Sedyl - Structure et Dynamique des Langues - UMR8202 - CELIA


Archives de la recherche

Séminaires

4.

Théories et données linguistiques
Animé par Anaïd Donabédian et Alexandru Mardale (INALCO, SeDyL)

Le séminaire est consacré en priorité aux thématiques de recherche du laboratoire, notamment : la description, la documentation et la grammatisation des langues du monde ; l’étude du contact de langues, de la variation et du changement linguistiques ; la typologie linguistique et la typologie aréale ; l’étude du multilinguisme dans différents contextes. Il vise à offrir un cadre de discussion et d’interaction entre les doctorants et les enseignants-chercheurs, et ce dans le but de faire avancer leur(s) recherche(s) en cours et futures.

Cette année, le séminaire aura lieu le troisième vendredi de chaque mois : le 20 octobre, le 17 novembre, le 15 décembre 2017, le 16 février, le 16 mars, le 13 avril et le 18 mai 2018. Au premier semestre, il aura lieu dans la salle 3.11 et au second semestre dans la salle 4.05, à l'INaLCO - PLC (65 Rue des Grands Moulins 75013).


Séance du vendredi 15 décembre 2017
Okan Kubus (Université de Hambourg)
Relativization Strategies in Turkish Sign Language
(la communication sera donnée en langue des signes avec un interprète)
This paper aims to illustrate relative clause constructions in Turkish Sign Language (TİD). The signers of TİD prefer circumnominal and postnominal strategies, and Nonmanuals (i.e. squint, brow raise or slight-headshake) and occasionally additional relativizers (i.e. clause initial Index sign, clause final Index sign, AYNI ‘same’ or different combinations of them) mark relative clauses in TİD. An empirical investigation of relativization strategies in TİD at discourse level suggests that the usage of nonmanual markers and relativizers does not seem to be fully systematic. I suggest that the nature of relativization in TİD can be better understood at discourse level and that there might be a grammaticalization process in the direction of increasing syntactic marking of relative clauses.

 

Séance du vendredi 20 octobre 2017
Ioanna Sitaridou (Université de Cambridge, Royaume Uni)
Romeyka: continuity, contact and change at the north-eastern extremity of the Greek speaking world
In this talk, I discuss the evolution of Pontic Greek within the broader context of Asia Minor Greek. Given the lack of sufficiently old textual evidence, which would normally provide clues as to the evolution of Pontic Greek,  the conservative character of Romeyka, an endangered Greek variety still spoken in the area of Black Sea in Turkey, means that it can be used as a “window on the past” thus allowing us to tell a (his)story of continuity, contact and change from Hellenistic times to present day.

Année 2016-2017

Séance du vendredi 7 octobre 2016
Chams Bernard (INaLCO, Master)
Présentation du gavrouni
Dans cet exposé, nous présenterons rapidement la communauté zoroastrienne d'Iran, quelques aspects qui la caractérisent. Nous présenterons ensuite la langue parlée par cette communauté. Puis seront développées les questions de la dialectologie, de la filiation et de l'apparentement aux autres langues de la famille iranienne, en particulier le persan. Sera ensuite présentée la grammaire, de façon succinte, pour se concentrer sur certains aspects particulièrement intéressants de celle-ci (tant d'un point diachronique que synchronique) et sur certains aspects typologiques qui peuvent paraître surprenant au regard notamment du persan et de ses dialectes.

Anaïd Donabédian (SeDyL UMR8202, Inalco, CNRS, IRD)
L'arménien occidental en contact et la question des aires linguistiques en Asie occidentale
L'arménien est une langue à deux standards issus de dialectes des zones situées de part et d'autre de la frontière russo-ottomane au dix-neuvième siècle. Bien que relativement proches, les deux variantes présentent des différences dans les tendances typologiques à l'oeuvre.  Haig 2015 propose de considérer que l'Anatolie Orientale est une zone de transition, et les tendances sur lesquelles il s'appuie correspondent à des tendances  divergentes entre les deux variantes de l'arménien moderne. Nous montrerons à travers les traits principaux comment les spécificités de l'arménien occidental par rapport à l'arménien oriental peuvent apparaître comme typique de l'aire East-Anatolia telle que décrite par G. Haig, et nous commenterons à la lumière de l'arménien les tableaux d'isoglosses présentés par Haig 2015 et ceux de Stilo concernant l'aire de l'Araxe, située plus à l'Est.
Haig, G., 2015. East Anatolia: language contact in a transition zone, To appear in: Hickey, Raymond (ed.) The Cambridge Handbook of Areal  Linguistics. Cambridge: Cambridge University Press pre-publication draft (27 p.)

