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Les cahiers du CCNE, n° 49, octobre-décembre 2006
Questionnements éthiques dans les recherches sur la reproduction humaine
André Boué, membre du CCNE
Dans le débat éthique, la prise en compte des connaissances scientifiques est la première étape incontournable. Jusqu’à
la moitié du vingtième siècle, les activités médicales dans le domaine
de la reproduction concernent la santé de la femme enceinte, en
particulier lors de la partition, et la santé du nouveau-né.
Malheureusement, c’est encore la situation dans de nombreuses parties
du globe. Les recherches dans le domaine de la reproduction
humaine commencent dans les années 1940 à Boston, grâce à une équipe
constituée de Gregory Pincus, pionnier de la contraception, qui
expérimente les premières pilules contraceptives à Porto Rico, Arthur
Hertig, anatomopathologiste, et John Rock, gynécologue, qui apportent
les premiers résultats d’études sur les échecs de la reproduction, en
montrant, d’une part la fréquence des arrêts du développement
embryonnaire pendant les deux premières semaines suivant la fécondation
et l’implantation et, d’autre part, que les avortements spontanés
étaient dus essentiellement à des anomalies du développement de
l’embryon, rarement de causes maternelles.
Sur le plan éthique,
les essais de Pincus et les recherches de Hertig et Rock sur l’embryon
implanté n’auraient pas aujourd’hui un avis favorable d’un comité
d’éthique A partir de 1960, le développement des techniques de
cultures cellulaires in vitro, puis la description par Tijo et Levan du
caryotype humain, vont permettre l’analyse cytogénétique des arrêts du
développement et montrer que les anomalies morphologiques décrites par
Hertig étaient dues avant tout à des erreurs numériques du caryotype de
l’embryon. Dès cette époque, en combinant les études
démographiques et les observations cliniques des arrêts de la
grossesse, on estime que la moitié environ des fécondations sont
perdues avant la date prévue des règles et que 25% des grossesses alors
reconnues vont s’arrêter. On a pu écrire : la reproduction humaine est
un processus remarquablement inefficace. Parallèlement, les
travaux sur la reproduction de mammifères domestiques ou la souris
apportent des observations très différentes, difficilement
transposables à l’espèce humaine. Ainsi, l’insémination artificielle
est devenue la routine pour la reproduction de mammifères domestiques
(plusieurs millions chaque année en France), avec plus de 60 % de
naissances, alors que chez l’homme on obtient environ 10% de naissances
après insémination artificielle.
A partir de 1975 commence une
nouvelle période avec les applications des connaissances dans la
pratique médicale et les débuts de la réflexion éthique. La loi
Weil de 1975 permet les diagnostics prénatals qui avaient été appliqués
par quelques équipes dès 1970, malgré les interdits de la loi
répressive de 1920 sur les interruptions de grossesse. Les laboratoires
se multiplient, la réglementation est organisée. Aujourd’hui, environ
90 000 diagnostics prénatals sont réalisés chaque année en FrLa loi
Weil de 1975 permet les diagnostics prénatals qui avaient été appliqués
par quelques équipes dès 1970, malgré les interdits de la loi
répressive de 1920 sur les interruptions de grossesse. Les laboratoires
se multiplient, la réglementation est organisée. Aujourd’hui, environ
90 000 diagnostics prénatals sont réalisés chaque année en France.
Parallèlement, la visualisation de l’embryon in utero par des
échographies de plus en plus performantes fait que l’embryon n’est plus
un patient caché. En 1978, la naissance du premier enfant par
fécondation in vitro (FIV) ouvre un nouveau domaine de la médecine de
la reproduction, l’embryon est conçu et développé in vitro.
