Docteur en
médecine
Interne des hôpitaux
de
Paris (1953-1958), chef de clinique à la faculté de
médecine de Paris.
(1958-1959), attaché de recherches au CNRS (1959-1961),
maître de
conférence de biochimie à la faculté de Rouen
(1961-1966), biologiste
des hôpitaux de Paris et maître de conférence
à la Faculté de
Paris(1966), professeur à l'université de Paris-Val de
Marne (1971),
chef de service à l'hôpital Henri Mondor (1980-1993).
Chef du département
des
sciences de la vie et de la santé au ministère de la
Recherche (1982,
1983), directeur de l'unité de recherche lnserm/ CNRS 91 de
génétique
moléculaire et d'hématologie (1982-1994), directeur de
l'institut
fédératif de recherche (IFR) n° 10 « Institut
Henri Mondor de médecine
moléculaire, IM3 » (1994-1996).
Président du conseil
scientifique de l'Inserm (1982-1983),
président du conseil scientifique (1986-1987), puis
vice-président du conseil d'administration, depuis1993, de la Fondation pour la recherche
médicale, président du conseil scientifique de l'Agence
française du sang (1994-1997).
Professeur
émérite à l'Université de Paris -
Val-de-Marne.
Membre des
sociétés de
biochimie, d'hématologie, de génétique, et de
l'American Society of
Hematology, membre de l'Académie des Sciences (depuis 1995)
Rédacteur en chef
des Comptes Rendus de l'Académie des Sciences, série
Biologies.
Grand prix Claude Bernard
de la Ville de Paris (1981), grand prix des sciences de la santé
(1983), prix Athena (1990), prix de la Fondation Lounsbery des
académies des sciences françaises et américaines
(1990).
Membre du comité
consultatif national d'éthique pour les sciences de la vie et de
la santé jusqu'en 2005.
Officier de la
Légion d'honneur, chevalier de l'ordre national du Mérite
et des Palmes académiques.
Travaux de recherche
Les travaux du professeur
Jean Rosa ont d'abord porté sur la pathologie moléculaire
de
l'hémoglobine, puis se sont étendus à d'autres
composants du globule
rouge puis à d'autres systèmes concernant
l'hématologie comme les
facteurs anti-hémophiliques.
Jean Rosa a très
fortement
contribué au grand programme international initié par Max
Perutz sur
«l'identification du rôle des acides aminés
constitutifs de
l'hémoglobine(Hb)» par l'étude de ses mutants, et
en initiant la
technique des études de corrélations structures/fonctions
chez l'homme.
Plus de 50 variants d'hémoglobine furent ainsi identifiés
et
caractérisés par Jean Rosa dont certains
apportèrent des informations
totalement inédites sur les mécanismes qui
protègent l'hémoglobine
contre l'oxydation de son fer, et sur les possibilités qu'ont
certaines
mutations de celle-ci à engendrer des polyglobulies. C'est dans
le
domaine de l'hémoglobine responsable de la drépanocytose
que ses
résultats furent les plus marquants, où Jean Rosa put
isoler un «super
mutant» l'hémoglobine Antilles, qui est le siège
d'une double mutation,
ce qui accentue considérablement sa tendance à la
polymérisation. Cette
mutation est à l'origine d'un nouveau syndrome, "la
drépanocytose
hétérozygote", qui détruit le dogme selon lequel
cette maladie ne
pouvait survenir que chez des homozygotes ou des
hétérozygotes
composites.
Au cours de ses travaux sur
les polyglobulies dues à des hémoglobines à
affinité augmentée, Jean
Rosa eut la chance de découvrir une polyglobulie due, non pas
à une
hémoglobine anormale, mais à une mutation d'une enzyme
clé du
métabolisme de l'effecteur allostérique de
l'hémoglobine, la
diphosphoglycérate mutase. Cela fut à l'origine de
recherches tant
fondamentales qu'appliquées qui ouvriront peut-être une
voie totalement
novatrice pour le traitement de la drépanocytose
Les travaux de recherches
de Jean Rosa ont également porté sur le vieillissement
moléculaire,
recherches qui désormais suscitent un grand
intérêt. Dans les années
1960, il avait montré qu'il existait, dans les globules rouges
de
lapin, une hémoglobine très particulière dont la
concentration
augmentait avec l'âge du globule. Ce phénomène,
décrit sous le nom
d'hémoglobine vieillie, tomba dans l'oubli jusqu'au moment ou,
plus de
dix ans après, la même hémoglobine fut
trouvée en quantité accrue chez
les diabétiques. En collaboration avec une équipe de
spectrométrie de
masse du CNRS, Jean Rosa adapta cette technique à l'étude
des
hémoglobines vieillies et put ainsi caractériser deux
formes d'
hémoglobine produites par modifications post-transcriptionnelles
:
l'Hb-glycératée et l'Hb- pyruvylée. Il s'agit
là d'un phénomène qui
déborde le cadre des hémoglobines et qui pourrait jouer
un rôle dans
l'apoptose.
Les concepts et les
techniques utilisées par Jean Rosa dans le champ de
l'hémoglobine et de
la diphosphoglycérate mutase ont également
été appliqués à d'autres
domaines chauds de la génétique. C'est ainsi que plus
d'une vingtaine
de gène normaux ou pathologiques ont été
clonés dans le laboratoire de
Jean Rosa, qu'il s'agisse du récepteur de l'hormone de
croissance ou de
gènes de la synthèse des porphyrines.
En conclusion, les
recherches de Jean Rosa se sont inscrites, dès le début,
dans une
perspective d'approches génétique et moléculaire
du système
hématopoïétique normal et pathologique,
intéressant surtout la lignée
érythroblastique. Il a découvert plusieurs nouvelles
maladies génétiques du globule rouge et
développé plusieurs méthodes de
diagnostics prénatals de maladies héréditaires.
Ses travaux ont permis
de développer le diagnostic prénatal de la
drépanocytose, des
thalassémies, des hémophilies et de la mucoviscidose,
ainsi que de
cloner et d'étudier plusieurs gènes importants pour le
transport de
l'oxygène dans le sang.