancel, Bouin, les promoteurs de l'endocrinologie sexuelle et
leurs continuateurs, Courrier, Benoit? Et lorsqu'on cite
André
Cournand dont j'admire grandement les travaux, ne convient-il pas de
rappeler que ces sont Chauveau et Marey qui lui ont ouvert la voie en
1863 en introduisant des sondes dans le coeur du cheval?
J'arrête cette énumération que je
pourrais
allonger encore. Elle est à mes yeux
démonstrative de
la valeur imprescriptible de la science pure. Messieurs, croyez vous
qu'un texte législatif puisse aller contre de tels
enseignements
historiques, tous les jours renouvelés. Je suis
assuré
qu'il ne suffira pas de quatre lignes imprimées au J.O. pour
contrebalancer les impératifs des méthodes et la
primauté des esprits créateurs. Mais elles
peuvent les
géner ou les amoindrir...."
Intervention du doyen Giraud :
"Nous sommes des universitaires et nous entendons d'une
façon
absolument formelle le demeurer dans la plénitude de nos
attributions.... Lorsqu'un ministre, au cours d'une période
sinistre de notre histoire a voulu par un coup de force brusque
écarter les Facultés de médecine de
l'Université et rompre le lien il a demandé aux
doyens
leur assentiment. La réponse a été :
'vous aurez
non pas notre assentiment, mais notre démission
immédiate'. Cette attitude sera la notre en toute
circonstance
si une tendance de sécession de cet ordre devait
s'affirmer.../ Il est indispensablee que les mesures prises n'aient pas
pour conséquence l'amenuisement des factultés
provinciales. Il ne faut pas que l'élite de leur personnel
soit attiré par Paris.../ Enfin il convient que l'on ne
méconnaisse pas ce qui été fait
jusqu'à
maintenant. En voulez vous des exemples? Cette fusion des
carrières (sous une forme qui exclut certains
excès que
nous ne voulons pas inscrire dans la formule actuelle) dont vous
parlez comme d'une grande idée nouvelle est
demandée
depuis 1946 par certains d'entre nous. Ce projet avait reçu
l'acueil très faborable de ce très grand
universitaire
qu'on a récompensé des services
éclatants qu'il a
rendus à l'université et à la France,
qu'on a
récompensé de sa magnifique attitude patriotique
en
l'acculant à la ruine et au suicide : le doyen Roussy dont
nous
vénérons la mémoire parce que nous
savons qu'il
fut, face à l'ennemi, un patriote de grand courage et
après la guerre un très grand recteur. J'avais
été heureux de le voir approuver les tendances du
projet qui lui avait été soumis à ce
moment
là..../ L'introduction de l'enseignement des sciences
fondamentales dans les hôpitaux est aussi un des grands
objets de
la réforme, mais nous ne voulons qu'on paraisse ignorer que
dès 1920 dans certaines villes, sous l'implusion des plus
admirables biologistes des temps modernes qui s'appelle Derrien, cette
pénétration a été
instituée. ...
(D'ailleurs) dès 1944, le terme de biologiste des
hôpitaux
a été employé pour les professeurs de
facultés...."
En réponse, Debré fait appel à
l'esprit
bienveillant et de collaboration indispensable ainsi qu'à la
bonne humeur nécessaire à la bonne marche du
Comité.
Hermann reprend sa démission
Robin propose la sienne compte tenu des difficultés
rencontrées lors de ses missions en province. Il croit que
l'ère des compromis est arrivé. Il faut
absolument
que la réforme puisse aboutir, c'est un problème
capital pour sa génération à lui et
à
Dausset. Debré lui demande reprendre sa démission.
Vernejoul reconnait que la recherche médicale
française
subit actuellement un recul du fait de la dispersion des efforts et de
l'absence de crédits
Debré le remercie pour l'appel lancé par l'Ordre
national
des médecins.
A propos de l'article 4, Binet dit que les études et les
travaux
pratiques se déroulent principalement dans les locaux
d'enseignement situés à la Faculté.
Hermann déclare ne pouvoir donner son accord à ce
texte
(art. 4) : l'on ne peut bouleverser toute la structure universitaire en
éloignant le patron de ses étudiants et de ses
maitres de
conf.