Aujourd’hui, en France, une centaine d’équipes médicales sont
autorisées pour les pratiques d’assistance médicale à la procréation et
chaque année, environ 50 000 cycles de FIV conduisent à la naissance
d’environ 12 000 enfants. Ces pratiques médicales viennent
confirmer les données sur les échecs de la reproduction, dues en grande
partie à la fréquence élevée des anomalies du nombre ou de la structure
des chromosomes, aussi bien dans les ovocytes (1 sur 5) qu’au cours des
premiers stades du développement embryonnaire. L’ensemble de ces
progrès pose de graves problèmes éthiques, qui conduisent François
Mitterrand, aidé par Jean Bernard et Philippe Lazar, à créer le Comité
consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la
santé (CCNE) en 1983, une première mondiale. En mai 1984, est
publié le 1er avis du CCNE et, ce n’est pas une surprise, il s’intitule
«Avis sur le prélèvement de tissus d’embryons et de foetus humains
morts à des fins thérapeutiques, diagnostiques et scientifiques». Ce
n’est que le commencement d’une discussion interminable qui ne fait que
s’amplifier. Ensuite, la moitié des 20 premiers avis portera sur des questions éthiques liées à la reproduction humaine. Enfin,
après huit années de réunions, de projets, de navettes entre
Gouvernements, Parlements, Conseil d’Etat, la loi de bioéthique est
adoptée en 1994 et sera revue en 2004. Depuis 1990, on assiste à une
évolution dans les programmes de recherches concernant l’embryon, qui
demandent de nouvelles réflexions éthiques.
Jusque là,
l’acquisition des connaissances résultait de techniques plus ou moins
artisanales (les cultures in vitro par exemple) qui ne nécessitent pas
un appareillage sophistiqué et un gros investissement financier. En
outre, les connaissances acquises ont conduit rapidement à de larges
applications médicales bénéficiant d’une prise en charge financière de
la sécurité sociale. Apparaissent alors de nouvelles technologies
très performantes, biologie moléculaire, nanotechnologies, informatique
etc, qui ouvrent des possibilités extraordinaires dans l’acquisition
des connaissances fascinant les équipes de recherche. Mais ces
programmes sont ou vont être d’une durée difficilement prévisible, ils
demandent un appareillage coûteux, donc des ressources financières
importantes dépendant des subventions étatiques ou d’associations, ou
d’investissements dans l’espoir d’applications commerciales rentables. La
réflexion éthique sur ces nouvelles recherches sur l’embryon demande
d’abord une analyse critique des résultats obtenus chez les mammifères
et en particulier la souris, et aussi des connaissances acquises dans
le cadre de l’assistance médicale à la procréation. Parmi les
nouvelles technologies performantes, le diagnostic préimplantatoire par
l’analyse moléculaire d’une seule cellule prélevée sur un embryon
obtenu par FIV est déjà appliqué par quelques laboratoires autorisés
par la loi.
Il convient maintenant d’analyser l’expérience acquise
ces dernières années. Les couples demandeurs ne sont pas stériles et il
faut recourir à la FIV et à ses contraintes pour la femme. Les chances
de donner naissance à un enfant sain sont faibles et inférieures aux
résultats de la FIV chez des couples stériles (16 à 20% au lieu de 20 à
25%). Les équipes responsables informent les couples demandeurs de ces
problèmes, et de nombreux couples abandonnent leur demande et ont
recours au diagnostic prénatal. Les équipes limitent à trois le nombre
de tentatives pour des femmes de moins de 35 ans. L’application du
diagnostic préimplantatoire est réservée à «des couples ayant un risque
élevé de transmettre à leur descendance une maladie génétique grave et
