http://infodoc.inserm.fr/histoire
Alain Fischer est né le 11 septembre
1949 à Paris. Il a mené ses études secondaires aux
lycées Voltaire et Buffon à Paris et ses études
universitaires dans l’unité de formation et de recherche de
médecine Necker à l’université Paris V -
René Descartes et dans l’unité de formation et de
recherche de biochimie à l’université de Paris VII -
Pierre et Marie Curie.
Docteur en médecine et en sciences (1979).
Interne des hôpitaux de Paris (1975-1979), il se
spécialise en pédiatrie, notamment dans le service de
Claude Griscelli. Chercheur post-doctoral en immunologie dans le
laboratoire de Marc
Feldmann et Peter Beverley, University College, Londres (1979-1981).
Chef de clinique assistant dans le service du Pr Griscelli (1981-1984),
praticien hospitalier et professeur des universités (1988).
Directeur de l’unité de recherche Inserm 132 «
Immunopathologie et rhumatologie infantile » (1992-1995), puis de
l’unité Inserm 429 « Développement normal et
pathologique du système immunitaire » à
l’hôpital Necker-Enfants malades (1996-2006). Chef du service
d’immunologie et d’hématologie pédiatrique de
l’hôpital Necker-Enfants malades depuis 1996. Directeur du
groupement d’intérêt scientifique (GIS) - Institut des
maladies rares (2002-2005). Professeur de pédiatrie de la chaire
génétique du
système immunitaire à l’Institut universitaire de France
depuis 2006. Directeur de l’unité Inserm 768 «
Développement
normal et pathologique du système immunitaire » depuis
2007.
Instances scientifiques et d’administration de la recherche
Membre de la commission scientifique spécialisée (CSS) de
l’Inserm « Système immunitaire : physiologie,
physiopathologie, pharmacologie, recherche clinique »
(1983-1986), président de la CSS « Immunité et
inflammation : mécanismes cellulaires et moléculaires
normaux et pathologiques, physiopathologie des maladies du
système immunitaire et de l'inflammation, recherche clinique et
thérapeutique, innovation technologique » (1995-1998),
membre de la CSS « Immunologie, inflammation,
onco-hématologie » (2003-2006). Membre du comité scientifique de l’Association française
contre les myopathies (AFM) pour les programmes de thérapie
génique depuis (1998-2002), Conseiller pour la recherche médicale au ministère
chargé de la Recherche (1999-2001). Président du
comité scientifique de la Fondation pour la recherche
médicale (2000-2002). Vice-président du conseil d’administration de l’Institut Pasteur.
Sociétés savantes - Académies
Membre de l’Académie des sciences – Institut de France depuis
2002, section de biologie humaine et sciences médicales, membre
de l’European Molecular Biology Organisatio (EMBO) depuis 2002. Membre de l'Académie de médecine, 2011.
Prix - Distinctions
Prix Halpern (1984), prix Behring-Metchnikoff (1992), prix du
Comité du rayonnement français (1994), Jung Preis Fur
Medizin (1998), prix Pierre Royer (2000), prix de la Fondation NRJ de
l’Institut de France (2000), prix Louis Jeantet, Genève (2001),
prix Novartis d’immunologie clinique (2001), prix A. Philipson,
Stockholm (2003), prix Descartes de la Communauté
Européenne (2005).
Grand prix Inserm de la recherche médicale (2008)
Chevalier de l’Ordre national du mérite.
Travaux scientifiques
Les travaux d'Alain Fischer ont permis une meilleure
compréhension du développement et des fonctions du
système immunitaire et la caractérisation des bases
moléculaires et de la physiopathologie de plusieurs maladies
héréditaires du système immunitaire, ainsi que la
mise au point de plusieurs modalités thérapeutiques de
ces maladies.
Alain Fischer a centré son activité sur l'analyse
moléculaire de certains aspects de la différenciation et
de la fonction des lymphocytes T et B. Grâce à des
modèles pathologiques humains et à des modèles
murins, il a participé à l'analyse du rôle des
cytokines dans le développement des lymphocytes T et NK.
