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André Boué est né le 19
janvier 1925 à Cherbourg. Il a mené ses études
secondaires au lycée Victor Grignard de Cherbourg et ses
études supérieures à la faculté de
médecine de Paris.
Externe des hôpitaux de Paris (1945).
Docteur en médecine (1950).
André Boué part pour Téhéran où il
monte un service de réanimation (1950-1958). Il travaille
également à l’Institut Pasteur de Téhéran
en tant que chef de laboratoire (1950-1953) et chef de service
(1954-1958).
Responsable d’une partie du laboratoire de Longchamp au Centre international de l’enfance (1958-1963).
Attaché de recherche au CNRS (1960), chargé de recherche (1962), maître de recherche (1966-1970).
Visiting Scientist au Wistar Institute à Philadelphie
(1963-1964) où il travaille dans le laboratoire qui avait
lancé le premier système de cultures de cellules humaines
destinées à fabriquer des vaccins.
Certificat de statistique épidémiologique (1966).
Maître de conférence agrégé,
université de la faculté de médecine Paris Ouest,
université René Descartes - Paris V (1970).
Chef de service de microbiologie, hôpital Ambroise Paré (1970-1990).
Professeur des universités (1980-1993), professeur émérite.
Directeur de l'unité 73 de l'Inserm « Biologie
prénatale » (1974-1985) , devenue «
Génétique et pathologies fœtales » (1986-1993).
Membre du Comité consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de la santé (1983-2000).
Le parcours d’André Boué, quoique très atypique, est, en fait, d’une grande cohérence. En
1950, passionné par la réanimation médicale, André Boué décide de ne
pas passer le concours de l’internat des hôpitaux et de partir pour
Téhéran où il monte un service de réanimation et travaille sur les
groupes sanguins. Il restera huit ans en Iran. Parallèlement, il
travaille à l’Institut Pasteur de Téhéran dirigé par Marcel Balthazar
où il s’initie aux techniques de culture cellulaire, qui vont
constituer le fondement de la biologie moléculaire des années qui
suivront. André Boué est le premier à avoir cultivé le virus de la
variole, ce qui lui permet de produire la vaccine destinée à lutter
contre cette affection.
Institut Pasteur de Téhéran
Rentré
en France en 1958, il rencontre Robert Debré qui lui confie la
responsabilité d’une partie du laboratoire de Longchamp, au Centre
international de l’enfance, où il travaille sur le virus de la
poliomyélite. Très intéressé par l’épidémiologie, il obtient un
certificat de statistique épidémiologique en 1966. André Boué et son
premier collaborateur, Philippe Lazar , jeune polytechnicien de
l’Institut national d’hygiène (INH) , évaluent la possibilité d’arrêter
une épidémie de poliomyélite, en vaccinant la population de
Saint-Brieuc par le vaccin vivant Sabin, alors encore à l’essai.
Soutenus dans cette initiative par Eugène Aujaleu à la Direction
générale de la santé et par Robert Debré, ils parviennent ainsi, en
1962, à stopper l’épidémie. En 1963, il part à Philadelphie où il
travaille dans le laboratoire qui avait lancé le premier système de
cultures de cellules humaines destinées à fabriquer des vaccins. A son
retour, André Boué est l’un des rares scientifiques à savoir cultiver
les cellules humaines. André Boué et ses collaborateurs
s’intéressent ensuite à la virologie, notamment, au virus de la
rubéole, avec la mise au point de techniques de diagnostic. Ils
parviennent à comprendre que l’affection ne survient qu'au cours de
l'infection primaire et démontrent que la réinfection est sans danger
pour l'embryon. Décidé ensuite à étudier les malformations
congénitales, il convainc Robert Debré de s’intéresser au phénomène des
avortements spontanés. André Boué et ses collaborateurs sont les
premiers, au plan mondial, à mener des recherches dans ce champ
(cultures cellulaires de tissus d’avortement, études cytogénétiques,
statistiques, démographiques). André Boué étudie le rôle des
anomalies chromosomiques dans les arrêts précoces du développement. Il
mène ses travaux sur les anomalies de structure chromosomique,
notamment, avec son épouse Joëlle Boué, cytogénéticienne. Tous
deux sont à l’origine d’une des études mondiales les plus importantes
réalisée sur le sujet. Avec leur équipe, ils confirment d’abord les
données des démographes selon lesquelles une conception sur trois
parvient à son terme. En utilisant la culture cellulaire et l’analyse
chromosomique de cellules embryonnaires et fœtales, ils montrent,
ensuite, que deux tiers des conceptions qui n’arrivent pas à terme sont
en rapport avec une anomalie chromosomique.