incurable». Récemment, quelques laboratoires, en particulier aux
Etats-Unis, ont proposé un diagnostic préimplantatoire par analyse de
gènes qui, dans certaines familles, peuvent déterminer un cancer
(polypose, rectocolique, sein, . . ) . Il ne s’agit que de gènes de
prédisposition et certains cancers sont d’apparition tardive. Il faudra
attendre plusieurs années pour évaluer ces diagnostics ; en outre, pour
le cancer du sein en particulier, les sujets non porteurs de ce gène
ont, comme la population générale, un risque de 1 sur 10 de développer
un cancer du sein. Dans les annonces médiatiques on omet de
signaler les contraintes de la FIV pour la femme et le faible taux de
naissances, donc la répétition des diagnostics. Par contre, on n’oublie
pas de signaler le coût, autour de 20 000 dollars et même avec, comme
«bonus», le diagnostic de la trisomie 21 pour seulement 2 000 dollars
supplémentaires Les progrès réalisés depuis des années dans les
applications de la thérapie cellulaire conduisent à envisager leur
extension, ce qui nécessite la recherche de sources possibles de
cellules souches (le sang du cordon par exemple). Les recherches
sur la souris ont permis le développement de lignées de cellules
souches embryonnaires totipotentes, celles-ci pouvant expérimentalement
produire les cellules différenciées qui forment un organisme. On espère
pouvoir obtenir des résultats identiques à partir de cellules d’embryon
humain. La pratique des fécondations in vitro a généré un grand
nombre d’embryons excédentaires qui sont conservés dans l’azote
liquide. En France, plus de 130 000 embryons sont ainsi conservés, les
parents ont consenti à d’éventuelles recherches pour 6 000 embryons et,
d’autre part, 30 000 sont abandonnés.
Outre les prises de position
idéologiques approuvant ou condamnant l’utilisation de ces embryons
pour des recherches, il faut tenir compte des problèmes éthiques
importants posés par les pratiques de recherches ou par d’éventuelles
applications médicales. Concernant les embryons conservés, il faut
d’abord disposer de toutes les données médicales sur les parents de
chaque embConcernant les embryons conservés, il faut d’abord disposer
de toutes les données médicales sur les parents de chaque embryon, de
la même manière que les renseignements pour les dons d’organes ou de
spermatozoïdes. Le tout respectant une totale confidentialité. Le
succès dans le développement d’une lignée cellulaire va dépendre en
grande partie des caractères génétiques de l’embryon et de leur
stabilité. Il existe en effet une grande différence avec les résultats
obtenus sur l’embryon de souris où on observe peu d’anomalies
chromosomiques dans l’ovocyte et peu de constitutions de mosaïques
chromosomiques au cours des premiers stades du développement. Dans
l’embryon humain de huit à douze cellules, une analyse cytogénétique
sophistiquée de chaque cellule a montré que pour seulement un tiers des
embryons, toutes les cellules avaient un caryotype normal, les autres
avaient des mosaïques chromosomiques avec des anomalies numériques et
de structure. Il faut aussi tenir compte de l’état épigénétique
instable pendant la culture, mis en évidence dans le clonage des
mammifères. En outre, ces cellules souches embryonnaires peuvent
développer des tératomes qui, bien que non malins, demandent des
recherches pour évaluer leurs évolutions. Avant d’envisager une
possible application médicale des cellules souches embryonnaires, il
faut éclaircir tous ces problèmes, mettre au point des méthodes pour
les déceler et éventuellement les prévenir. Tout cela demande
l’utilisation de nombreux embryons et du temps.