Avec ses collaborateurs, il a mis en évidence des anomalies
génétiques responsables de défauts, soit de la
génération des récepteurs des lymphocytes T et B
pour l'antigène, soit des processus de diversification
secondaire des immunoglobulines, ces événements ayant en
commun des réarrangements somatiques de ces gènes. Il a
également identifié la protéine Artémis et
mis en évidence son rôle essentiel dans la voie de
réparation par recombinaison non homologue des cassures d'ADN
double brin, nécessaire à la génération de
la diversité des récepteurs T et B pour
l'antigène. Il a démontré qu'une protéine
éditrice d'ARN (ou d'ADN) « AID » est indispensable
pour la génération de la commutation isotypique des
immunoglobulines et de mutations somatiques des parties «
variables » des gènes des immunoglobulines. Par ailleurs,
il a été montré qu'un défaut de ligand
membranaire des lymphocytes T auxiliaires (CD40L) pour un
récepteur des lymphocytes B (CD40) empêche l'induction de
la commutation isotypique des immunoglobulines.
Le groupe d’Alain Fischer a mis également en évidence les
rôles respectifs de l'apoptose lymphocytaire liée au
récepteur Fas et de la cytotoxicité dépendante de
la perforine dans le contrôle de l'auto-immunité et la
terminaison d'une réponse immune T.
En recherche thérapeutique, Alain Fischer et ses collaborateurs
ont développé des méthodes de prévention du
rejet d'allogreffe de moelle osseuse partiellement incompatible pour le
système majeur d'histocompatibilité et
démontré que cette allogreffe est un traitement curatif
d'un grand nombre de pathologies héréditaires du
système immunitaire.
Ils ont également démontré le rôle de
l'« axe » interleukine 12/interféron dans
l'immunité anti-mycobactéries chez l'homme, par la mise
en évidence de défauts génétiques de cet
axe chez des patients anormalement susceptibles aux infections par les
mycobactéries.
Ils ont ainsi caractérisé plusieurs anomalies
génétiques du système immunitaire. Après
avoir déterminé le rôle de la sous-unité
gamma c du récepteur de cytokines, déficiente dans le
déficit immunitaire combiné sévère
lié à l'X (DICS-X) dans le développement des
lymphocytes T et NK, ils ont analysé des variants de celui-ci et
montré que le DICS constituait le modèle «
idéal » pour une thérapie génique
liée à l'avantage sélectif induit par l'expression
de gamma c par les précurseurs lymphoïdes.
Ces travaux ont permis la mise au point d'une thérapie
génique du DICS-X par infection ex vivo des précurseurs
hématopoïétiques CD34(+) à l'aide d'un
vecteur rétroviral défectif contenant le cDNA de gamma c.
L’efficacité de cette thérapie a été
démontrée in vivo, d’abord chez la souris c(-), puis chez
les malades, dont la déficience immunitaire grave a
été corrigée.
Inserm actualités n° 125, mai 1994
Unité de recherche Inserm 132 'Développement normal et
pathologique du système immunitaire', dir. Alain Fischer
Par
son histoire et sa localisation au sein de l'hôpital des Enfants
malades, en étroite liaison avec une unité clinique d'immunologie
pédiatrique, notre unité de recherche a pour objectif premier l'analyse
des déficits immunitaires primitifs.
Ce domaine a connu une
explosion des connaissances ces trois dernières années, en raison des
progrès dans l'appréhension du système immunitaire et du développement
des outils de la génétique moléculaire. Ainsi, parmi la soixantaine de
déficits immunitaires décrits, pour 15 d'entre eux, le gène responsable
a été identifié (dont huit d'entre eux ces deux dernières années). Nous
avons notre place dans cette évolution, puisque nous avons montré, en
même temps que d'autres, que le déficit de la commutation isotypique
des immunoglobulines lié à l'X (syndrome hyper IgM) est dû à des
altérations du gène codant pour le ligand de CD 40 exprimé par les
lymphocytes T activés. Nous avons également mis en évidence un déficit
immunitaire T, lié à des mutations du gène codant pour la sous-unité
CD3e du complexe récepteur T/CD3.
L'identification de nouveaux gènes
responsables de déficits immunitaires, objectif du travail des deux
équipes de l’unité "bases moléculaires du développement des lymphocytes
T et de ses anomalies" et "interactions lymphocytaires (adhésion,
transmission des signaux d'activation)" se poursuit selon trois
méthodes : localisation génique (maladie de Chediak-Higashi ... ) et
éventuellement clonage positionnel ; recherche de gènes candidats ;
clonage par complémentation (déficit immunitaire combiné sévère, avec
anomalie probable du système recombinase, anomalie du flux calcique).
