Sedyl - Structure et Dynamique des Langues - UMR8202 - CELIA


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10-01-2014

Séminaire doctoral - Théories et données linguistiques
Animé par A. Donabédian et A. Mardale
INALCO - S.5.28 - 14h00-18h00

Hélène GÉRARDIN (INaLCO)
Intransitivité primaire et dérivée en géorgien

Joseph THACH (INaLCO SeDyL UMR 8202)
Démonstratifs en khmer et enjeux énonciatifs


Résumé Hélène GÉRARDIN
Il est généralement admis comme une propriété universelle que toutes les langues du monde ont la capacité d’organiser leurs énoncés entre des prédicats mettant en oeuvre un unique participant (dits prédicats intransitifs) et des prédicats impliquant deux participants (prédicats transitifs), prototypiquement associés à un agentif et à un patientif (Lazard 1994, Dixon 1994). Dans certaines langues, cette opposition binaire prend une importance telle qu’elle est le fondement de tout le système de la morphosyntaxe verbale, et le passage d’une catégorie à l’autre (dérivations « transitif > intransitif » ou « intransitif > transitif ») s’accompagne d’importants changements morphosyntaxiques. Cet exposé a pour objectif de proposer une classification des formes intransitives en géorgien. Nous aborderons tout d’abord les classes primaires (i.e. non dérivées) en montrant que le géorgien est caractérisé par le phénomène de l’intransitivité scindée, c’est-à-dire qu’il dispose de plusieurs classes majeures de prédicats intransitifs. Nous nous intéresserons ensuite aux intransitifs dérivés, qui expriment des catégories bien connues en linguistique générale (passif, décausatif, autocausatif, antipassif…), parfois formés avec les mêmes affixes, créant ainsi des formes dont l’interprétation est ambiguë. La morphosyntaxe géorgienne traduisant sa grande proximité avec les rôles sémantiques par un grand nombre de classes et sous-classes, cette classification sera utile pour illustrer les distinctions faites par le cerveau humain entre différents types de prédicats.

Résumé Joseph THACH
Dans la tradition linguistique, le terme ‘déictique’ désigne une classe de mots qui renvoient à des entités du monde (objets ou évènements) dont les valeurs sémantiques se calculent principalement en termes de distance en fonction de l’espace de l’énonciation (S0, T0) : proximal / distal / médial. L’examen des dix démonstratifs en khmer (nih, nuh, n?h, noh, n??, nu?, ni??, nu??, n???, n???) nous conduit à remettre en cause cette conception qui paraît quelque peu restrictive. Dans notre exposé, nous montrerons, d’une part, qu’il existe des corrélations entre la morphologie et la sémantique de chacune de ces unités et, d’autre part, que la sémantique des démonstratifs correspond moins à la question de distance qu’à celle des enjeux énonciatifs mettant en scène les co-énonciateurs et le référent.