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Article de Nicolas Sihlé (CEH)

Why Hair Needs to Be Long - Religious Identity, Embodied Divinity and Power among the Repkong Tantrists (North-East Tibet) / De la nécessité des cheveux longs : identité religieuse, divinité incorporée et pouvoir parmi les tantristes du Repkong (nord-est du Tibet)

publié dans le numéro n°45 (2018) de la revue Ateliers d’anthropologie "Trichologie tibétaine — Les cheveux et leur traitement au Tibet", sous la direction de Françoise Robin, Nicola Schneider et Nicolas Sihlé
 

Ce numéro sur les cheveux et leur traitement dans l’aire culturelle tibétaine s’inscrit en dialogue avec le travail de Christian Bromberger, qui a proposé une approche analytique générale du traitement social des cheveux et poils. Éléments corporels intimement associés à la prospérité et à la vitalité de l’individu (comme le rappelle le témoignage ethnographique d’un contributeur tibétain à ce numéro), les cheveux dans le monde tibétain reflètent aussi des évolutions contemporaines, avec des ruptures dans la valorisation du cheveu long chez les laïcs, ou la possibilité de lectures politiques critiques de sa longueur. Chez les religieux, les modalités du fait capillaire sont fortement codifiées, de façon variable selon les formes de spécialisation religieuse. Le contraste est flagrant entre le clergé monastique au cheveu ras et, à l’autre extrême, les cas de pratiquantes virtuoses non monastiques, aux cheveux longs, et surtout les tantristes et leur véritable culture des cheveux longs, voire des dreadlocks. Les textes réunis dans ce numéro donnent à voir une culture trichologique particulièrement riche, qui permet de suggérer comment prolonger le travail de Bromberger dans le sens d’une anthropologie plus complète du cheveu.
 
 
Sommaire

Nicola Schneider
Introduction : Le fait capillaire dans la culture tibétaine [Texte intégral]
Introduction : Hair in Tibetan Culture Texte intégral

Christian Bromberger
Pour une ethno-trichologie tibétaine [Texte intégral]
Esquisse d’une ethno-trichologie générale
Towards a Tibetan ethno-trichology : sketch of a general ethno-trichology

Françoise Robin
« La bru Gemotsang s’est fait teindre en blond » [Texte intégral]
Métamorphoses de la coiffure féminine dans la littérature contemporaine de langue tibétaine
“The Gemotsang Daughter-in-Law Got Her Hair Dyed Blonde” : Metamorphoses of the female hairstyle in contemporary Tibetan-language literature

Donyol Dondrup et Charlene Makley
“The Body Hair that Grows on the Head” [Texte intégral]
Menla-kyap’s “Views on Hair and Hairstyles” (2009)

« Ces poils qui poussent sur la tête » : « Perspectives sur le cheveu et ses coupes » de Menla-kyap

Lhamokyab Noyontsang
བྱིས་ པའི་ མནོལ་ སྐྲ་ ལེན་ པའི་ སྐོར་ གྱི་ ངོ་ སྤྲོད་ ཆེ་ ལོང་ ཙམ། [Texte intégral]
A brief introduction to the “removal of the child’s impure hair” ceremony
Une brève introduction à la cérémonie appelée « enlever les cheveux impurs de l’enfant »

Nicola Schneider
La chevelure féminine et la religion (au Tibet) : entre renoncement et pouvoir [Texte intégral]
Women’s hair and religion (in Tibet) : Between renunciation and power

Nicolas Sihlé
Why Hair Needs to Be Long [Texte intégral]
Religious Identity, Embodied Divinity and Power among the Repkong Tantrists (North-East Tibet
)

De la nécessité des cheveux longs : identité religieuse, divinité incorporée et pouvoir parmi les tantristes du Repkong (nord-est du Tibet)

Résumé

Les tantristes tibétains (des pratiquants bouddhistes non monastiques de rituels tantriques) accordent beaucoup d’importance au fait de garder leurs cheveux longs. L’importance des cheveux des tantristes est particulièrement frappante dans le district du Repkong (nord-est du Tibet), qui est célèbre pour son grand nombre de tantristes, dont beaucoup portent des dreadlocks nouées autour de la tête. L’objectif de cette étude de la culture capillaire des tantristes du Repkong est de montrer que, dans leurs cheveux, situés à l’interface du corporel, du social et du politique, nous avons un marqueur identitaire surdéterminé. L’approche analytique des cheveux de Bromberger, qui se concentre surtout sur des facteurs sociologiques, tels l’appartenance au groupe ou la norme et la marginalité, est pertinente ici, mais laisse de côté des dimensions culturelles clés du phénomène. Les notions tibétaines relatives à l’incorporation du divin ou au pouvoir rituel associé aux cheveux montrent l’importance d’inclure des questions sur les perceptions culturelles de la nature des cheveux et de leurs relations avec la personne ou avec les êtres qui peuvent y résider.

Mots-clés :bouddhisme tantrique, cheveux, divinités tantriques, marqueur d’identité religieuse, pouvoir rituel
 
 

Voir en ligne : Ateliers d’anthropologie, n° 45 (2018)