Vernejoul estime que les "écuries" d'externat actuelles
nuisent
à la santé des étudiants.
Aujaleu fait remarquer que la réforme en cours aboutit
à
priver la Santé de sa prérogative de nommer les
externes,
elle l'accepte à la condition que la réforme soit
utile
(fin de la double filière).
Creyssel donne son accord pour la suppression de la dualité
actuelle d'examens et de concours.
Creyssel, Giraud et de Vernejoul expriment leurs craintes qu'il n'y ait
pas assez d'internes pour répondre aux besoins futures en
moniteurs.
10 mars 1958 - Comité interministériel
(la question
des hôpitaux)
Aujaleu : un modèle de nouvel hôpital
(CHU) : Nantes.
Clermont Ferrand prêt à être
financé.
Dausset plaide pour Caen.
Problèmes de Nancy et de Marseille, éclatement
géographique.
Debré : il ne faut pas laisser une situation de type
"poursuite
des évènements anciens" perdurer, sinon risque
d’exil.
Berger demande à Aujaleu la liste des hôpitaux
à
construire (avec des dates) « le doigt serait mis dans
l’engrenage
». L’EN serait alors à même de
décider des
priorités à accorder.
Donzelot (DES) : à Strasbourg il a fallu sept ans pour que
la
fac et l’hôpital se mettent d’accord.
Dausset : parlons moins de juxtaposition et davantage
d’intrication des
services.
Donzelot pose la question de la répartition des couts
(MEN-Santé).
24 mars 1958 - Comité interministériel
Giraud : il y a eu des malentendus dans la reproduction du PV
du
26 février dernier...Publications d'articles de presse qui
confinent à la calomnie.
Déclaration de Giraud (demandes d'insertion au PV du 24
février) : 'les vivacités de la
dernière
séance qui sont demeurées heureusement
courtoises, ne
doivent nullement être interprétées
comme
traduisant une hostilité à une réforme
hardie,
mais sage, que nous appelons de tous de nos voeux. Elles ne doivent
pas davantage être considérées comme
des
attaques personelles à l'égard d'un
Président du
Comité (Debré) qui est un très ancien
ami,
à l'égard duquel notre
déférence est
entière et dont nous n'avons cessé d'admirer la
prestigieuse carrière et la remarquable et tenace
énergie....'
Poursuite de
l’examen du
projet de loi, problème du plein temps
Vernejoul y est favorable, mais
problème
création de postes. Position du Conseil de l’Ordre
:
l’indépendance du médecin
présente un double
aspect, le droit du malade de choisir son médecin et la
liberté du médecin de rester en contact avec le
public.
Il faudrait éviter de créer un corps de
professeurs qui
se couperaient des préoccupations des médecins en
contact avec la clientèle de tous les jours.
Debré : des mesures transitoires sont prévues
Vernejoul : et le droit des malades graves de rester chez eux ?
Fauvert : les examens nécessitent l’hospitalisation
Clément Michel (dir. Sécurité sociale)
: Est ce
à la sécu de payer des enseignants ? Il faut
doter
l’hoîtal public des moyens de concurrencer les
cliniques
privées (et il faut réglementer ces
dernières)
Creyssel : déplore qu’on ne fasse pas confiance
aux
médecins…
Debré : la réforme est dertinée
à la
nouvelle génération. Elle
n’empêche pas de
réserver les droits de ceux qui sont installés
dans la
vie, dans leur carrière et dans leur ville.
Aujaleu intervient pour le maintien du caractère
exceptionnel de
l’option lits privés.../ Pour le corps enseignant
(Fac
méd) : on pourra faire appel à du personnel des
autres
Facultés, voire à du personnel venant des
organismes de
recherche, INH, CNRS.
DES, Fontaine (et Giraud) pensent que si certains professeurs demeurent
en dehors de la carrière hospitalière l'on ouvre
une
brèche dans le système unitaire et la fusion des
carrières qui sont à la base du projet de
réforme étudié par le
Comité. D'autre part
on ne peut imposer à tous la carrière
hospitalière
ce qui serait difficle à admettre tant pour certains que
pour
l'administration....
