André Chevallier
est né
le 24 novembre 1896 à Saint Paul d'Eyjeaux (Haute Vienne).
Mobilisé en
1916, dans le premier régiment d'artillerie de montagne, il est
nommé
médecin capitaine en 1917.
Après la guerre, il
poursuit ses études de médecine à la
faculté de Lyon, comme assistant
dans le service du Professeur Rocques. Il y obtient sa thèse de
doctorat en médecine, le 2 juillet 1923, sur la "Recherche sur
la
radioactivité des sources de l'Echaillon (Maurienne).
Contribution à
l'étude de l'émancipation du thorium. Actions biologiques
et
thérapeutiques".
Il obtient
parallèlement
l'agrégation de physique médicale à Lyon, en 1926,
et une licence de
science en 1929. Cette même année, il se voit confier la
chaire de
physiologie à la faculté de médecine de Lyon.
En 1930, il est
nommé
Professeur titulaire à la faculté de médecine et
de pharmacie de
Marseille, nouvellement créée, où il consacre ses
recherches à l'étude
des vitamines et, plus particulièrement, à la physiologie
de la
vitamine A. Il met au point, grâce au CNRS et à la
fondation
Rockefeller, un spectromètre ultraviolet permettant de doser la
présence de vitamine A dans l'organisme.
En 1939, André
Mayer,
Directeur de l'Institut physicochimique et Professeur au Collège
de
France, invite André Chevallier à participer aux travaux
d'une
commission du CNRS, chargée des problèmes de
l'alimentation en temps de
guerre.
Le 12 août 1940,
André
Chevallier présente au comité des experts de la
Défense nationale un
rapport sur les lésions que peuvent entraîner les carences
en vitamine
A pour les enfants et les adolescents. Ce comité le charge
également
des questions d'approvisionnement de la France en médicaments et
notamment en insuline.
En 1940, avec l'aide de la
Fondation Rockefeller, l'Institut de recherches d'hygiène est
créé à
Marseille dans le laboratoire d'André Chevallier autour des
nutritionnistes américains et du Docteur Daniel Kuhlmann,
médecin
alsacien. L'Institut lance une série d'enquêtes sur les
carences
alimentaires en temps de guerre qui voit, dès 1941,
l'instauration de
cartes d'alimentation spécifiques pour les enfants. Au printemps
1941,
la Fondation Rockefeller décide de regagner les Etats-Unis et
donne tous pouvoirs à
André Chevallier pour continuer l'œuvre entreprise.
Celui-ci envisage, avec le
secrétaire d'Etat à la Santé, Serge Huard,
l'élaboration et la mise en
place d'un Institut national d'hygiène. L'INH est ainsi créé le 30
novembre 1941.
André Chevallier est
nommé
Directeur général de l'INH, en février 1942. Il
installe l'Institut
dans des locaux partagés avec la direction de la Pharmacie du
ministère
de la Santé, rue Cardinet, à Paris et divise l'organisme
en sections
par grands secteurs d'activité : la nutrition, les maladies
sociales,
l'épidémiologie et l'hygiène
générale. La section de nutrition s'occupe
principalement de l'alimentation infantile. La section 'maladies
sociales' s'occupe de la tuberculose, l'alcoolisme et la syphilis, mais
également du cancer. André Chevallier décide
également que l'INH
soutiendra la recherche à caractère thérapeutique,
telle une étude sur
la biologie de la métastase réalisée au centre
anticancéreux de Lille,
une autre sur la longueur d'onde optimale en radiothérapie
réalisée à
Montpellier ou le suivi des premières chimiothérapies
menées dans les
hôpitaux d'Orléans et de Lyon.
Quant à la section
d'hygiène générale', dans le cadre de la lutte
contre la fièvre
typhoïde, elle lançe, en collaboration avec le Génie
rural, une enquête
sur l'eau potable dans les départements du Val-de-Loire. La
section
d''hygiène industrielle', liée à la chaire du
même nom à la faculté de
médecine de Paris, s'intéresse, de son côté,
à certaines maladies
professionnelles comme le saturnisme des ouvriers de l'Imprimerie
nationale.
En 1946, André
Chevallier
quitte la direction de l'INH, restant membre du comité
scientifique de
l'Institut. Il est nommé Professeur titulaire de physique
biologique à
la faculté de médecine de Strasbourg.
En 1947, il prend la
direction du Centre régional de lutte contre le cancer de
Strasbourg,
qui deviendra, grâce à sa pugnacité face aux
problèmes de
reconstruction après la Seconde Guerre mondiale, le Centre Paul
Strauss. Celui-ci sera inauguré en 1959.
Il a participé
également,
dès 1957, comme délégué de la France, aux
travaux du Conseil de l'Union
internationale contre le cancer, au sein de l'OMS. Il a pris une part
très active à la mise en place de la radioprotection.
En 1960, il est l'un des
membres fondateurs de l'Association des radiobiologistes des pays de
l'Euratom.
André Chevallier est
décédé le 11 novembre 1964.
Autres activités
Membre de la commission
médecine du CNRS, à partir de 1946
Membre correspondant de
l'Académie de Médecine, en 1952
Membre du Conseil
supérieur d'hygiène de France
Membre de la Commission
permanente du cancer au ministère de la Santé
Membre de la Commission
interministérielle de protection contre les rayonnements
ionisants
Distinctions
Merit of Freedom, en 1946.
Officier de la
Légion d'Honneur, en 1959.
| Extrait du cd-rom "André
Chevallier 1896-1964" réalisé par l'Inserm (ISBN
2-85598-838-1). Ce cd-rom peut être obtenu auprès du Service des Archives de l'Inserm : Hélène Chambefort : Helene.Chambefort@auteuil.inserm.fr
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