Séance du vendredi 4 novembre 2016
Ilja A. Seržant (University of Leipzig))
Towards Diachronic Typology of Differential O and S marking
In the paper I will discuss the main strategies for how differential marking may emerge in different languages. I will provide a list and the discussion of some cross-linguistically recurrent paths. Although the sources for the differential marking vary across languages certain cross-linguistic properties nevertheless may be established. For example, in most of the cases, differential marking stems from a convergence of historically two distinct constructions one of which is the basic transitive construction. Such is the convergence of the affirmative, basic transitive construction with NOM-ACC and the predicate-negated construction with NOM-GEN in Old Slavic, yielding NOM-ACC/GEN or the convergence of the basic NOM-ACC construction in Romance with the marked-topic “as for” construction, yielding NOM-ACC/as-for-ACC or the convergence of the cleft constructions with the basic transitive constructions in various languages of North Africa. The main motivation behind this convergence is paradigmatic levelling, I suggest. I rely here on Harris & Campell (1995: 257) who say that “the pull towards consistency between subsystems [...] is stronger than that between rules” conditioning the subsystems.
Furthermore, I will illustrate that once the new marker starts acquiring the syntactic function (of coding P or S) it simultaneously acquires new properties related to this function that were not found in its source construction: depending on the source construction, for example, Animacy Scale or disambiguation function may interact with other functions that are residuals of the original construction. I will also illustrate how definiteness and animacy – the very frequent domains affected by differential object marking – may be related diachronically (in line with Dalrymple & Nikolaeva 2010).
References
Dalrymple, Mary & Irina Nikolaeva. 2011. Objects and information structure: Agreement, casemarking and grammatical function. Cambridge: Cambridge University Press.
Harris, Alice C., and Lyle Campbell. 1995. Historical syntax in cross-linguistic perspective. Cambridge: Cambridge University Press.

Séance du vendredi 2 décembre 2016
Pinar KARAKILCIK (INaLCO – SeDyL UMR 8202 CNRS)
La linguistique de contact à la lumière du corpus arméno-turc
Dans l’Empire Ottoman polyglotte le phénomène de diglossie existait pour plusieurs langues de l’Empire comme le turc, l’arabe, le grec, l’arménien. Il existe nombreuses ressources écrites qui attestent largement les variantes hautes de ces langues en question. Néanmoins, les variétés basses, autrement dit les variétés parlées, ne sont pas si bien représentées dans l’écrit. Encore, les variétés parlées hybrides dans un contexte polyglotte trouvent l’écho dans les textes marginaux.
Cette zone socio-politique qui présente ainsi un terrain à grande échelle pour la linguistique de contact, est également candidate à une ou plusieurs aires linguistiques dans les recherches récentes.
Cette présentation étudie la linguistique de contact du turc et de l’arménien. Nous allons traiter les mécanismes du changement induit par le contact à partir des différents corpus (historique-écrit et synchronique-oral) en arméno-turc (turc écrit en alphabet arménien), qui représentent à la fois des situations de « code-mixing » et de « code-alternation » (Kaufmann 2001) à différents niveaux. Par ailleurs, le choix de l’alphabet dans le corpus écrit, à cote des enjeux identitaires et religieux qu’il représente, soulève des questions pour le choix de codes linguistiques en question.
&
Patrick CAUDAL (LLF UMR 7110 – Université Paris Diderot)
L’interaction temps-aspect/modalité - Considérations typologiques, historiques, théoriques et formelles
Cette intervention offrira une vue d’ensemble de la problématique de l’interaction temps/aspect/modalité. De fait, cette interaction a presque unilatéralement été étudiée via le marquage aspectuo-temporel de structures à interprétation considérée comme principalement modale, typiquement des contrefactuelles (glissement interprétatif ‘TA ⇒ M’) – et non, à l’inverse, en termes de marquage modal de structures de sens principalement aspectuo-temporel (glissement interprétatif ‘M ⇒ TA’). J’essaierai ici d’établir la nature bi-directionnelle (et non pas mono-directionnelle) de cette interaction, correspondant à des chemins de changement linguistique différents (evolution paths, cf. (Bybee, Perkins & Pagliuca 1994)). Après une revue critique des théories actuellement en débat quant à cette interaction, son étude y sera déclinée sous trois angles distincts :
(i) un angle typologique, qui s’appuiera en particulier sur une étude typologique aréale des systèmes de temps-aspect-modalité dans un échantillon de langues australiennes (avec une emphase sur les langues non-pama-nyungan), et du travail de terrain sur plusieurs langues de cette aire linguistique,
(ii) un angle historique, qui s’appuiera sur l’étude (sommaire) de l’évolution des systèmes de structures conditionnelles de l’anglais et du français (et plus généralement, de leur évolution dans les familles romane et germanique), et de leur marquage flexionnel en termes de temps/aspect/modalité, et enfin
(iii) un angle théorique, qui intégrera les résultats établis grâce aux deux précédentes perspectives, afin de construire une théorie raisonnée de l’interaction temps-aspect/modalité. Il sera d’abord établi que l’hypothèse dite de l’ « exclusion  feature » de (Iatridou 2000), toujours dominante dans la littérature, est difficilement tenable pour des raisons empiriques multiples – et bien plus profondes que celles avancées dans par ex. (Mackay 2015). Une théorie alternative sera ensuite esquissée dans le cadre d’une approche constructionnelle de la grammaire, permettant de distinguer entre contraintes interprétatives locales et globales. Elle sera informée par la notion de constructionnalisation de (Traugott & Trousdale 2013) pour ses aspects diachroniques, et des propositions contenues dans (Michaelis 2011), (Sag 2012) et (Asher 2011) pour ses aspects formels.
Références
Asher, Nicholas. 2011. Lexical Meaning in Context: A Web of Words. Cambridge University Press.
Bybee, Joan, Revere Perkins & William Pagliuca. 1994. The evolution of grammar: tense, aspect and modality in the language of the world. University of Chicago Press.
Iatridou, Sabine. 2000. The Grammatical Ingredients of Counterfactuality. Linguistic Inquiry 31(2). 231–270.
Mackay, John. 2015. Actuality and fake tense in conditionals. Semantics and Pragmatics 8(0). 12–1–12. doi:10.3765/sp.8.12.
Michaelis, Laura A. 2011. Stative by construction. Linguistics 49(6). 1359–1399.
Sag, Ivan A. 2012. Sign-Based Construction Grammar: An informal synopsis. In Hans C. Boas & Ivan A. Sag (eds.), Sign-Based Construction Grammar, 69–200. Stanford, CA.: CSLI Publications.
Traugott, Elizabeth Closs & Graeme Trousdale. 2013. Constructionalization and Constructional Changes. Oxford: Oxford University Press.

