Colloque
du XXème anniversaire de l'Inserm
« Recherche médicale,
santé société »
Sorbonne, 27 et 28 octobre 1984
Les messagers des cellules
nerveuses
Jacques Glowinski
Il y a vingt ans, la neuropharmacologie prenait
son essor. Le nombre de médiateurs chimiques identifiés
dans le système nerveux central était extrêmement
limité. Les regards étaient centrés sur les
monoamines. En effet, l'école suédoise venait de mettre en
évidence la première cartographie des systèmes
monoaminergiques dans le cerveau. L'étude du métabolisme
des catécholamines (noradrénaline, dopamine)
débutait. Il en était de même de celle du
mécanisme d'action de substances psychotropes, dont les effets
sur le comportement avaient été discernés quelques
années auparavant par les cliniciens. Comparées aux
méthodes sophistiquées des électrophysiologistes,
les approches expérimentales des biochimistes apparaissaient bien
grossières. Rares étaient les collaborations entre les
chercheurs de ces deux disciplines. Les biochimistes se cantonnaient
dans l'analyse des événements présynaptiques, car
les techniques permettant d'aborder directement l'étude des
propriétés des récepteurs centraux des quelques
médiateurs chimiques identifiés n'étaient pas
encore disponibles. Pourtant, la découverte récente d'une
dégénérescence des neurones nigrostriataux
dopaminergiques chez les parkinsoniens suscitait un grand
intérêt. Par ailleurs, les premières études
sur le mécanisme d'action des antidépresseurs et des
neuroleptiques permettaient d'envisager que les dépressions
résultaient d'un dysfonctionnement des neurones
noradrénergiques centraux et qu'une transmission dopaminergique
excessive dans des structures limbiques était à l'origine
de certains des symptômes observés chez les
schizophrènes.
Depuis cette époque, nos connaissances sur les
mécanismes élémentaires des communications
neuronales se sont considérablement développées. La
neuropharmacologie n'y est pas étrangère, car cette
discipline charnière des neurosciences s'est avérée
un réservoir inépuisable d'outils exceptionnels
d'investigation. Dans le vaste champ d'exploration de la
neurotransmission, nous avons assisté à des progrès
dans trois directions complémentaires. Révélant la
richesse des signaux émis et reçus par les cellules
nerveuses, de nombreux médiateurs chimiques et récepteurs
ont été identifiés. Témoignant de la
complexité des modalités de transfert de l'information
dans le système nerveux, une grande variété de
réponses évoquées par les médiateurs
chimiques ou leurs agonistes a été décelée
au niveau cellulaire. Enfin, résultant en particulier de l'essor
remarquable des techniques neuroanatomiques, des données
nouvelles sur l'organisation des ensembles neuronaux ont
été obtenues, données déterminantes pour
l'étude des fonctions cérébrales et de leurs
anomalies, qui permettent, par ailleurs, de mieux saisir la
diversité des effets des drogues psychotropes sur le
comportement.
Multiplicité des médiateurs chimiques
et de leurs récepteurs
Bien que, dans certains cas, les preuves
obtenues soient loin d'être irréfutables, nous connaissons
aujourd'hui plus d'une cinquantaine de molécules qui jouent
très vraisemblablement un rôle de médiateur
chimique ou de neuromodulateur et ce nombre ne cesse de croître.
Ces molécules appartiennent à trois familles : les acides
aminés, les amines et le groupe florissant des neuropeptides.