Pour
les déficits immunitaires dont le gène est maintenant identifié comme
le déficit immunitaire combiné sévère lié à l’X, dû à une anomalie du
gène de l'IL2Ry, les travaux se poursuivent selon trois directions :
établissement de corrélation génotypes/phénotypes - travaux menés en
collaboration au sein d'un réseau européen (action concertée Biomed)
sur les déficits immunitaires dont nous sommes coordinateurs ;
compréhension du rôle du produit du gène par l'établissement de modèle
murin par transgenèse et recombinaison homologue ; recherche
thérapeutique essentiellement (développement de la thérapie génique).
Ces résultats concourent également à une amélioration du conseil
génétique.
Le réarrangement des éléments géniques des récepteurs T
pour l'antigène constitue l'événement clef de la différenciation
lymphocytaire T. La complexité de ce phénomène est analysée à travers
l'étude physiologique de la régulation de l'accessibilité de ces locus,
la recherche d'anomalies du système recombinase au cours des déficits
immunitaires et l'analyse du répertoire d'expression des récepteurs T
pour l'antigène dans différentes formes de déficits immunitaires.
Nous
avons souhaité regrouper au sein d'une même équipe de recherche les
approches biochimiques et d'immunologie cellulaire de l'étude des
déficits immunitaires et les travaux plus fondamentaux qui concernent
la régulation de l'adhésion et de l'activation des lymphocytes T. Dans
ce domaine, les résultats acquis ces dernières années concernent la
mise en évidence d'un mécanisme inducteur du détachement des
lymphocytes T, après contact cellulaire avec les cellules B ou les
cellules de Langerhans, qui est sous la dépendance de l'interaction
CD4/molécules HLA de classe Il et de la tyrosine kinase Ick associée à
CD4. L'analyse des signaux intracellulaires transmis par Ick, après
fixation de ligands de la molécule CD4, dont la protéine d'enveloppe de
VIH, est l'objectif de ce travail.
Les travaux de recherche de
l’équipe "Immunologie de la muqueuse intestinale" portent sur trois
thèmes. Le premier est le développement extra-thymique des lymphocytes
T au niveau de la muqueuse intestinale ; la mise en évidence de ce
phénomène conduit aujourd'hui à en analyser les mécanismes, en
utilisant plus particulièrement des modèles de souris transgéniques
déficientes en tel ou tel récepteur des lymphocytes T. Ces dernières
permettent de chercher à identifier les fonctions et le répertoire
d'antigènes reconnus par cette population de lymphocytes
intra-épithéliaux.
L'intégrine aEbb est spécifiquement exprimée par
les lymphocytes associés aux muqueuses. Sa description structurale, son
rôle fonctionnel (des anticorps exercent un effet agoniste), son
ligand, les protéines associées intracellulaires, sont autant d'objets
d'études dans des modèles humains et murins. Les connaissances acquises
sur les lymphocytes T de l'intestin devraient se traduire par une
meilleure compréhension des mécanismes immunopathologiques de maladies
de l'intestin comme les atrophies villositaires graves et rebelles du
nourrisson, la maladie cœliaque, ainsi que des rejets de greffe
d'intestin. Les collaborations fructueuses établie avec les groupes
cliniques de gastroentérologie de l'hôpital Necker créent
l'environnement adéquat à la réalisation de cette recherche.
L’équipe
« thérapeutiques expérimentales : greffe de moelle osseuse et thérapie
génique » travaille dans les axes de recherche suivants qui suivent.
Greffe
de moelle osseuse. Nous avons validé l'intérêt de l'utilisation in vivo
d'un anticorps monoclonal anti-LFA-1 comme moyen de prévention du rejet
de greffe de moelle osseuse partiellement incompatible chez des enfants
atteints de maladies héréditaires ou, plus récemment, de leucémies.
Parallèlement, l’efficacité d'anticorps anti-LFA-1 a été observée dans
un modèle murin de greffe de moelle osseuse, mais aussi de greffe de
coeur. L'intérêt potentiel de ces observations en clinique nous amène à
étudier le mécanisme d'induction de tolérance dans ces systèmes. Des
résultats intéressants ont également été obtenus dans un modèle murin
de déplétion sélective des lymphocytes T alloréactifs à l'aide d'une
immunotoxine anti IL2Ra.