Séance du vendredi 6 janvier 2017
Elena SOARE (Université de Paris 8 & CNRS UMR 7023 Structures Formelles du Langage)
Avancer vers un événement: la construction à supin prépositionnel en roumain
Tout comme le latin, le Roumain possède une construction verbo-nominale appelée traditionnellement ‘supin’ qui apparaît, entre autres, dans des constructions de type but du mouvement, avec la préposition locative la ‘à’ remplaçant le marquage casuel sur le supin cf. (1a-b).
(1)   a.    eo    lusum        Latin        (1)b    merg la pescuit        Roumain
              vais jouer                                     vais  à pêché
              ‘je vais jouer’                               ‘je vais à la pêche’
Les prépositions locatives (et autres) en roumain sont suivies par des noms nus. Elles peuvent introduire également des arguments Datifs; dans les accomplissements, elles ont la propriété de supprimer le telos du prédicat principal. La question qui se pose est comment rendre compte de leur contribution d’une manière unifiée dans la construction de type but du mouvement et dans les contextes de type accomplissement non culminatif et Datif.
Dans cette présentation, je vais examiner les propriétés de la construction prépositionnelle avec supin adjoint et je vais montrer
(i) que le supin dans ces cas n’est pas verbal mais un nom nu
(ii) que la préposition lexicale avec nom nu contribue la signification but du mouvement et introduit l’idée que l’événement qui fait office de but du mouvement n’est pas atteint.

Séance du vendredi 3 février 2017                              
Delphine TRIBOUT (Université de Lille)
Classification sémantique des noms simples du français
&                                                                                                        Voir Résumés
Alexandra CORNILESCU, Anca DINU & Alina TIGAU
(Université de Bucarest / Université de Cologne)
Dative Clitics and their Syntactic Import in Romanian

Séance du vendredi 3 mars 2017      
Hind Bendaace, INaLCO
Le marqueur discursif KYL(LÄ) et les énoncés à personne zéro en finnois

Moisés Alejandro Velásquez Pérez, Paris Sorbonne Nouvelle & INaLCO
Vers un aperçu des noms relationnels en wayuunaiki (guajiro)
&             
Sara Petrollino, Leiden University Centre for Linguistics (LUCL)
The Hamar language: a new contribution to the typology of noun classification
                                                                                                                   Voir résumés

Séance du vendredi 5 mai 2017
Nina Sumbatova (Russian State University for the Humanities)
Gender agreement in Dargwa and other East Caucasian languages
Most languages of the East Caucasian family have noun classifications based on gender. As a rule, gender is not marked within the nouns: it is only manifested through gender agreement of the verbs and other words. Gender agreement is in most cases controlled by the absolutive argument of the same clause.
This talk will be mainly devoted to the cases of gender agreement that lie beyond the East Caucasian mainstream: non-standard agreement targets (adverbials, particles, pronouns) and non-typical agreement controllers (ergative or other non-absolutive NPs).
The talk will be based on the data of different East Caucasian languages with special emphasis on Dargwa, one of the biggest languages of the family, well known for its dialectal divergences.