Plusieurs de ces neuropeptides sont bien connus puisque ce sont par
ailleurs des hormones circulantes, des hormones hypophysaires, des
hormones locales du tractus gastrointestinal ou, encore, des facteurs
hypothalamiques de libération des hormones hypophysaires. Si la
multiplicité de ces messagers des cellules nerveuses est
déjà étonnante, la mise en évidence par
Hökfelt et ses collaborateurs d'une coexistence de deux ou trois
médiateurs chimiques ou neuro-modulateurs au sein d'un
même neurone a été une révolution qui a
bouleversé nos concepts sur les mécanismes de
neurotransmision. De plus en plus, il apparaît que les neurones
contenant un médiateur chimique classique (acide aminé ou
monoamine) possèdent également un neuropeptide dont
l'identité peut varier au sein d'une même famille
neuronale. Ainsi, par exemple, certains neurones dopaminergiques
contiennent de la cholecystokinine et d'autres de la neurotensine. La
signification fonctionnelle de la présence de deux, voire trois,
messagers dans un neurone est loin d'être complètement
élucidée. Toutefois, des études récentes
effectuées à la périphérie suggèrent
que la co-libération du médiateur classique et du
neuropeptide dépend de la fréquence de stimulation des
fibres nerveuses et que le neuropeptide amplifie la réponse
évoquée par le médiateur classique selon des
mécanismes variables.
Depuis dix ans, parallèlement au
développement des études sur l'identification des nouveaux
médiateurs chimiques, les travaux sur les récepteurs
centraux des neuromédiateurs ont considérablement
évolué, grâce à l'impulsion de Snyder et de
ses élèves. En effet, l'analyse des
caractéristiques de liaison au niveau des membranes neuronales,
d'une diversité impressionnante de ligands radioactifs
sélectionnés parmi la myriade de molécules
synthétisées par les chimistes, a permis, dans plusieurs
cas, de démontrer l'existence de plusieurs classes de
récepteurs pour un même médiateur chimique. Ce sont
autant de cibles nouvelles pour les pharmacologues, sans oublier les
enzymes impliquées dans la synthèse ou la
dégradation des médiateurs chimiques. Ce survol rapide
permet de mesurer l'immensité du chemin parcouru. Certaines des
avancées riches de promesses méritent d'être
évoquées de façon plus détaillée.
Parmi les acides aminés, le GABA et les acides
glutamique et aspartique sont les médiateurs chimiques
libérés dans une grande majorité de synapses
centrales. Les récepteurs GABA-ergiques postsynaptiques (type A),
dont la stimulation conduit à une inhibition des cellules
cibles, ont fait l'objet d'études intensives, car ce sont les
sites d'action des barbituriques et des benzodiazépines qui
agissent sur la transmission GABA-ergique par des mécanismes
différents. Des récepteurs GABA-ergiques
présynaptiques (type B), localisés le plus souvent sur des
fibres monoaminergiques et dont la pharmacologie contraste avec celle
des récepteurs de type A, ont été
identifiés. Des perspectives nouvelles apparaissent en ce qui
concerne les acides aminés excitateurs. Ainsi, selon Coyle et ses
collègues, dans certains cas, les acides glutamique et
aspartique seraient les produits d'hydrolyse de di ou tripeptides
libérés à partir des terminaisons neuronales.
Enfin, l'étude du mécanisme d'action de l'acide kainique
et de ses dérivés, substances qui provoquent la
dégénérescence de nombreuses populations
neuronales, et la découverte de plusieurs antagonistes de l'acide
glutamique ont facilité la caractérisation d'au moins
trois classes de récepteurs glutamatergiques.
Dans le domaine des monoamines, plusieurs percées
méritent d'être signalées. Les techniques
performantes de la génétique moléculaire ont permis
d'établir la structure des quatre sous-unités
polypeptidiques distinctes du récepteur cholinergique
nicotinique. Des substances endogènes, dont certaines seraient
peptidergiques, interviendraient dans la régulation du transport
spécifique des catécholamines ou de la sérotonine
dans les terminaisons nerveuses, mécanisme qui contribue à
l'inactivation de ces amines. Ces données ouvrent des
perspectives nouvelles pour la recherche de nouveaux
antidépresseurs et l'étude de leurs mécanismes
d'action. Une clarification est intervenue dans l'étude des
propriétés des diverses classes de récepteurs
dopaminergiques. Cela résulte essentiellement de la
synthèse de nouveaux agonistes et antagonistes, notamment d'une
nouvelle famille de neuroleptiques dérivés de la
série des benzamides dont le sulpiride est le prototype. Par
ailleurs, la découverte d'une libération dendritique de la
dopamine et l'étude de son rôle a
révélé que le transfert des informations à
partir des neurones pouvait être bidirectionnel.