Modèle de lymphocytes B EBV induits chez la
souris scid. Les patients immunodéprimés développent avec une fréquence
non négligeable des syndromes lymphoprolifératifs B induits par le
virus d'Epstein-Barr dont la mortalité est élevée. Nous avons montré
que l'injection in vivo d'anticorps monoclonaux anti-B peut contrôler
cette prolifération dans environ deux cas sur trois. Nous avons
développé en parallèle un modèle in vivo de ces proliférations par
implantation chez la souris scid, qui permet d'en étudier les
caractéristiques (dépendance de la prolifération de cytokines). Il
s'agit d'un outil pharmacologique essentiel à la mise au point de
nouvelles stratégies thérapeutiques de ces syndromes.
Thérapie
génique. Les limites de l'allogreffe de moelle osseuse comme traitement
des déficits immunitaires nous ont incité à considérer cette approche.
Malgré les difficultés actuelles du ciblage des cellules souches
hématopoïétiques, nous privilégions le transfert dans ces cellules dans
la mesure où son efficacité signifierait guérison.
Nous avons pu
entreprendre cette année un essai clinique d'autogreffe de cellules
médullaires modifiées chez deux patients atteints de déficit en
adénosine désaminase. La réalisation d'essais cliniques nous a incité à
mettre en place, un projet de laboratoire d'application humaine de
thérapie génique. Ce laboratoire, qui devrait voir le jour fin 1994,
sera situé à proximité immédiate de notre unité de recherche. il est
conçu en commun avec le groupe de 0 Danos et JM Heard [Laboratoire «
Retrovirus et transfert génétique » de l’Institut Pasteur, Paris], et
sera intégré à notre institut fédératif de recherche. Il a pour but de
rendre possible l'infection des cellules de patients ex vivo dans les
conditions de sécurité requises pour les patients et l'environnement,
L'identification
des gènes responsables du déficit en CD3e et surtout du déficit
immunitaire combiné sévère lié à I'X (IL2Ry) (cf. supra) nous a conduit
à démarrer un programme de thérapie génique impliquant : la création
d’un modèle murin de déficit immunitaire en IL2Ry par transgenèse et
recombinaison homologue, puis tentative de correction. D'autres projets
viendront suivront très certainement, en fonction du progrès des
connaissances des bases génétiques des déficits immunitaires.
Grâce
à son association avec l'unité clinique d'immunologie, une activité de
recherche fructueuse se poursuit sur la transmission maternofoetale de
l'infection à VIH. L'analyse d'une cohorte d'enfants nés de mères
infectées apporte des informations essentielles sur le taux de
transmission et ses paramètres et les thérapeutiques préventives de la
transmission virale.
Ainsi, l'activité de l'unité, très liée au
département de pédiatrie de l'hôpital des Enfants malades, s'insère
bien dans l'institut fédératif de recherche « Enfants malades »
constitué autour des axes suivants : développement, génétique,
immunologie.
Extrait de la notice Alain Fischer sur Wikipedia
A. Fischer est un
médecin, professeur d'immunologie pédiatrique et
chercheur en biologie français. Il obtient son diplôme de
médecine en 1979, et travaille avec Claude Griscelli à
l'Hôpital Necker-Enfants malades. Il devient professeur
d'immunologie (PU-PH) à l'Université Paris Descartes et
puis directeur de l'unité INSERM, « Développement
normal et pathologique du système immunitaire », en 1991.
Il est chef de l'unité « Immunologie et hématologie
pédiatriques » (UIH) de l'hôpital Necker depuis
1996. Les travaux d'Alain Fischer portent depuis des années sur
les déficits immunitaires acquis dès la naissance (comme
des bébés-bulle) et les approches curatives par
thérapies géniques. Avec Marina Cavazzana-Calvo, il
obtient en 1999, les premiers succès cliniques au monde de
thérapies géniques pour une dizaine d'enfants-bulles[2],
dont deux malheureusement développeront après quelques
mois des leucémies, l'un étant
décédé. L'essai est arrêté en urgence
en 2002. Des recherches montreront que ces leucémies sont dues
à l'insertion aléatoire dans un proto-oncongène du
gène médicament. L'essai est redémarré en
2004, selon un protocole modifié utilisant de meilleurs vecteurs
retroviraux, puis sera à nouveau interrompu en 2005 suite
à de nouvelles complications. Cependant, sur les 16 enfants
traités à ce jour, 15 sont guéris de façon
satisfaisante de leur déficit immunitaire aigu.
Sélection des principales publications
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- Jouanguy E, Altare F, Lamhamedi S, Revy P, Emile JF, Newport M, Levin
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