Creyssel constate que si l'on garde le principe unitaire dans sa
rigidité, tous les professeurs devront passer par les
différents échlons de la hiérarchie
hospitalière
Dausset remarque que la difficulté concerne surtout les
professeurs issus du 3ème cycle et qui se seront ensuite
lancés dans la carrière de la recherche. Il est
alors
important de les faire entrer à l'hôpital pour
faciliter leurs travaux de recherche.
DES : mais faudra t il leur attribuer des lits pour autant?
Aujaleu : on peut classer les professeurs de Facs de méd. en
trois catégories
1/ ceux qui auront suivi la filière hospitalo universitaire
(aucun problème)
2/ ceux qui ne l'auront pas suivi, mais auxquels des laboratoires
pourront être confiés
3/ ceux pour lesquels il n'existe aucune correspondance
hospitalière (c'est pour ces derniers que la
difficulté
existe)
DES craint qu'avec une telle mesure des profs venant de diverses
facultés (sciences, lettres, droit) ne puissent
être
nommés. Debré est d'accord. DES estime qu'il
faudra
ademettre le principe de la fusion des carrières, au risque
de
stériliser le troisième cycle.
2 avril 1958 - Leclainche (dir de l'Assistance publique de
Paris)
à MEN
Pour faire appliquer par le préfet de la Seine la
dénonciation de la convention du 23 oct 1920
régtissant
les rapports entre AP-HP et la Fac de médecine de Paris au
sujet de la mise à la dispostion de la dite
faculté de
lits de clinique.
10 avril 1958 - Aujaleu à MEN pour transmettre les
résultats d'une enquête sur les
possibilités
d'adaptation des hôpitaux des villes universitaires
à
leurs nouvelles fonctions d'enseignement.
Il apparait que le CHU tel qu'il a été
défini
par le comité interministériel pourra
être
réalisé au cours des années
à venir dans
les
trois villes suivantes : Paris, Limoges, Nancy.../ Des blocs
hospitaliers sont en cours de construction à
Clermont-Ferrand, Dijon, Marseille, Nantes, Rennes..../ Il ne saurait
être actuellement question de modifier
profondément leurs
plans, mais une adaptation parait possible qu'il conviendra
d'étudier. Il sera plus souvent obtenu une juxtaposition
qu'une
imbrication des différents services (hospitalisation -
enseignement - recherche).../ Comme je vous le signalais dans ma
lettre du 24 mars, il importe de régler au plus
tôt et
d'une manière précise les différentes
questions
que posent la participation de votre Département aux frais
d'équipement, d'entretien et de fonctionnement des
Hôpitaux
de ville de Faculté ou d'Ecole de médecine.
16 avril 1958 - Comité interministériel
(les concours
hospitaliers)
Vernejoul fait état des protestation des prof. de
méd. des hôpitaux," là où
est formée
l’élite de la médecine
française". Deux projets
sont en présence, celui du Comité et le projet
‘Giraud'.
En fait Giraud et Creyssel proposent une autre
rédaction
pour les articles 12 et 13 : principe d’un examen de
pré
sélection. Un référendum a
été
organisé à Lyon et à Montpellier.
Fontaine : les universitaires tiennent à la
sélection
précoce par les examens.
Bugnard : la seule solution pour supprimer le bachotage est d'augmenter
le nombre de places d’internat et d’assistanat.
Debré : la jeunesse a besoin de faire prevue de sa valeur
par
des connaissances d’ordre général. Pour
l’appréciation de ces connaissances, un concours
est
nécessaire. Le système actuel est
stérilisant
non lorsqu’il fait appel à la mémoire
mais parce
qu’il prévoit une succession de concours qui
laissent les
candidats dans l’incertitude sur leur sort pendant plusieurs
années.../ Il fustige le népotisme de la
corporation.../
Il est donc nécessaire d’avoir des
épreuves
écrites rigoureuses juste après
l’internat et de
prévoir un recrutement national vrai.
Le projet Giraud défend le principe de l’
« épreuve
des titres » pour assurer la nomination définitive.
