Sedyl - Structure et Dynamique des Langues - UMR8202 - CELIA


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15-05-2015

Séminaire doctoral - Théories et données linguistiques
Animé par A. Donabédian et A. Mardale
INALCO - S.3.15 - 14h00-18h00

Sheïma Achouri (M1, INaLCO)
L’arabe de Rafraf (Tunisie) : étude linguistique à partir d’un corpus féminin

Jean Paul Martinot (M1 INaLCO)
Approche de l'arabe parlé à Zarzis (Tunisie)

Viktorija Levtrinskaja (M2 INaLCO)
Morphologie du koumyk

Marlise Nina Djoupe Deffo (M2 INaLCO)
Absence de construction existentielle prédicative comme trait aréal de la ceinture soudanaise


Sheïma Achouri
Rafraf est une ville du nord tunisien, située à 60 kilomètres au nord de Tunis et environ 30 kilomètres à l’est de Bizerte. Entourée d’une chaîne montagneuse, l’isolement géographique de la ville a permis la préservation d’un parler arabe ancien qui semble ne pas avoir été touché par la seconde vague d’arabisation par les tribus hilaliennes, datant du 11ème siècle et qui a vu apparaître les parlers de type bédouin.  Pour cette étude, une trentaine de minutes de corpus exclusivement féminin ont été recueillies auprès de deux habitantes de Rafraf durant le mois d’août 2014. L’analyse linguistique suit le questionnaire de dialectologie du Maghreb de Dominique Caubet, le but étant de déterminer de quel type de parler il s’agit. D’après certains traits phonologiques tels que la réalisation affriquée du –ta, [č], la conservation des diphtongues, la réalisation sourde du –qaf, [q], il est possible de supposer qu’il s’agit ici, d’un parler préhilalien. Cependant, une analyse du parler masculin permettrait de déterminer avec plus de précision le type de parler préhilalien auquel cet arabe appartient : citadin, villageois ?

Jean Paul Martinot
Cette étude aborde l'arabe parlé à Zarzis, ville littorale du sud tunisien proche de la Libye.
La méthode suivie pour appréhender ce parler à cette phase d'étude consiste dans l'analyse de l'enregistrement des propos d'un locuteur arabophone natif de Zarzis. Le choix a été celui d'un interlocuteur jeune, ayant passé son enfance et une partie de sa jeunesse à Zarzis, actuellement en France depuis plusieurs années.
La problématique est double : d'une part, examiner en quoi l'arabe parlé à Zarzis est représentatif des parlers arabes du sud-tunisien, et chercher à identifier ce qui fonde sa spécificité ; d'autre part, évaluer quelles sont les tendances d'évolution de ce parler chez les locuteurs jeunes notamment dans le cadre de la diaspora des Zarzisiens dans un milieu qui n'est plus totalement francophone.
Cette approche de description linguistique est engagée à plusieurs niveaux :
- au niveau de la phonétique-phonologie, par l'étude de certains traits discriminants : réalisation de certaines consonnes (/q/,  interdentales…), des voyelles et diphtongues utilisées, la fréquence de l'imala, la structure syllabique usitée ;
- au niveau de la morphologie, par la recherche des indicateurs de différenciation dans la conjugaison, de l'emploi du participe actif, du recours aux auxiliaires et du genre des pronoms ;
- au niveau de la syntaxe, avec l'examen de l'expression de la possession, de la réalisation, de la négation ;
- au niveau de la constitution de la phrase, par l'appréciation de l'importance relative de la phrase verbale et de la phrase nominale ;
- au niveau du lexique, avec l'évaluation de la place des emprunts au berbère et à d'autres langues et des formes d'arabisation de ces emprunts.     

Viktorija Levtrinskaja
La langue koumyk est l'une des anciennes langues littéraires écrites du Daguestan. C'est une langue qui appartient au groupe des langues turques kiptchaks.
Actuellement, le koumyk littéraire est globalement formé et possède une grammaire et une phonétique strictement réglementées, une orthographe normalisée et un lexique très riche, mais malgré les travaux qui ont été faits, les recherches sur les sujets fondamentaux de grammaire font toujours défaut.
Notre exposé traite de la morphologie de la langue koumyk, en particulier des affixes dérivationnels et flexionnels. On s’intéressa ainsi aux déclinaisons en koumyk. On visera à relever les traits morphologiques de cette langue à travers quelques contes koumyks traditionnels qui fonts notre corpus.  On présentera, de manière comparative, les éléments de grammaire et de lexique koumyk et leur équivalents turcs.

Marlise Nina Djoupe Deffo
Bon nombre de  langues d’Afrique subsaharienne  et surtout celles  de l’aire linguistique soudanaise (ceinture soudanaise) ne font pas de distinction entre les constructions dites existentielles prédicatives du type (« il y a un chat dans l’arbre ») et les constructions locatives du type (« le chat est dans l’arbre »). La délimitation géographique de ce phénomène aréal dans une perspective typologique sera l’objectif à atteindre  dans  notre travail. Il s’agira pour nous de présenter parmi les langues ou familles de langue de la  macro soudan belt ou ceinture soudanaise, celles qui font cette distinction et celles qui n’en font pas. C’est sur la base de constructions prototypiques (un objet mobile ou une entité déplaçable est localisé par rapport à un objet fixe) tirées des grammaires de langues  (pour celles qui en font allusion) et des entretiens avec certains auteurs de grammaire de langue que se fera notre analyse.