Dans l'histoire encore brève des neuropeptides,
les événements les plus spectaculaires ont
été les recherches sur les peptides opiacés et les
tachykinines, dont le représentant le plus connu est la substance
P. Les répercussions de ces travaux dans les domaines de
l'analgésie et de la nociception sont éclatantes.
Toutefois, la grande diversité des structures
cérébrales innervées par les systèmes
neuronaux contenant ces peptides indique que ceux-ci sont
impliqués dans la régulation de multiples fonctions dont
celles de la sphère limbique. Ce qui frappe dans l'explosion des
recherches sur les peptides opiacés c'est la rapidité avec
laquelle les ADN complémentaires et les ARN messagers codant
pour les précurseurs de ces peptides ont été
clonés et séquencés, suite à la
découverte, dans le cerveau, de deux pentapeptides, la leu- et
met-enképhaline, par Hughes et Kosterlitz en 1975, et la
démonstration de leur action sur les récepteurs des
substances morphinomimétiques. De fait, nous connaissons
aujourd'hui trois précurseurs des peptides opiacés
localisés dans des systèmes neuronaux distincts, dont la
cartographie est déjà établie. Il s'agit de la
pro-opiomélanocortine, de la proenképhaline et de la
pro-néoendorphine-dynorphine qui engendrent, respectivement, la
bêta-endorphine, la met- et leu-enképhaline et des peptides
actifs plus longs et enfin l'alpha, et la
bêta-néoendorphine, ainsi que des dynorphines A et B. Cette
extraordinaire diversité de molécules endogènes,
plusieurs peptides de synthèse, ainsi que la morphine et nombre
de ses dérivés, agissent plus ou moins
sélectivement sur l'une ou l'autre des quatre principales classes
de récepteurs opiacés caractérisés (º,
¥, º, Ã).
La découverte de la substance P dans les fibres C
conduisant les messages nociceptifs est à l'origine des
nombreuses recherches consacrées à ce peptide pendant ces
cinq dernières années. De fait, grâce aux travaux
d'Otsuka et de ses collaborateurs, effectués au niveau de la
moelle épinière, la substance P est certainement l'un des
peptides pour lequel nous avons le plus d'indications concernant son
rôle de médiateur chimique : libéré par un
processus calcium-dépendant en réponse à une
stimulation des racines dorsales, celui-ci provoque une excitation
importante de certains neurones spinaux. Ces auteurs ont
également mis en évidence des propriétés
neuromodulaires de la substance P au niveau du ganglion
mésentérique inférieur. Dans ce cas, la
dépolarisation induite par la substance P, qui n'intervient que
tardivement et est de longue durée, facilite l'excitation des
cellules cibles provoquée par des fibres afférentes
excitatrices, mais ne peut, à elle seule, déclencher
l'activation de ces cellules. Selon un cheminement voisin de celui
observé dans le cas des peptides opiacés, les recherches
sur la substance P se sont rapidement étendues à des
peptides voisins de la même famille des tachykinines et,
notamment, à deux d'entre eux récemment découverts
dans le tissu nerveux des mammifères : la substance K et la
neuromédine K. Ces travaux se poursuivent dans diverses
directions : isolement des précurseurs et des peptidases
intervenant dans la synthèse et la dégradation de ces
peptides ; caractérisation des diverses classes de
récepteurs des tachykinines dans le cerveau et les tissus
périphériques ; recherche d'agonistes et d'antagonistes
spécifiques, l'une des difficultés majeures
rencontrées par les pharmacologues, comme dans le cas de la
plupart des neuropeptides identifiés jusqu'à ce jour.