Fontaine : craint que le système Debré
n’écarte de
la carrière hospitalière-universitaire des
candidats
valables.
Debré fait une proposition de synthèse : un
concours
à visage découvert national pour les maitres
assistants.
Epreuve simple laissant pratiquement aux patrons le choix de leurs
assistants.
Bugnard : il n’y a pas de raison de faire attendre certains
sujets
brillants déjà dotés de titres divers
et qui ont
tout intérêt à en terminer au plus vite
avec la
première épreuve.
Giraud : l’administration tient à ses concours.
L’administration
de la Santé tient absolument à ce qu’il
y ait à un
moment donné une épreuve nationale anonyme
stricte
à caractère de concours. D’accord, mais
nous
considérons comme capital que cette épreuve soit
initiale et non pas terminale de façon à ce que
les
candidats qui auraient franchi cette étape soient
définitivement libérés de cette
épreuve de
mémoire.
Les biologistes sont favorables au concours national, pas les
cliniciens.
1er juin 1958 - Exposé des motifs de la
réforme du PCB
Le régime actuel est fixé par un
décret du 23
janvier 1934.../ Transformation beaucoup plus considérable
que
la
création de l’APM en 1943, mais cette
dernière
réforme n’a été que
provisoire.../ Malgré
des ajustements, en particulier
l’arrété du 28
septembre des critiques ont été
formulées et on a
réuni des commissions.../ La réforme (actuelle)
prévoit la coopération fac méd - fac
sc.
déjà posée par le décret de
1934, mais qui
n’avait pu être mise en œuvre faute de
moyens.../ Il est
prévu des commissions ad hoc dans les fac de
médecine
pour
répartir enseignement thérorique et enseignement
pratique.
1 juillet 1958 - Comité interministériel
(discussion
de l’avant projet de
troisième cycle préparatoire à la
recherche
biologique)
Faut il confier le troisième cycle à la
fac de
méd. ou à la fac de sciences ?
Debré et Dausset : la biologie relève de trois
Facultés : Médecine, Pharmacie et Sciences,
d’où
l'intérêt d’une collaboration.
Creyssel et Hermann se disent pour un 3° cycle exclusivement
médical.
Giraud pose le problème de l' équivalence
internat-3°
cycle.
Debré : le 3° cycle doit former des chercheurs pour
toutes
les branches de la biologie, la communication entre facultés
est
indispensable. Presque toutes les découvertes jaillissent
dans
les zones frontières entre les différentes
disciplines.
La
liberté de choix entre les trois facettes assurerait le
maximum
de richesse et de souplesse à cet enseignement. Le jury
serait
toujours mixte.
23 juillet 1958 - Debré (lettre manuscrite)
à Rolland
(DES)
Cher monsieur et ami, comme je viens de l'écrire
à m.
...., l'entretien avec le président du Conseil a eu lieu
hier.
Le
général de Gaulle a écouté
avec
intérêt et bienveillance l'exposé de
notre projet
de
réforme. Je ne lui ai pas caché la force des
objections
et oppositions. Je lui ait dit aussi la sympathie marquée
par
les deux directions intéressées et
particulièrement celle de l'Education nationale. Comme je
vous
l'avais indiqué, j'avais au préalable rendu
visite
à m. Devaux (dir. du Budget) qui m'a paru favorable et
désireux d'étudier sans esprit d'opposion le cout
de
la réforme. Peut être l'avez vous vu
déjà?
Il
m'apparait pour le moment que je n'ai rien d'autre à faire.
Toutefois, j'ai fait préparer par mes collaborateurs
assistants
chefs de clinique la liste des problèmes quasi inextricables
que
pose l'établissement des mesures de transition. Je serais
heureux
d'avoir des nouvelles si vous aviez quelques informations à
me
communiquer et je vous souhaite après une lourde
année de
labeur un bon débarquement et un beau temps en Espagne.