 

 Année 2015-2016

Séance du vendredi, 2 octobre 2015 
Alexandru MARDALE (INaLCO – SeDyL)
Romanian DOM revisited
In the first part of this presentation, we provide a critical examination of the most currently assumed hypotheses for the analysis of differential object marking (DOM) in Romanian. More precisely, we will show that p(r)e is neither (i) a disambiguation marker between subject and direct object (cf. the functionalist account, see Niculescu 1965, Guţu Romalo 1973, Pană Dindelegan 1997, 1999, Sala 1999), (ii) nor a Case marker (whose role is to assign Case to the object when it is doubled by a pronominal clitic (cf. Kayne’s generalization (Kayne 1975, 1991), and also Tasmowski 1987, Manoliu-Manea 1989, Dobrovie-Sorin 1994, Hill & Tasmowski 2008, Tigău 2010, 2014), (iii) nor a marker of the so-called personal gender (cf. the morpho-lexical approach, see Spitzer 1928, Graur 1945, Cornilescu 2000).
In the second part of the presentation, we propose - following Antonov & Mardale (2014), - a different line of investigation, in which the triggers are independent of syntactic requirements and those key of understanding lies in the understanding of the origin and status of p(r)e, which ensures DOM in Romanian.

The new proposal is that p(r)e suffered a gradual attrition, by which its concrete semantics (the one of a lexical preposition (on, at, across, during)) becomes abstract (about / concerning); then the abstract meaning is reanalyzed as a topicalization property under discourse triggers; the last step is the complete desemanticization, by which the Topic marker p(r)e becomes a grammatical tool for marking the syntactic argumental position (Iemmolo 2010, Dalrymple & Nikolaeva 2011)

(3)       lexical preposition (concrete: locative, temporal)  

                                                                
           lexical preposition (abstract: as for / concerning)     
                                                                  
                                                         topic marker                     (old romanian)
                                                                  
                                                         dom  marker                 (modern romanian)

 

Séance du vendredi, 6 novembre 2015
Julie HASLE, INaLCO (M2)
Étude de la construction de la voix médio-passive en arabe égyptien
Le travail entrepris l'année passée nous a montré que si l'identification des formes permettant la construction de la voix passive en arabe égyptien n'était à première vue pas un point difficile, puisqu'un préfixe verbal bien connu remplit ce rôle, à savoir t-, la réduction de ce marqueur en marqueur de la voix passive en propre ne semble cependant pas possible, et ce pour plusieurs raisons.
D'une part, le découpage de ce préfixe sur le plan morphématique pose problème dans le cadre de la morphologie dérivationnelle discontinue associée à l'arabe. Celui-ci remet en effet en cause la construction des formes verbales par insertion d'éléments consonantiques et vocaliques solidaires dans une racine lexicale trilitère, en dissociant les différents constituants du schème pour leur attribuer un sens en propre.
D'autre part, comme dans beaucoup de langues du monde, ce marqueur est polysémique, et se rapproche plutôt de la voix médio-passive, puisque lui sont aussi associés le passif, le réflexif, le réciproque, et l'anti-causatif. Ce constat est lié au premier point soulevé, puisqu'il constitue un des arguments en faveur du découpage morphématique.
La présence de la marque t- ne permet donc pas seule d'identifier une voix. Le contexte syntaxique est nécessaire pour la caractériser. Ainsi, la présence d'arguments et leur marquage sur le verbe font partie des critères qui différencient les voix entre elles.
De plus, l'interface composite de la voix oblige à considérer aussi l'aspect sémantique. Là encore, le sens de la base de dérivation ne peut être ignoré, dans la perspective où il s'agirait bien d'une préfixation. En effet, il s'agira de déterminer si la préfixation modifie un sens préalable, ou si un schème porteur d'un sens en propre permet la formation de nouveaux verbes à partir de la racine.
Autant du point de vue morphologique, quant à la question de l'existence d'un préfixe, que du point de vue syntaxique, dans la manière de gérer les arguments, les formes associées à la voix moyenne devront être étudiées dans leur rapport aux autres formes verbales issues de la même racine lexicale, mais aussi dans leur rapport entre elles afin de révéler les similitudes dans leurs comportements.

Dana NICULESCU (Universiteit van Amsterdam - Faculteit der Geesteswetenschappen)
Old Romanian pronominal clitics ‒ enclisis and proclisis
In both old (OR) and modern Romanian (MR) pronominal clitics adjoin to the finite or non-finite verb, which functions as their syntactic host. From its oldest attestations, there is no evidence for the existence of Wackernagel clitics in Romanian, i.e. second position clitics, as in Slavic languages. An extensive corpus analysis of 16th century OR texts shows that pronominal clitics are verb-oriented and are generally avoided in absolute first position in the clause. This can be seen as a consequence of the fact that the old Romance Tobler-Mussafia law was still at least partially observed at this stage in the evolution of the language. Due to the avoidance of first sentence position, we can notice a relatively high frequency of pronominal enclisis in the first OR texts, with those verb forms that allow for both pre- and postverbal clitics. Starting with the 17th century, when the Tobler-Mussafia Law did not function any longer, there is a gradual increase of proclisis, and by the end of the 18th century we encounter the word order typical for standard MR, meaning that enclisis only occurs with imperatives and gerunds. Modern Romanian dialects, do, however, still allow for enclisis of pronominal clitics, e.g with the indicative, as well as with the imperative, which is evidence for the co-existence of two competing systems in these varieties, the older one, characteristic of OR, and the new one, of standard MR.