André et Joëlle Boué
À
partir des années 1970, très logiquement, André Boué et ses
collaborateurs vont travailler sur le diagnostic prénatal et le
développement. La maîtrise des techniques de cytogénétique et
l’accès au liquide amniotique leur permettent de mettre au point le
diagnostic prénatal. Ils passent ainsi d'une recherche fondamentale, la
mise en évidence d’anomalies chromosomiques létales pour le fœtus, à
une application médicale diagnostique des anomalies chromosomiques
allant à terme. Ne se limitant pas à l’analyse cytogénétique,
André Boué et sont équipe réalisent, parallèlement, un travail très
important sur la biologie du fœtus intégrant cytogénétique, biochimie
puis biologie moléculaire. Avec l’apport de l’étude biochimique du
liquide amniotique, André Boué crée et décrit une véritable médecine du
fœtus et diagnostique de nombreuses affections prénatales (anomalies
chromosomiques, malformations, maladies héréditaires monogéniques). Avec
ses collaborateurs, il travaille ainsi sur le diagnostic prénatal de la
mucoviscidose. En 1986, dans une étude portant sur 200 grossesses, ils
montrent que leur méthode de diagnostic prénatal de la mucoviscidose,
qui repose sur l’analyse enzymatique (gamma-glutamyl-transpeptidase,
aminopeptidase M, phosphatase alcaline) du liquide amniotique durant le
second trimestre de la grossesse, est fiable dans 98 % des cas. Ils
utilisent ensuite les outils de la génétique moléculaire, notamment,
les polymorphismes associés au gène responsable, ce qui conduit à
l’identification de nombreuses mutations. André Boué et ses
collaborateurs étudient également de très nombreuses familles atteintes
du syndrome de l'X fragile, permettant ainsi à Jean-Louis Mandel et ses
collaborateurs, à Strasbourg, d’en découvrir le mécanisme génétique.
Instances scientifiques
Président du conseil scientifique de l’UER Paris-Ouest (1970-1973).
Membre du comité de l’action complémentaire
coordonnée « Biologie de la reproduction et du
développement » (1971-1980), puis président de
l’action concertée « Programme et erreurs du
développement embryonnaire » (1980-1982) à la DGRST
(Délégation générale pour la recherche
scientifique et technique). Membre de la commission scientifique
spécialisée de l’Inserm « Reproduction et
développement, glandes endocrines, tissus calciques et
articulations : physiologie, physiopathologie, pharmacologie,
toxicologie, chirurgie, épidémiologie » (1974-1979)
. Membre de la commission « Physiologie » du CNRS (1980).
Prix - Distinctions
Médaille d’argent du CNRS, conjointement avec Joëlle Boué, son épouse (1968).
Prix de la recherche de la Fondation AGF - Institut de France avec
Joëlle Boué (1984), prix de la recherche et de la
santé de l’Institut des sciences de la santé (1988).
Officier de la légion d’honneur (1992).
Travaux scientifiques
Les travaux d’André Boué et de ses collaborateurs ont
concerné les domaines de la virologie, des cultures cellulaires
et de la biologie prénatale.
André Boué s’est consacré aux infections virales
humaines et a mis au point ou perfectionné des techniques de
diagnostics virologique et sérologique : isolement sur cultures
cellulaires du virus de la variole humaine, identification intratypique
des poliovirus sauvages et vaccinaux, diagnostic sérologique de
l’infection primaire et des réinfections par le virus de la
rubéole et par le cytomégalovirus. André
Boué a établi également les bases
épidémiologiques de l’application de vaccinations
antivirales (poliomyélite, rougeole, rubéole). Il a mis
au point, avec son équipe, la production d’anticorps monoclonaux
contre les différents poliovirus sauvages et vaccinaux et s’est
intéressé au contrôle génétique de
l’infection virale de la cellule. Il a ainsi localisé le
gène gouvernant la réceptivité au poliovirus sur
le chromosome 19 et le gène gouvernant la
réceptivité à l’interféron humain sur le
chromosome 21. Il s’est également consacré à
l’étude des infections virales tératogènes,
à l’étude expérimentale de l’action du virus de la
rubéole sur la division cellulaire, à la
séro-épidémiologie de la rubéole, de la
grippe et du cytomégalovirus.
Dans le domaine des cultures cellulaires, André Boué et
ses collaborateurs ont mis au point différentes techniques de
cultures cellulaires embryonnaires humaines (cellules aneuploïdes,
cellules avec déficit enzymatique, cellules fœtales du liquide
amniotique). Ils ont développé des méthodes de
mesure de la croissance cellulaire et d’obtention de populations
cellulaires clonées.
C’est dans le champ de la biologie prénatale qu’André
Boué et son épouse, Joelle Boué, se sont
illustrés, notamment par l’étude des accidents
chromosomiques responsables des échecs de la reproduction
(mécanismes des anomalies, épidémiologie,
description des phénotypes).
Publications
- Boue A, Boue J. Distribution of blood groups in Iran. Sang 26: 705-13, 1955.
- Baltazard M, Boue A, Siadat H. Research on the behavior of variola
virus in tissue cultures. Ann Inst Pasteur (Paris) 94: 560-70, 1958.
- Debre R, Coulon G, Ledourneuf G, Gautier M, Celers J, Drouhet V, Boue
A. Use of homotype oral antipoliomyelitic vaccine during an epidemic
occurring in France and due to type I poliomyelitis virus. Bull Acad
Natl Med 148: 75-86, 1964.
- Boue A, Plotkin SA. Establishment of human diploid embryo cell
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- Plotkin SA, Boue A, Boue JG. The in vitro growth of rubella virus in human embryo cells. Am J Epidemiol 81: 71-85, 1965.
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Ouvrages de formation et de culture scientifique
- Boué A, Thibault C, eds. Les accidents chromosomiques de la
reproduction. Colloque Inserm/DGRST/OMS, 12-14 septembre 1973. Editions
Inserm, Paris, 1973.
- Boué A ed. Le diagnostic prénatal. Colloque. 3-5 juin
1976, château de Longchamp. Editions Inserm, Paris, 1976.
- Boué A. Développement prénatal normal et pathologique. Flammarion, Paris, 1992.
- Boué A. Médecine prénatale : biologie clinique du fœtus. Flammarion, Paris, 1994.
- Boué A. La médecine du fœtus. Odile Jacob, Paris, 1995.