29 juillet1958 - Aujaleu à DES
Pour demander modifications sur les conseils de discipline
Septembre 1958 - Note interne (DES) sur la question des
assistants
Parmi les agents soumis au futur statut figurent les
assistants de
clinique et les assistants de biologie (art 10 et 11 ordonnance) qui
constituent la base de la hiérarchie de personnel enseignant
et
hospitalier
Le concours d’internat n’est pas
modifié, mais il est
prévu dans les aménagements du projet de loi que
les
étudiants reçus externes parmi les premiers dans
les
écoles de médecine pourront se
présenter
à l’internat de la ville de faculté
dont dépend
leur école de médecine. Il est souhaitable
qu’une
mesure analogue s’applique pendant la période de
transition aux
externes nommés par l’ancien
système.../ Les anciens
internes ne s’étant
présentés à aucun
concours d’assitanat ou de chef de service peuvent concourir
dans le
nouvau système seulement.../ Admission à
l’agrégation : dans certains facultés
où ce titre
jouit d’une cote élevée car il est
acquis par un effort
important. Dans d’autres, il n’a que
très peu de valeur. Il
faut faire une étude Faculté par
Faculté et
envisager des mesures sur le plan local.
6 octobre 1958 - Comité
interministériel, R. Poignant diffuse le projet
d’Ordonnance
Titre I des études médicales
Titre II : de la recherche médicale
Art 8 : le personnel médical (PU-PH) doit contribuer au
développement de la recherche médicale. Les CHU
CHR
peuvent conclure des conventions avec tout organisme de recherche
public ou privé (CNRS, INH)
Art 9 : Des enseignements de troisième cycle
préparatoires à la recherche sont
organisés par
les
fac de méd. Les eenseignants sont des
personnalalité
qualifiées appartenant à d’autres fac
ou à
tout organisme de recherche public ou privé
(prévoir des
chaires spéciales)
Titre III : du personnel médical, enseignant et hospitalier
Titre IV du fonctionnement des CHU
Titre V dispositions financières
Titre VI dispositions diverses (mesures d’applications)
13 octobre 1958 - Doyen Giraud à DES
Pour déplorer qu’il n’y ait
pas l’équivalent du
dynamisme d’un Conseil supérieur de l'Education
nationale
à la Santé et se plaindre des insuffisances du
Conseil
supérieur des hôpitaux.
Novembre 1958 - Note DES sur le projet d’ordonnance
relative
à la réforme de l’enseignement
médical
Fusion des carrières et plein temps, c’est le
caractère
systématique des mesures proposées qui
soulève le
plus d’opposition. Le rapport adopté par le
Conseil national de
l’Ordre critiquant cet esprit de système pose le
problème
de la superposition exacte des nécesités
hospitalières et des nécessités de
l’enseignement. C’est là tout le
problème car le prinicpe
même de la fusion des carrières
hospitalières et
universitaires n’a pas soulevé des critiques
majeures. Il me
paraît donc qu’il convient de
s’écarter de la
volonté ‘moniste’ du
président Debré et de laisser
aux ministres de tutelle la possibilité de maintenir en
vigueur,
aussi longtemps qu’il sera nécessaire dans tout ou
partie d’un
centre hostitalier, le
système traditionnel.
5 novembre 1958 - Assemblée
générale de
la Fédération des hôpitaux
Compte rendu du projet de réforme.
L’exercice de la
médecine à l’hôpital : la
question du partage des
responsabilités entre cliniciens et administration
hospitalière.
2 décembre 1958 - Note Rougvin-Baville à
I.G. Rolland
sur le projet de réforme des études
médicales
Nécessité d’une
réforme : Il n’est pas
douteux que le niveau des études médicales en
France est
dangereusement compromis par l’état des choses
actuels…/ La
hausse du nombre d’étudiants rend impossible la
formation
clinique individuelle, les concours hospitaliers détournent
les meilleurs éléments de la
préparation des
examens universitaires, quant aux autres ils obtiennent leur
diplôme sans avoir été suffisement en
contact avec
les malades. on s’explique la dévalorisation du
système
médical français non reconnu aux Etats-Unis un
refus qui
se fonde essentiellement sur le trop petit nombre de maitres et le
caractère insuffisamment pratique de
l’enseignement
français.../ La réforme ne porte pas atteinte au
principe
de la médecine libérale qui continuera
à
être exercée comme
précédemment par la
quasi totalité des médecins français.