Séance du vendredi 4 décembre 2015 
Richard HUYGHE (Université Paris Diderot, EA 3967 CLILLAC-ARP)
La sémantique des noms d’action en français
Les noms d’action (Nact) sont une pierre angulaire du lexique nominal. Ils constituent l’une des catégories majeures des typologies nominales, aux côtés des noms d’objet et de propriété, et sont vraisemblablement les plus nombreux — plus de 10 000, si l’on additionne les noms recensés dans Verbaction
[1] et dans le lexique complémentaire de Bittar (2010). Peu de travaux abordent pourtant frontalement la question de la sémantique des Nact, la catégorie étant plus souvent appréhendée par le truchement de certaines constructions caractéristiques (verbes supports, prépositions temporelles, périphrases aspectuelles, etc.) et de phénomènes généraux comme la polysémie.
L’essentiel de la réflexion sur les Nact se trouve dans les travaux sur les nominalisations verbales. A la suite de Grimshaw (1990), de nombreux auteurs ont étudié, dans diverses langues, les propriétés syntaxiques des noms déverbaux, et en particulier leurs variations de structure argumentale (cf. pour le français Meinschaefer 2004, Van de Velde 2006, Beauseroy et al. 2011, Condette et al. 2012). La période récente a également vu se développer les travaux de morphologie portant sur la diversité des procédés de construction des nominalisations (cf. Kelling 2001, Martin 2009, Ferret & Villoing 2012, Fradin à paraître). Il reste que le recouvrement entre nominalisations et Nact est partiel, les N déverbaux pouvant exprimer d’autres catégories que l’action (états, agents, instruments, etc.), et les Nact n’étant pas tous dérivés de verbes.
Nous nous proposons dans cette présentation de poser les bases d’une description sémantique générale des noms d’action, qui prenne en considération leur diversité de construction morphologique et syntaxique. Il s’agit dans un premier temps de déterminer les critères d’identification qui s’appliquent à l’ensemble des Nact, au-delà des prototypes déverbaux, agentifs et prédicatifs. L’aspect dynamique apparaît comme l’élément de définition fondamental de la catégorie. Il implique la double construction avec des expressions temporelles (de localisation ou de durée) et des verbes supports d’action ou d’événement (effectuer, avoir lieu, etc.). L’organisation interne de la classe des Nact sera ensuite étudiée, et différents principes d’hétérogénéité sémantique seront détaillés. Il sera établi que l’aspect nominal n’est pas calqué sur le modèle verbal, et que certaines propriétés descriptives, touchant à l’individuation des actions et à leur forme de réalisation, relèvent spécifiquement du domaine nominal. Enfin, nous examinerons les propriétés polysémiques des Nact, d’après leur capacité à dénoter d’autres participants de l’action (agents, instruments, résultats, etc.) et à associer en contexte les interprétations multiples.


[1] Ressource lexicale en ligne : http://redac.univ-tlse2.fr/lexiques/verbaction.html.

 Séance du vendredi 8 janvier 2016
András Bárány, Downing College – University of Cambridge
Deriving case and agreement alignment in monotransitive and ditransitive constructions
In this talk, I discuss the interaction of morphological and abstract C/case and agreement. I argue that abstract Case can determine agreement and I formalise cross-linguistic generalisations about agreement patterns in the world's languages and the distribution of case- and agreement alignment in monotransitive and ditransitive constructions.
I will start by illustrating Bobaljik's (2008) approach to agreement, on which morphological case determines whether arguments can agree with a verb. Bobaljik derives a striking cross-linguistic generalisation from this approach: if a case-marked argument agrees in a language, unmarked arguments have to be able to agree too. Bobaljik further predicts an interesting typological gap: there are no languages with accusative case alignment, but ergative agreement alignment. Legate (2008), provides crucial evidence against the view that morphological case determines agreement and highlights the need for abstract Case.  I synthesise these two approaches.
I show that decomposing Case into sets of features and Caha's (2009) Case sequence straightforwardly derive Bobaljik's generalisations using abstract Case and I extend them to ditransitive constructions: there are no languages with secundative case alignment and indirective agreement alignment.