Diversité des
réponses évoquées par les médiateurs
chimiques et les neuromodulateurs
Dominée
pendant longtemps par les travaux sur la jonction neuromusculaire, en
dépit de résistances par trop dogmatiques, notre vision
des mécanismes de communication entre cellules nerveuses s'est
considérablement élargie. Le terme de neuromodulateur est
apparu à côté de celui de médiateur chimique,
substance qui évoque des signaux limités dans le temps
(de l'ordre de la milliseconde) et dans l'espace (la synapse). Comme
nous l'avons vu dans le cas de la substance P, les neuromodulateurs,
dont la durée d'action est généralement plus
longue (secondes et même plusieurs minutes), auraient la
capacité de modifier les caractéristiques de
réceptivité des cellules nerveuses vis à vis des
médiateurs chimiques, sans pour autant modifier directement
l'activité des neurones, c'est à dire sans provoquer une
excitation ou une inhibition. Bien qu'il s'agisse d'un concept
différent, les neuromodulateurs agiraient à distance sur
des récepteurs éloignés de leur site
d'émission, modifiant ainsi de façon homogène
l'activité d'une population de neurones ou de cellules gliales.
En effet, des études récentes ont
révélé que les cellules gliales avaient des
propriétés excitables, étaient
hétérogènes et pouvaient avoir à leur
surface divers types de récepteurs. Les neuromodulateurs seraient
donc des molécules ayant des capacités transitionnelles
entre les médiateurs chimiques et les hormones, impliqués
notamment dans les processus d'apprentissage ou de mémorisation
au niveau neuronal et dans les communications entre les neurones et les
cellules gliales. Bien qu'une même substance puisse agir en tant
que médiateur chimique ou neuromodulateur, selon
l'identité de la cellule cible ou du récepteur
impliqué, dans de nombreux cas, les monoamines et les
neuropeptides semblent exercer des fonctions neuromodulatrices.
L'interaction des messagers des cellules nerveuses avec
leur(s) récepteur(s) se traduit par l'ouverture de canaux
ioniques ou par la formation (ou mobilisation) de seconds messagers.
Divers canaux ioniques chimiodépendants intimement
associés à, ou constitués par la protéine
réceptrice ont pu être mis en évidence.
L'étude de leurs propriétés fonctionnelles et des
effets de diverses neurotoxines ou d'autres agents pharmacologiques sur
l'ouverture ou la fermeture de ces canaux a été grandement
facilitée par l'utilisation de nouvelles méthodes
électrophysiologiques permettant d'enregistrer le courant
passant à travers un seul canal au niveau de fragments
membranaires. Nous assistons, par ailleurs, à une progression
rapide dans l'inventaire des effets des monoamines et des neuropeptides
sur la formation d'AMP-cyclique, de GMP-cyclique ou de
diacylglycérol, ainsi que sur la mobilisation du calcium. Ainsi
que l'ont montré Greengard et ses collaborateurs, ces seconds
messagers, en activant diverses protéine-kinases, conduisent
à la phosphorvlation de protéines cytosoliques ou
membranaires, dont plusieurs sont spécifiques de certaines
populations neuronales. L'importance des régulations ainsi mises
en jeu est évidente, si l'on tient compte du fait que ces
protéines phosphorylées peuvent être des
récepteurs, des canaux ioniques, des enzymes intervenant dans la
synthèse ou la libération des médiateurs chimiques,
des protéines du cytosquelette, des protéines intervenant
dans l'expression des gènes ou encore des inhibiteurs
endogènes des phosphatases, telle la DARPP32, une
protéine contenue exclusivement dans les cellules
dopaminoceptives. Ce domaine de recherche est en pleine effervescence.
Il enrichit considérablement le champ d'investigation des
neuro-pharmacologues, puisqu'une diversité de réponses
biologiques aisément quantifiables, évoquées par
les signaux extracellulaires endogènes ou les agents
pharmacologiques, peut être appréciée in vitro.
Les ensembles neuronaux et
leurs régulations
L'étude
des fonctions cérébrales, de leurs anomalies dans les
désordres neurologiques et les maladies mentales et de la
pléiade des modifications du comportement induites par les
drogues psychotropes ne peut se restreindre à l'analyse des
événements moléculaires ou cellulaires. La
connaissance de l'organisation des ensembles neuronaux et de leurs
régulations est une nécessité impérieuse.