Seuls
les médecins de CHU ne pourront plus avoir de cabinets en
ville, mais ils pourront recevoir des malades privés
à
l’hôpital. Le nouveau régime ne
s’imposera d’ailleurs
qu’aux médecins issus des futurs concours, les
médecins
en
poste actuellement ayant une option entre le statu quo et le
‘plein
temps’.../ Accueil du projet par le corps médical
: le principe
d’un rapprochement de l’hôp. et de la fac
n’est contesté
par personne. Cependant des craintes ont été
formulées par rapport à deux modalités
du projet
initial du comité interministériel : le principe
du
plein temps absolu et obligatoire, le principe du concours national
pour le rerutement de médecins des hôpitaux, mait.
de
conf. à la fac.
11 décembre 1958 - Conseil d’Etat,
extrait du registre des
délibérations (Barjot rapporteur)
Depuis des années, des voix de plus en plus
nombreuses et
aussi des plus autorisées n’hésitent
pas à
affirmer
que notre régime d’études
médicales a cessé
de répondre à ce qu’on est en droit
d’attendre de lui.
Partagés entre la Faculté et
l’hôpital, nos
étudiants s’ils veulent acquérir la
savoir clinique
inidspensable, n’ont d’autres ressources que la
voie de l’externat
et de l’internat, où peuvent seuls
s’engager en nombre
réduit d’entre eux…./ D’autre
part, l’activité des
hôpitaux sous sa forme médicale ne
s’exerce plus durant
une grande partie de la journée que de manière de
plus
en plus réduite. Or, si une telle organisation a pu
paraître jadis satisfaisante, ou du moins admissible, il
n’en
est plus ainsi depuis les changements considérables
intervenus
tant dans la qualité des usagers que dans
l’équipement de
ces établissements…./ Il n’y a
d’ailleurs pas que
l’inconvénient financier de laisser sans emploi,
souvent pendant
la majeure partie de la journée, des matériels
qui ont
fréquemment exigé des investissements
d’une grande
ampleur. Elle tient aussi à ce que ce non emploit peut avoir
sur
l’efficacité et la durée des soins
médicaux…/ (En
définitive), le fondement de cette réforme se
trouve dans
la liaison oranique qui sera dorénavant établie
entre
l’hôpital et la faculté et, par
là même,
entre la clinique et les sciences dites fondamentales.
17 décembre 1958 - Télégramme
du Conseil de
l'Ordre à MEN
Pour attirer attention sur les conséquences
qu’entraineraient pour les malades non
hospitalisés les
dispositions légales contraignant sans exception des chefs
de service à consacrer la totalité de leur
activité professionnelle à
l’hôpital et leur
interdisant de ce fait de visiter à domicile des malades
graves
et parois même en danger de mort…./ La
responsabilité de
MM. les ministres sur la responsabilité qu’ils
encoureraient en
promulgant une ordonnance qui n’a pas tenu compte des
modifications
légères, mais indispensables,
demandées par las
facs de méd. et des corps hospitaliers.
(Signé : PVR,
D’Allaines,
René Moreau, Jean Delay, Justin Besançon, Brouet,
Jean
Louis Cortat, Jacob, Lucien Léger, de Vernejoul).
Note de l’IG
Rolland au MEN (à
propos du précédent)
Il semble que les signataires n’ont pas eu
connaissance du texte
de l’ordonnance tel qu’il résulte des
délibérations
du Conseil d’Etat, dérogations au
régime plein temps.
Dans
l’esprit des auteurs du texte, ces dérogations en
effet doivent
être considérées comme normales. Tous
les chefs de
service pourront recevoir des malades privés à
l’hôpital et pourront être
appelés en consultation.
Si j’ai bien compris la pensée du
ministère de la
Santé, on entend seulement interdire aux médecins
plein-temps d’avoir un cabinet en ville et
d’opérer dans les
cliniques privées.
31 décembre 1958 - Publication au J.O. de
l'Ordonnance
n° 58 1373 du 30 déc 1958 relative à la
création de Centres hospitaliers et universtitaires,
à
la réforme de l’enseignement médical et
au
développement de la recherche médicale