Séance du vendredi 5 février 2016
Mathieu AVANZI, Romanisches seminar, U. Zurich & CUI, U. Genève
Données, outils et méthodes pour l’étude de la variation régionale en français
Cet exposé sera composé de deux parties.
Dans la première, nous présenterons la méthodologie et les outils que nous avons développés pour annoter semi-automatiquement un corpus d’une durée d’environ 12h, qui comprend les productions lues et conversationnelles de 120 locuteurs, présentant des âges et des niveaux socio-éducatifs variés, et ayant passé la plus grande partie de leur vie dans différentes régions de France, de Suisse ou de Belgique (8 participants*5 régions*3 pays). Sur la base de ce corpus, qui est aligné et codé semi-automatiquement à différents niveaux pour l’étude de la variation phonologique en français (phonématique, syllabique, accentuel et morphosyntaxique), nous avons conduit deux études multifactorielles : l’une porte sur le phrasé prosodique des adjectifs pré- et post-nominaux ; l’autre sur la chute des liquides finales de mots (terrible prononcé terrib’).
Dans la seconde partie, nous commenterons les résultats de certaines questions posées dans le cadre des enquêtes « Le français de nos régions ». A ces enquêtes, qui se présentent sous la forme de questionnaires en ligne, ont pris part des milliers d’internautes francophones originaires de France, de Suisse et de Belgique. Les résultats nous ont notamment permis d’obtenir des informations statistiquement exploitables à l’égard des phénomènes morphosyntaxiques « rares » dans les corpus de français parlé : le choix et l’ordre des items dans les clusters de proformes faibles (je lui le donne vs je le lui donne ; donne-me-le vs donne-moi-le vs donne-le-moi ; j’y mange vs je le mange, etc.) ; la réalisation des valences de verbes hésitant entre un régime prépositionnel ou non-prépositionnel (aider à/0 N, faire chier à/0 à N, aimer à/0 N, empêcher à/0, etc.).

Séance du vendredi 1er avril 2016
Pegah FAGHIRI (Université Sorbonne Nouvelle / ILPGA & MII UMR 7528 & LLF UMR 7110 CNRS)
L’ordre des constituants dans le domaine préverbal en persan : approche empirique
Dans cette intervention, je présente une étude empirique de la variation de l’ordre des constituants dans le domaine préverbal en persan, une langue SOV à ordre flexible.
Les phénomènes de la variation de l’ordre des constituants indiquent pour un même contenu propositionnel l’existence de différentes possibilités d’ordonnancement non sanctionnées par la syntaxe.
Cette recherche se concentre sur deux phénomènes de variation dans le domaine préverbal : 1) l’ordre relative entre les deux objets, direct et indirect, dans les phrases ditransitives et 2) l’ordre relatif entre le sujet et l’objet direct dans les phrases transitives.
Les études antérieures sur l’ordre des constituants en persan se situent essentiellement dans le cadre de la théorie générative chomskyenne et s’appuient sur les données construites pour déterminer la position syntaxique (sous-jacente) des constituants et notamment celle de l’objet direct. Ce dernier, du fait du marquage différentiel de l’objet en persan, constitue un objet de recherche en soi.
L’étude que je présente adopte, à l’opposé, une approche quantitative, développée notamment dans les années 2000 pour l’étude de l’ordre préférentiel des constituants en anglais, qui tient compte des données langagières réelles issues de corpus ainsi que d’expériences psycholinguistiques.

Séance du vendredi 6 mai 2016
Ting LI (INaLCO - Master 2)
Étude sur les fonctions sémantico-syntaxiques de l'élément (pro)nominal itse « ego, soi-même » en finnois moderne
Notre travail a essentiellement pour objet d’étudier les caractéristiques polycatégorielles de l’élément itse, en finnois moderne. Bien qu’itse soit traditionnellement considéré comme pronom réfléchi, son emploi ne se limite pourtant pas à cela. Des études linguistiques antérieures ont mis en évidence qu’itse pouvait être employé comme pronom réfléchi, adverbe, particule de focus/contraste, etc. Ses caractéristiques polycatégorielles des problèmes non seulement pour son analyse grammaticale, mais aussi pour son apprentissage. Partant d’un point de vue linguistique et pédagogique, et adoptant une démarche synchronique, nous décrirons et analyserons, dans un premier temps, la distribution, les fonctions sémantico-syntaxiques et la (co-)référentialité des formes « itse+Ø », « itse+suffixe possessif » et « itse+cas+suffixe possessif ». Dans un deuxième temps, nous étudierons certains autres phénomènes déclenchés par l’emploi d’« itse+Ø » et d’« itse+suffixe possessif » devant un nom, et le rôle du verbe dans l’emploi de ces différentes formes (verbe pronominal réfléchi vs. Verbe+itse). Notre recherche s’appuie sur un corpus constitué de phrases extraites d’ouvrages finnois d’époques différentes.
&
Östen DAHL (Stockholms Universitet - Institutionen för lingvistik)
Tense-aspect-mood-evidentiality (TAME) systems in the languages of the world
In the first part of the presentation, I will give a bird’s eye view of the TAME systems of the world’s languages. In the second part, I will present some recent work (done in collaboration with Bernhard Wälchli, Stockholm) on perfects and the related categories we call “iamitives“, based on data from a parallel corpus of Bible translations.