Malgré une
abondante littérature décrivant sérieusement les difficultés de ces
recherches, on voit publier des premières médiatisées. Le 25 août 2006
était annoncée la possibilité d’établir une lignée de cellules souches
embryonnaires à partir d’une seule cellule de l’embryon, en évitant sa
destruction grâce à la technique de prélèvement utilisée dans le
diagnostic préimplantatoire. En fait, ce sont seulement deux lignées
qui ont été obtenues à partir de 91 cellules prélevées sur 16 embryons
qui, ainsi, ont été détruits. L’utilisation de cette technique
nécessiterait plusieurs embryons pour réussir la création d’une lignée
cellulaire et on ne précise pas quel serait le devenir de ces embryons
après le prélèvement, en créant ainsi une source d’embryons d’occasion
! L’éditorial du Lancet qui rapportait les données réelles,
précise que la seule chose certaine de l’article était contenue dans
les remerciements pour un support financier de 15,5 millions de
dollars, avec ce commentaire de l’éditorial « This research has clearly
raised the hopes of some ». On a appris, depuis, que la valeur des
actions de la société avait quadruplé quelques heures après la
publication. Le 23 novembre, l’équipe scientifique a reconnu n’avoir
pas réussi cette première. Outre toutes les questions éthiques sur
l’utilisation thérapeutique des cellules souches embryonnaires, se pose
le problème de l’incompatibilité entre ces cellules et le système
immunitaire de l’organisme du receveur et, pour éviter le rejet, il
faut instituer une thérapie immunosuppressive permanente. Pour les
greffes de cellules souches hématopoïétiques allogéniques, on dispose
dans le monde de quelques millPour les greffes de cellules souches
hématopoïétiques allogéniques, on dispose dans le monde de quelques
millions de donneurs potentiels HLA-compatibles. Il faudrait donc
constituer des banques de cellules souches embryonnaires et combien
? » Vaste programme ! C’est pour tenter de résoudre ce problème qu’a
été suggérée la création par clonage de lignées cellulaires
totipotentes par transfert, dans des ovocytes, du génome de cellules
somatiques du patient à traiter, d’où les espoirs nés dans le « clonage
thérapeutique». On a une large expérience des problèmes du clonage
reproductif chez les mammifères domestiques : très faible taux de
réussite, manifestations pathologiques impressionnantes au cours de la
gestation et après la naissance. Ces échecs ne résultent pas
uniquement d’erreurs dans la transmission des caractères héréditaires
de la cellule somatique transférée, mais de dysfonctionnements dans les
mécanismes épigénétiques qui agissent comme des interrupteurs, qui
«allument» ou au contraire «éteignent» le fonctionnement d’un gène (au
premier plan, la méthylation). Dans le clonage par transfert nucléaire,
la cellule somatique est fortement méthylée, la déméthylation est
imparfaite et aléatoire, et la reprogrammation va souvent être
désordonnée et incomplète. Les recherches sur le clonage ont été
éclairées par les observations sur les essais de clonage chez les
primates non humains. L’analyse des échecs, qui sont constants, a
montré des dérèglements dans la ségrégation des chromosomes dès les
premières divisions mitotiques des cellules embryonnaires, cela du fait
d’erreurs dans la constitution et l’assemblage du fuseau mitotique
causées par l’absence de deux protéines indispensables. Ces
observations ont étayé, sur le plan scientifique, les interdictions du
clonage reproductif chez l’homme.
En 2004-2005, la communauté
scientifique avait pensé que l’équipe sud-coréenne du Professeur Hwuang
Woo Suk avait trouvé une méthode pour contourner chez l’homme le
mécanisme moléculaire des erreurs observées chez les primates. Ces
résultats étaient d’ailleurs publiés dans des journaux scientifiques
éminents. En fait, il s’agissait d’une incroyable falsification
qui a été analysée et condamnée dans un rapport de l’université
nationale de Séoul. Outre les détails scientifiques de ces
manipulations, le rapport met en évidence une question éthique qui ne
manquera pas d’être soulevée, aussi bien dans les recherches que dans
l’application médicale si elle devient possible un jour. Pour
l’ensemble des travaux coréens ont été collectés 2 061 ovocytes obtenus
de 129 femmes après un ou plusieurs cycles hormonaux. Même si on
améliore avec succès les techniques de transfert nucléaire, il y aura
toujours un pourcentage élevé d’échecs dans le transfert lui-même et
dans l’établissement d’une lignée de cellules souches. Il faudra donc
beaucoup d’ovocytes. Déjà aujourd’hui, dans le domaine de la
fécondation in vitro nécessitant un don d’ovocytes, on se heurte à une
pénurie de dons alors qu’il y a une application médicale indiscutable. Les
données scientifiques sur la reproduction humaine en général et sur
l’embryon en particulier doivent servir de base aux réflexions éthiques
en vue des applications médicales possibles.
