Sedyl - Structure et Dynamique des Langues - UMR8202 - CELIA


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07-11-2014

Séminaire doctoral - Théories et données linguistiques
Animé par A. Donabédian et A. Mardale
INALCO - S.6.04 - 14h30-17h30

Kirill GANZHA (INaLCO, M2 LLTS), Contribution à l’étude des erreurs de rythme et d’intonation des francophones apprenant le russe
Jérôme SAMUEL (INaLCO & CASE), Présentation du manuel d’indonésien


Kirill GANZHA  :
L’étude se base sur les données pratiques recueillies pendant l’observation de la production orale d’étudiants francophones à l’étape initiale de l’apprentissage du russe.
En commençant à observer les premières difficultés rencontrées par les apprenants, nous nous sommes aperçus qu’une intonation altérée dans des phrases au départ relativement courtes était souvent due à une mauvaise assimilation du rythme des mots, qui est lui-même conditionné par l’accent tonique.    
En russe, le mouvement du ton dans un énoncé change de direction sur les syllabes toniques des mots qui le composent. Une accentuation incorrecte des mots peut potentiellement entraîner une rupture du rythme de la phrase, voire même une altération du sens général.
Ainsi, nous commencerons par des préliminaires théoriques sur les différences principales entre la prosodie du mot russe et celle du mot français, prononcés d’abord isolément et ensuite intégrés dans un énoncé. Notamment, nous aborderons la question de la réalisation de l’accent tonique dans les deux langues. Etant donné qu’en russe, ce dernier est étroitement lié au système vocalique et détermine la réalisation des voyelles (notamment leur durée), nous montreront comment la mauvaise répartition de la durée vocalique peut entraîner un changement du rythme au sein d’un mot et, en conséquence, d’une phrase entière.
Nous terminerons notre exposé par une brève présentation du projet de recherche de Master 2 avec quelques exemples enregistrés lors des tout premiers cours de cette année universitaire.

Jérôme SAMUEL :
Cette communication a pour objet la présentation de la méthode d’indonésien actuellement utilisée à l’Inalco et de la façon dont la grammaire y est abordée (J. Samuel & S. Wardhany, Manuel d’indonésien. Volume 1: l’Indonésie au quotidien, Paris : L’Asiathèque, 2012).
La rédaction d’un manuel de langue, celui-ci inclus, est soumise à un grand nombre de contraintes, tant internes qu’externes. Cela vaut aussi pour les parties purement grammaticales : connaissances et compétences présentées et à acquérir, caractéristiques du public-cible, approche didactique mise en œuvre, mais aussi espace disponible.
Par ailleurs s’agissant d’une langue étrangère pour l’apprentissage de laquelle les référents grammaticaux communs des apprenant (quand ils existent) ne sont pas d’une grande utilité, le traitement de la question grammaticale, pose des problèmes spécifiques. En effet, ici tout est nouveau : catégories grammaticales, questions de morphologie, système verbal (temps, aspect, voix), etc., ce à quoi on ajoutera la dimension culturelle de certains sous-systèmes (cas des personnels).
Dans ce domaine particulier comme dans d’autres liés à l’apprentissage de la langue, une partie du travail de l’enseignant consiste à combiner des appuis rassurants auxquels l’étudiant va pouvoir s’adosser, et des principes et catégories nouvelles, parfois déstabilisants et dont la présentation peut impliquer un travail de déconstruction préalable.
Cette remise en cause de ou des stéréotypes grammaticaux concerne aussi l’image même de la langue, l’indonésien étant communément perçu comme une langue facile, sans système grammatical (!) et dont l’apprentissage peut se borner à la seule mémorisation du lexique.