 

Année 2014-2015

Vendredi 3 octobre 2014
Maria ALDEA, Université de Cluj-Napoca Babes-Bolyai
L'Ecole latiniste de Transylvanie et son projet linguistique. Etude de cas: le Lexicon de Buda (1825)
La fin du 17ème siècle marque l’intégration de la Transylvanie à l’Empire des Habsbourg. Dans l’espace pluriethnique et plurilingue par excellence de la Transylvanie, la population roumaine n’est pas reconnue comme d’autres ethnies privilégiées (des nobles hongrois, des Saxons – population germanophone de Transylvanie –, et les Szekler ou les Sicules – population de Transylvanie qui parle aujourd’hui hongrois). Dans ce cadre, des jeunes Roumains convertis à l’Eglise romaine ayant choisi le chemin du sacerdoce ont pu aller étudier dans des écoles catholiques de Buda, Vienne ou Rome, ce qui leur a permis d’établir des contacts avec la « grande » Europe. Grâce à ces expériences, ils ont acquis des éléments-arguments pour montrer l’origine noble du peuple roumain et la latinité de sa langue, fait qui a renforcé la conscience nationale, manifestée par la mise en place d’un mouvement linguistique (grammatical et lexicographique) et par la parution d’ouvrages historiographiques. Ce mouvement est connu comme « Scoala Ardeleana » ou l’Ecole latiniste de Transylvanie.
Dans ce contexte, suite à l’effort intellectuel déployé par plusieurs savants provenant de la région de Transylvanie, s’étendant sur une période de plus de 30 ans, la parution en 1825 du Lexicon de Buda - un dictionnaire rédigé en quatre langues (roumain, latin, hongrois et allemand) avec de nombreux renvois au français, à l’italien, à l’espagnol, etc. – représente l’apogée de la production lexicographique de Transylvanie.
Jusqu’à présent, en raison de nombreuses difficultés d’ordre technique et linguistique, le Lexicon de Buda n’a jamais fait l’objet d’une réédition. C’est grâce à notre projet de recherche (code PN-II-RU-TE-2011-3-0170), déroulé au sein de l’Université « Babes-Bolyai » de Cluj-Napoca et financé par UEFISCDI, qu’on peut avoir aujourd’hui une édition informatisée du Lexicon (www.bcucluj.ro/lexiconuldelabuda ). Le placer dans l’espace virtuel signifie le faire re-naître et le rendre accessible à tout public, spécialiste ou non, tout en mettant à la portée des romanistes une information précieuse, vu qu’il conserve la mémoire sémantique de l’espace pluriethnique et plurilingue de la Transylvanie de la fin 18ème siècle et le début du 19ème siècle.

Vendredi 7 novembre 2014
Kirill GANZHA (INaLCO, M2 LLTS)
Contribution à l’étude des erreurs de rythme et d’intonation des francophones apprenant le russe

L’étude se base sur les données pratiques recueillies pendant l’observation de la production orale d’étudiants francophones à l’étape initiale de l’apprentissage du russe.
En commençant à observer les premières difficultés rencontrées par les apprenants, nous nous sommes aperçus qu’une intonation altérée dans des phrases au départ relativement courtes était souvent due à une mauvaise assimilation du rythme des mots, qui est lui-même conditionné par l’accent tonique.    
En russe, le mouvement du ton dans un énoncé change de direction sur les syllabes toniques des mots qui le composent. Une accentuation incorrecte des mots peut potentiellement entraîner une rupture du rythme de la phrase, voire même une altération du sens général.
Ainsi, nous commencerons par des préliminaires théoriques sur les différences principales entre la prosodie du mot russe et celle du mot français, prononcés d’abord isolément et ensuite intégrés dans un énoncé. Notamment, nous aborderons la question de la réalisation de l’accent tonique dans les deux langues. Etant donné qu’en russe, ce dernier est étroitement lié au système vocalique et détermine la réalisation des voyelles (notamment leur durée), nous montreront comment la mauvaise répartition de la durée vocalique peut entraîner un changement du rythme au sein d’un mot et, en conséquence, d’une phrase entière.
Nous terminerons notre exposé par une brève présentation du projet de recherche de Master 2 avec quelques exemples enregistrés lors des tout premiers cours de cette année universitaire.