Mais d’autres
questions primordiales doivent être rappelées, concernant les
publications scientifiques, quant à leur diffusion médiatique,
questions qui avaient déjà été soulevées dès 1995.
1
- La mauvaise
conduite dans la recherche médicale analysée dans le rapport
«Misconduct in Medical Research» des European Medical Research Councils
(EMRC) a été publié dans le Lancet, par les directeurs de l’Inserm et
du Medical Research Council (MRC). Au premier plan, figurent les
fraudes et la falsification des résultats ; cela est tristement
illustré par les fausses publications rapportées dans ce texte. Le
rapport précise les facteurs responsables : pression pour publier, en
particulier pour obtenir un support financier, ambition personnelle -
en particulier de carrière -, gains financiers directs et, enfin,
troubles psychiatriques. En dehors de ces fraudes, il faut mentionner
les oublis volontaires de références qui pourraient nuire à l’optimisme
d’une application. Par exemple, on ne signale pas, dans les articles
sur le diagnostic préimplantatoire, les contraintes pour la femme, le
faible taux de réussite dans les projets de clonage thérapeutique, la
nécessité de multiples ovocytes On peut aussi redouter, si, un jour, le
clonage thérapeutique est réalisable, le passage clandestin à un
clonage reproductif et qui ne sera pas uniquement le résultat de
troubles psychiatriques. On a vu que la liste des cas de «misconducts»
de 1995 n’était pas close et on peut en redouter d’autres.
2
- En mai 1995, le CCNE présentait l’avis 45 : «Les questions éthiques
posées par la transmission de l’information scientifique relative à la
recherche biologique et médicale» dont voici un extrait : « Des
faits récents en nombre croissant - annonces inconsidérées, rétention
d’information, connivences intéressées, tentatives de manipulation des
décideurs, propagation inquiétante d’idées fausses - incitent à penser
qu’à ces difficultés classiques de transmission d’informations
scientifiques viennent désormais se surajouter des dérives nouvelles,
particulièrement en matière biologique et médicale ». Une dizaine
d’années après ces textes, les questions éthiques n’ont fait que
s’accroître avec la multiplication et la rapidité des moyens de
diffusion de l’information et la recherche du «scoop» plutôt qu’une
analyse. C’est ce qui, en anglais, est résumé par l’expression «hype
and hope», battage médiatique et espoir. Derrière toutes ces
dérives, il y a l’argent et les profits évoqués dans le dernier avis du
CCNE sur la «commercialisation des cellules souches humaines ».
Les
informations scientifiques influencent les prises de position, parfois
passionnées, dans les mondes religieux, politiques, juridiques,
philosophiques, associatifs, qui ont du mal, ou ne veulent pas,
discerner le raisonnable. Pendant la deuxième moitié du 20ème
siècle, l’acquisition des connaissances dans le domaine de la
reproduction a permis une application médicale immédiate dans la
contraception, l’assistance médicPendant la deuxième moitié du 20ème
siècle, l’acquisition des connaissances dans le domaine de la
reproduction a permis une application médicale immédiate dans la
contraception, l’assistance médicale à la procréation, et la médecine
et les diagnostics prénatals. Il en est résulté dans nos sociétés une
transformation de la vie des femmes et de la famille. Depuis une
quinzaine années, l’acquisition des connaissances, en particulier sur
les cellules embryonnaires, a encore fait des progrès importants, mais
l’application à la médecine est encore hypothétique et lointaine. Il
faut se rappeler ce que nous avons vécu avec la thérapie génique, en
créant, pendant des années, de faux espoirs pour les patients et les
familles d’enfants atteints de maladies génétiques - myopathie,
mucoviscidose,… Il faut modérer les annonces et les prises de
position tapageuses, et suivre le titre de l’éditorial de la revue
Science en 1995 : « Less hype, more biology needed ».