Dans ce domaine de l'analyse des
propriétés des ensembles neuronaux, des progrès
remarquables ont été également effectués. La
cartographie biochimique du cerveau s'est considérablement
enrichie. Grâce au développement des méthodes de
traçage des voies nerveuses, de l'immunohistochimie et des
techniques autoradiographiques, nous avons recueilli une masse
considérable d'informations sur la distribution anatomique
précise des différents médiateurs chimiques ou
neuromodulateurs identifiés et de leurs récepteurs dans
les circuits neuroniques du cerveau. C'est ainsi, par exemple, que la
découverte d'une innervation dopaminergique dans le cortex
préfrontal, structure impliquée dans les fonctions
cognitives, a fourni des arguments supplémentaires en faveur de
l'hypothèse dopaminergique de la schizophrénie. De
même, plus récemment, la démence
présénile d'Alzheimer a pu être attribuée
à la dégénérescence d'un système de
neurones cholinergiques issu du noyau de Meynert et se projetant dans le
cortex cérébral.
Progressivement, les principales interactions entre
systèmes neuronaux identifiés ont été
répertoriées. D'autre part, grâce à la
méthode de Sokoloff récemment appliquée chez
l'homme, qui autorise la visualisation et la quantification de la
consommation de glucose, simultanément dans diverses structures
cérébrales, nous avons une vision plus globale des
réseaux neuroniques sollicités dans diverses situations
physiologiques ou pharmaco-logiques. Ajoutons, enfin, que la
découverte de substances neurotoxiques ayant des effets
sélectifs sur certaines populations neuronales a favorisé
la reproduction, chez l'animal, de troubles neurologiques
observés chez l'homme. Ces modèles expérimentaux,
riches d'enseignements sur le fonctionnement cérébral,
facilitent le développement de nouvelles thérapeutiques.
La meilleure illustration en est la reproduction chez le singe d'un
syndrome parkinsonien, observé à la suite de
l'administration d'un composé neurotoxique, le MPTP, contaminant
de l'héroine, qui détruit sélectivement les
neurones de la voie dopaminergique nigrostriatale.
Bien que trop succincte et incomplète, cette
fresque des contributions les plus significatives des recherches sur les
messagers des neurones, si étroitement associés à
l'essor de la neuropharmacologie, démontre l'extraordinaire
progression de nos connaissances sur les mécanismes de transfert
de l'information dans le système nerveux. Elle
révèle également l'extrême complexité
des problèmes auxquels nous sommes confrontés, si l'on
tient compte, par exemple, de la multitude des signaux chimiques
perçus par un seul neurone et de la combinatoire de leurs effets
à brève et longue échéances. Au monde des
médiateurs chimiques et des neuromodulateurs, s'ajoute celui
encore bien mystérieux des facteurs trophiques, qui
président à la reconnaissance des cellules nerveuses ou
à leur survie et dont la pharmacologie est encore inexistante.
Sans aucun doute, l'aspect le plus fascinant et exaltant
de ces recherches est de voir se dessiner une nouvelle conceptualisation
de la structure de l'édifice cérébral. Au
réseau précisément « cablé » de
la grande majorité des connexions, se superpose un réseau
de voies nerveuses, moins nombreuses mais plus divergentes et diffuses.
Le premier, constitué essentiellement des neurones riches en
GABA ou en acides aminés excitateurs, qui transmet avec
célérité des messages signifiants d'une grande
brièveté, remplit des missions exécutives. Le
second, qui régule le premier, constitué par les
populations des neurones aminergiques et peptidergiques, exerce le plus
souvent des effets de type hormonal, modulateur, permissif ou suppressif
étalés dans l'espace et le temps. Force est de constater
que cette vision par trop schématique doit s'infléchir,
si l'on tient compte de la présence dans les neurones de deux ou
trois messagers dont les fonctions sont distinctes et
complémentaires. Il apparaît maintenant vraisemblable que
les composants de ces deux réseaux ont des
propriétés pluripotentielles, dont certaines s'expriment
plus ou moins en fonction de facteurs génétiques et
épigénétiques.