Jérôme SAMUEL (INaLCO – CASE)
Présentation du manuel d’indonésien
Cette communication a pour objet la présentation de la méthode d’indonésien actuellement utilisée à l’Inalco et de la façon dont la grammaire y est abordée (J. Samuel & S. Wardhany, Manuel d’indonésien. Volume 1: l’Indonésie au quotidien, Paris : L’Asiathèque, 2012).
La rédaction d’un manuel de langue, celui-ci inclus, est soumise à un grand nombre de contraintes, tant internes qu’externes. Cela vaut aussi pour les parties purement grammaticales : connaissances et compétences présentées et à acquérir, caractéristiques du public-cible, approche didactique mise en œuvre, mais aussi espace disponible.
Par ailleurs s’agissant d’une langue étrangère pour l’apprentissage de laquelle les référents grammaticaux communs des apprenant (quand ils existent) ne sont pas d’une grande utilité, le traitement de la question grammaticale, pose des problèmes spécifiques. En effet, ici tout est nouveau : catégories grammaticales, questions de morphologie, système verbal (temps, aspect, voix), etc., ce à quoi on ajoutera la dimension culturelle de certains sous-systèmes (cas des personnels).
Dans ce domaine particulier comme dans d’autres liés à l’apprentissage de la langue, une partie du travail de l’enseignant consiste à combiner des appuis rassurants auxquels l’étudiant va pouvoir s’adosser, et des principes et catégories nouvelles, parfois déstabilisants et dont la présentation peut impliquer un travail de déconstruction préalable.
Cette remise en cause de ou des stéréotypes grammaticaux concerne aussi l’image même de la langue, l’indonésien étant communément perçu comme une langue facile, sans système grammatical (!) et dont l’apprentissage peut se borner à la seule mémorisation du lexique.

Vendredi 5 décembre 2014
International workshop Differential Object Marking and Language Contact

Vendredi 9 janvier 2015
Hélène GÉRARDIN (INaLCO – UMR 7192)
Fonctions sémantiques et pragmatiques de la détransitivisation en géorgien
La plupart des langues du monde disposent de procédés morphosyntaxiques qui permettent le passage d’une construction transitive de base à une construction intransitive. Cette récession peut être motivée par différents types de facteurs, affectant à chaque fois un ou plusieurs des paramètres de la transitivité : diminution du nombre d’actants, de l’agentivité, du contrôle du procès, de l’altération de l’objet, etc. On s’intéressera dans cet exposé à la détransitivisation en géorgien, langue caucasique du Sud au système verbal très riche, et plus particulièrement à ses fonctions dans la langue. Après une brève présentation formelle,  nous étudierons les cas classiques de focalisation des actants (patient pour le passif, agent pour l’antipassif). Puis nous aborderons la question des emplois modaux (potentiel, déontique, conatif…), les voix détransitives étant fréquemment utilisées à ces fins dans les langues du monde. Enfin, nous mentionnerons quelques cas intéressants de lexicalisation qui découlent de ces emplois ; la construction détransitive y perd sa fonction syntaxique première pour acquérir une valeur lexicale tropique (propriété de P pour le passif, propriété de A pour l’antipassif).

Il-Il YATZIV-MALIBERT (INaLCO - CERMOM)
Défini et indéfini en hébreu contemporain
La première partie de mon exposé  répondra aux questions suivantes : Comment exprime t-on la définitude en hébreu contemporain ? Comment exprime t-on le non-défini dans cette langue ? Y a t-il des marqueurs morphosyntaxiques spécifiques dédiés à l’expression de la définitude et de la non-définitude ? Leurs comportements sont-ils distincts selon la forme ou la fonction du syntagme nominal auquel ils se rattachent ? J’étudierai plus en détail le fonctionnement du marqueur du complément d’objet direct défini. En deuxième partie je proposerai une analyse pragmatico-sémantique de la définitude qui permettra d’apporter un autre regard sur la non-définitude et de mettre en évidence des cas de non-correspondance (mismatch) entre forme et sens.

Vendredi 6 février 2015
Cagri Coltekin (University of Tübingen / Seminar für Sprachwissenschaf)
Using Gabmap and finding characteristic features of a dialect
This talk consists of two parts. In the first part, I will present a walk through Gabmap, a popular web-based application designed for automated analysis and visualization of dialect data.  In this part, we will follow a typical example study step by step. A Dialectometric study typically involves using aggregated information from many items, or features, to investigate dialectal differences. In the second part of the talk, I will present a relatively less-studied problem in automated analysis of dialects. The problem we tackle in this part is finding the characteristic features of a given dialect.
In particular, we will focus on finding words (that we call ‘shibboleths’) whose pronunciations in a given dialect group or area is distinctive but consistent with respect to the other dialects in the area of interest.

Jeroen van Craenenbroeck (KU Leuven / CRISSP)
Quantity and quality in linguistic variation: the case of verb clusters
This talk is situated at the intersection of quantitative and qualitative linguistics. It uses quantitative-statistical methods to further our theoretical understanding of variation in verb cluster ordering in Dutch dialects. In so doing, it harnasses and combines the strenghts of both approaches: quantitative linguistics has sophisticated means of dealing with large and highly varied data sets, while hypotheses and analyses from qualitative linguistics can be used to guide and narrow down the interpretation of the statistical results. In the case of verb clusters I show how the massive amount of variation that is manifested in the raw data can be largely whittled down to the interaction between three grammatical parameters. The method thus allows for a way to separate the signal (i.e. that part of the variation that is due to grammar proper) from the noise (all extra-grammatical